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Le Dimanche 19 février 2017 à 19:02

Pourquoi j’ai fini par arrêter le journalisme


Une interview de Claude Angeli, 46 ans de Canard enchaîné et quelques autres citations ou articles, pour éclairer la décision que j’ai prise en septembre. Mais aussi quelques réflexions sur le métier et son exercice à Montpellier. (2 970 mots)

Sur le plateau de l'Aubrac en mai 2014 (photo : J.-O. T.)

Je ne sais plus précisément quand le doute a commencé à m’envahir. C’était peut-être bien lors de la lecture de l’excellent Tarnac, magasin général (1). Ce livre du journaliste David Dufresne, fruit de trois ans d’enquête, raconte l’affaire dite « de Tarnac ». C’est dans ce petit village corrézien qu’ont été interpellées, au petit matin de novembre 2008, plusieurs personnes soupçonnées de sabotage de lignes TGV et même de terrorisme – cette dernière qualification vient d’être définitivement abandonnée par décision de la cour de cassation du 10 janvier (lire ici).

« Redécouvrir les horreurs de la veille »
David Dufresne qui ne cesse de s’interroger dans son livre sur le métier de journaliste, relate un entretien avec Mathieu Burnel, un des mis en examen de Tarnac, qui déclare : « Ce qui est marrant dans l’esprit des journalistes, et on pourrait dire que c’est le propre de la fonction de journaliste, c’est de faire semblant tous les jours de redécouvrir les horreurs vues la veille, de toujours simuler une espèce d’étonnement. »

Réaction de David Dufresne : « Mathieu Burnel était fier de sa tirade, et il pouvait. Nous étions là pour parler de lui, de son cas, de ce qui arrivait à la bande, aux « de Tarnac » et il retournait les questions, il s’amusait. Sa réplique avait agi comme une déflagration. En une phrase, des années d’interrogations, de doutes, de distances, de malaise, venaient trouver leur formulation. D’une sentence, le jeune ex-étudiant, de quinze ans mon cadet, m’avait mis face à moi-même. »

« Palme de l’infamie »
David Dufresne met les propos de Mathieu Burnel en relation avec un passage de Appel, un texte non signé dont on retrouve un extrait sur la 4e de couverture de L’insurrection qui vient (2) (essai dont la paternité est parfois attribué à certains des « de Tarnac ») : « Et le sport qui consiste à décrire sans fin, avec une complaisance variable, le désastre présent, n’est qu’une autre façon de dire : « C’est ainsi » ; la palme de l’infamie revenant aux journalistes, à tous ceux qui font mine de redécouvrir chaque matin les saloperies qu’ils avaient constatées la veille. »

J’étais loin d’avoir l’expérience de David Dufresne quand je lisais ces lignes mais le poison venait de m’être inoculé. Et les jours où je me demandais « à quoi bon ? » devinrent de plus en plus nombreux. Surtout quand on a l’impression de répéter chaque jour ce qu’on a déjà mis en évidence la veille. Par exemple la collusion entre milieux économiques et politiques.

« Les plaisirs du journalisme »
J’ai donc fini par décider, en septembre, de passer à autre chose (lire ici). Et voici qu’il y a quelques jours, je tombe sur l’interview de Claude Angeli, une des figures historiques du Canard enchaîné qui continue, à 85 ans, d’écrire chaque semaine dans l’hebdomadaire satirique et qui vient de publier Les plaisirs du journalisme (3), un récit qui « démontre à quel point les présidents et chefs de gouvernement sont bien protégés par la Constitution de la Ve République. Ou par l’attitude respectueuse de certains magistrats ».

Interrogé par Fabrice Arfi de Mediapart pour savoir pourquoi en France ce qu’il dénonce et documente depuis de nombreuses années notamment les écoutes téléphoniques, n’a aucun effet, celui qui a passé 46 ans au Canard, répond : « Parce qu’il n’y a aucun contre-pouvoir. Et ce n’est pas nous, la presse, le contre-pouvoir. » (vers 24′ de la vidéo) Il rappelle que ça pourrait être le parlement mais que ce n’est pas le cas en France contrairement aux États-Unis ou en Grande-Bretagne où les parlements ont un rôle plus important. Alors qu’en France, « le parlement compte pour du beurre dans la plupart des cas ».

Question de Fabrice Arfi : Vous êtes un homme en colère, Claude Angeli ?
Claude Angeli : Non. Je suis un homme, un peu – j’allais dire un mot trop fort – dégoutté mais je ne suis pas encore dégoutté, j’ai le plaisir encore d’écrire. […] C’est quand même effarant : on est dans un pays où on peut réfléchir, on peut enquêter, on peut écrire, on peut publier. Et puis on dit « le quatrième pouvoir » conféré à la presse… Ça n’existe pas. On n’a pas ce pouvoir.
[...]
FA : C’est-à-dire que les citoyens ne sont pas assez aux aguets, au rendez-vous, selon vous ?
CA : La paresse culturelle est très dommageable. Les journaux papiers se vendent moins. Les responsabilités sont d’abord chez ceux qui possèdent. Chez vous comme chez nous, ce n’est pas Bergé, Pigasse, Drahy [actionnaires du Monde et de Libération notamment]. Ensuite aux directeurs de rédaction ou aux rédacteurs en chef. Ensuite aux journalistes. Mais il y a une responsabilité qui est celle de l’opinion de ne pas chercher à lire, y compris ce qui déplaît, à comprendre – ce qui était le cas il y a quelques dizaines d’années – et on se fit à la radio – qui est mieux que la télévision – et aux deux plus grands journaux de France qui sont TF1 et France 2, les deux plus mauvais journaux de France. Mais c’est dramatique. J’ai pas mal d’amis et je vois qu’ils achètent de moins en moins de journaux. [...]
FA : Est-ce ce que vous appelez « la société molle » ?
CA : Oui, on vit dans une société molle. C’est quand même une France… Ça bouge pas. Prenez les élections aux prud’hommes. Les gens de droite comme les gens de gauche trouvent que les prud’hommes c’est bien parce que si on a un problème ou si le fils ou la fille a un problème dans son boulot, on pourra aller aux prud’hommes. Il y a, je crois, 30 % des gens qui votent alors qu’on peut voter par Internet [en 2008, le taux d'abstention des employés à ces élections étaient de 74,5 %. En 2014, les élections ont été remplacées par une désignation par les organisations syndicales de salariés et de patrons. Lire ici]
[…]
La paresse culturelle, c’est terrible.
[...]
FA : Avez-vous l’impression que le sentiment le mieux partagé parmi ce que vous appelez vous-même la caste – et non pas la classe – politique, c’est le sentiment d’impunité ?
CA : Absolument, oui.
FA : Parce que souvent on entend : « Toute façon, tout finit par se savoir. » Mais malgré tout…
CA : Tout finit par se savoir et malgré tout, les gens existent : Tapie existe toujours, Roland Dumas […] Si on parle de Fillon ou d’autres, de Cahuzac ou d’autres hommes politiques, moi je préfère les voleurs parce qu’ils prennent des risques alors que ces gens-là… Parce qu’ils sont sûrs que la sanction n’ira pas loin. Même pour Cahuzac. Bon, il fera peut-être un peu de tôle, il paiera beaucoup d’argent mais enfin, la plupart des gens qu’on a connu Chirac a eu deux ans de prison et avec sursis, Tapie a été deux fois en prison, il a pleuré et puis il est ressorti et il a fait des affaires.
FA : Les Balkany, Serge Dassault…
CA : Balkany, c’est le sommet quand même. Maintenant il va tomber, c’est sûr.
FA : C’est-à-dire que nous n’avons pas la culture de la sanction exemplaire à l’égard de ceux qui nous dirigent…
CA : Il y a une responsabilité des politiques bien entendu mais il y a la responsabilité des intellectuels aussi. Ils sont aussi des relais dans l’opinion et il y a une responsabilité de l’opinion qui n’est pas assez volontaire pour s’exprimer, pour pas forcément défiler dans la rue mais voter ou se syndiquer ou s’organiser ou faire des actions collectives. On tolère. On subit.
[...]
FA : En dépit de tout ce que vous dites, êtes-vous un optimiste ?
CA : Oui, oui quand même. Parce qu’aujourd’hui il y a du soleil et parce que demain il se passera autre chose, que la vie continue et que je peux écrire chaque semaine quelque chose qui m’intéresse. Mais bon je sais que je n’ai pas de pouvoir.

Mediapart a moins de 150 000 abonnés
Beaucoup de choses sont dites dans cet entretien que l’on peut rapprocher de certaines situations locales. La baisse du lectorat de la presse, d’abord. Rappelons au passage que Mediapart, avec la publicité qu’il s’est fait avec notamment les différentes affaires que le site a sorties comme celle sur Jérôme Cahuzac, compte aujourd’hui moins de 150 000 abonnés. Sur un pays de 67 millions d’habitants… D’autant que beaucoup d’abonnés ne lisent qu’un article par mois ou moins. Quant au Canard enchaîné, il vend moins de 400 000 exemplaires chaque semaine (ici).

Après huit ans d’existence, Montpellier journal a culminé à environ 330 abonnés – que je remercie ici chaleureusement. Je me suis toujours refusé à m’en plaindre et j’ai toujours considéré que c’était ma responsabilité d’augmenter ce nombre. Il n’en demeure pas moins que ça use. D’autant qu’avant le passage à l’abonnement, certains articles étaient lus plusieurs milliers de fois. 12 450 fois pour le seul article sur les gaz de schistes.

« Colossale paralysie »
« La société molle », ensuite. David Dufresne, dans son livre cité plus haut, n’a pas publier la suite de l’extrait de Appel mentionné. La voici : « Mais ce qui frappe, pour l’heure, ce ne sont pas les arrogances de l’empire, c’est plutôt la faiblesse de la contre-attaque. Comme une colossale paralysie. Une paralysie de masse, qui dit tantôt qu’il n’y a rien à faire, quand elle parle encore, tantôt qui concède, poussée à bout, qu’ « il y a tant à faire » – ce qui n’est pas différent. Puis, en marge de cette paralysie, le « il faut bien faire quelque chose, n’importe quoi » des activistes. »

Et il est vrai qu’en matière de « société molle », à Montpellier, on est servi. Je n’oublie pas bien sûr les quelques centaines de militants qui sont presque de tous les combats, de toutes les manifestations. Je n’oublie pas non plus l’action d’un Michel Julier et quelques autres qui se battent pied à pied contre la gare TGV de la Mogère (lire par exemple ici). Ni le Michel Julier qui a réussi, après un long combat, à faire en sorte que la Gazette de Montpellier respecte enfin la loi en n’affichant plus sur sa façade, en plein cœur de Montpellier, ses immenses publicités en infraction du règlement municipal sur la publicité (lire : Publicité de la Gazette : « trafic d’influence » ou incompétence en mairie de Montpellier ?)

Indifférence
Mais je n’oublie pas également comment l’association Anticor s’est laissée balader par Philippe Saurel, le maire de Montpellier (lire ici). Je n’oublie pas non plus avec quelle indifférence ont été accueillies, par exemple, mes nombreuses enquêtes sur le financement du sport professionnel avec l’argent public (lire par exemple ici). Un sujet qui me paraît bien plus important que les paris du hand et pourtant beaucoup moins médiatisé. On parle quand même de plusieurs centaines de millions d’euros si on inclut les stades…

Je n’oublie pas également l’absence de vraies associations structurées qui pourraient assurer un vrai contre-pouvoir comme l’association Canol à Lyon que je connais peu mais dont il suffit de consulter le site pour observer l’activisme. Je ne dis pas que c’est bien de répéter « on paye trop d’impôts » mais le contrôle des élus ne peut pas être laissé aux seuls journalistes indépendants (d’autant qu’ils ne sont pas nombreux à Montpellier). Car un jour ou l’autre la politique vous rattrape. Par exemple lorsqu’on se fait contrôler sans ménagement dans le tramway, quand on fait du vélo sur des routes inadaptées, quand on ne parvient pas à obtenir un logement social, quand on ne peut pas mettre son enfant à l’école en face de chez soi, quand les crèches sont saturées, etc.

Décisions prises en catimini
Claude Angeli évoque le parlement. On peut faire le parallèle avec le conseil municipal et le conseil de métropole de Montpellier où la majorité est rarement interpellée sur des sujets de fond par l’opposition dans des assemblées qui ne sont que des chambres d’enregistrement de décisions prises en catimini. Ne parlons pas de René Revol, maire Parti de gauche de Grabels, qui ne s’oppose quasiment jamais à Philippe Saurel (divers droite). Et pour cause : le « gauchiste » fait partie de l’exécutif métropolitain. Sans parler de l’accès aux documents administratifs qui est théoriquement possible mais quasi impossible dans un délai et avec une énergie raisonnables en pratique.

La Chambre régionale des comptes (CRC) ? Ses rapports arrivent souvent bien tard quand les citoyens sont passés à autre chose ou quand les élus mis en cause ont été battus. Elle transmet des affaires au procureur ? On ne sait pas lesquelles et on ne connaît pas le résultat. Elle choisit ses thèmes d’investigation en toute opacité. Dernier exemple en date : alors que la reconduction du marché de l’assainissement de la métropole en octobre 2014 a fait l’objet de vives critiques y compris pour une fois de l’opposition (lire : Saurel et Revol font-ils perdre 10,5 M€ aux usagers de l’agglo de Montpellier ?), le rapport de la CRC du 25 novembre 2016 – soit deux ans plus tard – sur l’agglo de Montpellier n’en dit pas un mot.

Rejoindre un média dominant ?
Je me suis bien sûr posé la question, pour avoir plus d’impact, de tenter de rejoindre un média dominant type Midi Libre ou La Gazette de Montpellier plutôt que d’écrire dans un média relativement confidentiel. Mais qui peut penser une seule seconde qu’on m’aurait laissé publier les informations sorties sur Montpellier journal dans ce type de journaux ? Et encore eut-il fallu que je fus recruter.

Pour se convaincre du contraire, il suffit de relire le sociologue Alain Accardo dans un excellent article paru dans Le Monde diplomatique en mai 2000. Il écrit : « Les financiers et les marchands qui ont fait main basse sur l’essentiel des médias n’ont pas besoin de dicter aux journalistes ce qu’ils ont à dire ou à montrer. Ils n’ont pas besoin de violenter leur conscience ni de les transformer en propagandistes. Le sens de la dignité journalistique ne s’en accommoderait pas. Il vaut bien mieux laisser le personnel journalistique faire librement son travail (sauf circonstances et cas particuliers), ou plus exactement il faut lui laisser le sentiment que son travail n’obéit pas à d’autres exigences, à d’autres contraintes que celles qu’imposent les règles spécifiques du jeu journalistique acceptées par tous. Il faut s’en remettre à la « conscience professionnelle ».

Pour cela il faut et il suffit de confier les rênes du pouvoir journalistique dans les rédactions à des personnes qualifiées de « grands professionnels » , ce qui veut dire en particulier qu’elles n’ont cessé de donner des gages de leur adhésion à une vision du monde dont elles partagent les croyances fondamentales avec leurs employeurs. Une fois les postes supérieurs d’encadrement occupés par des professionnels idéologiquement fiables, il n’y a plus qu’à laisser jouer le mécanisme de la cooptation, qui assure, là comme ailleurs, un recrutement évitant, dans la plupart des cas, de faire entrer des renards au poulailler et des hérétiques à la messe. Ce mécanisme commence à jouer dès l’entrée dans les écoles de journalisme et il se poursuit continûment dans les rédactions.Ainsi les médias sont-ils solidement tenus en main par un réseau à qui il suffit de travailler « comme il sent » pour travailler « comme il doit » , c’est-à-dire pour défendre les normes et les valeurs du modèle dominant, celui sur lequel s’est réalisé le consensus entre une droite en panne d’idées et une gauche en rupture d’idéal. »

Utilité de sortir des affaires ?
Et si on parvient à entrer dans une rédaction d’un média important, on peut également se demander l’utilité de sortir des affaires. Lisons encore dans Le Monde diplomatique (mai 2013) un article de Razmig Keucheyan et Pierre Rimbert qui citent le sociologue Dominique Marchetti : « Les journalistes d’investigation ont contribué à faire émerger une nouvelle figure, celle du justicier. Au nom des demandes et des attentes de l’“opinion publique”, qui serait soucieuse d’une plus grande transparence, ils se posent en concurrents des plus hautes instances judiciaires et politiques ».

Et Le Monde diplomatique de poursuivre : « Cette dramaturgie ritualisée, conçue pour faire bondir les ventes (ou l’audience), a pour effet de réduire les enjeux de structure à des questions de personnes. Quatre décennies après le Watergate, la dépolarisation idéologique rend douteux qu’un changement de majorité entraîne un changement de politique : l’horizon du journalisme d’investigation a rétréci. En cas de succès, il contribue à purger le régime ou, au mieux, l’incite à s’amender. Grâce à Mediapart, un ministre en a remplacé un autre. Le pavé dans la mare éclabousse, la question des paradis fiscaux se pose dans l’urgence ; puis une actualité chasse l’autre et tout redevient lisse. En 1996, l’enquêteur Denis Robert publiait un livre désenchanté sur les scandales politico-financiers qui secouaient la France depuis cinq ans : Pendant les “affaires”, les affaires continuent… (Stock). Malgré les lois de « moralisation » de la vie publique, la corruption continuait d’emprunter les canaux ouverts par la libéralisation financière : sociétés panaméennes, banques suisses, comptes luxembourgeois. ‘Rien ne change, sauf des noms et des visages. Les cartes se redistribuent, écrivait Denis Robert il y a dix-sept ans. Les journalistes dans mon genre ne seraient-ils pas de simples agents d’autorégulation ?’ »

Si Claude Angeli semble se satisfaire du soleil et des « plaisirs du journalisme », il est, pour ma part, grand temps que je me mette au vert et utilise le soleil pour faire pousser des légumes. Le déménagement est toujours prévu début mars.

Lire aussi :

__________
(1) Tarnac, magasin général, David Dufresne, Calman-Lévy, mars 2012, 498 pages, 20 €. Voir aussi la variation web du livre ici.

(2) L’insurrection qui vient, Comité invisible, La fabrique, mars 2007, 128 pages, 7 €. Ou en pdf gratuitement.

(3) Les plaisirs du journalisme, Claude Angeli et Pierre-Édouard Deldique, Fayard, janvier 2017, 288 pages, 20,90 €.


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4 commentaire(s)

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  1. Bandini said
    on 19 février 2017

    à 22 h 24 min

    On peut comprendre l’usure et la démotivation engendrée par la situation montpelliéraine, l’égoïsme des confrères, l’ingratitude des lecteurs, l’âpreté du climat méditeranéen pour la presse indépendante. On peut comprendre l’envie de changer d’air. Mais stop à l’autoflagellation et au discrédit du journalisme ! Le journalisme indépendant fait du bien à ceux qui ne veulent pas se résigner et qui savent bien que notre démocratie dysfonctionne. On se sentait moins seuls à la lecture de Montpellier Journal. Merci pour le travail effectué. J’imagine qu’un certain nombre de notables se réjouissent de l’arrêt de la publication. Et d’autres -élus véreux et patrons voyous- qui regrettent qu’elle ne se soit pas arrêtée plus tôt.
    Pour continuer à alimenter la réflexion -et relativiser cette propension à l’aquoibonisme que l’on perçoit che JOT- je glisse ici cette petite phrase du cinéaste « insoumis » Ken Loach : « Mon travail est de maintenir chez les gens la colère. De la nourrir sans cesse. Il faut savoir garder en soi le goût de la révolte et de l’insatisfaction. La colère n’est pas un sentiment vain. C’est la dernière étape avant le désespoir. »

  2. JED said
    on 19 février 2017

    à 22 h 53 min

    Bien dit Bandini !

  3. Jacques-Olivier Teyssier said
    on 20 février 2017

    à 9 h 16 min

    Je précise au cas où ça n’aurait pas été clair que « à quoi bon ? » renvoyait à « à quoi bon faire du journalisme ? » et non pas « à quoi bon agir ? ».

    François Ruffin, le fondateur de Fakir et réalisateur de « Merci patron ! » l’a bien compris. Il se présente aux législatives : https://www.youtube.com/watch?v=2n5EBF20ee4

    D’autres préféreront la manifestation, la grève, le blocage, etc.

    Aujourd’hui les informations pour être en colère sont là et il n’est vraiment pas difficile d’y avoir accès. La vraie question, c’est quel événement pour quelles passions pour déclencher quelle mise en mouvement ? « Une idée n’a de puissance que si elle nous affecte. » Cf. par exemple : https://www.franceculture.fr/emissions/les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance/les-affects-de-la-politique-de-frederic-lordon

    Et non pas : quelle information, identique à la veille, publier ?

  4. Tito said
    on 20 février 2017

    à 10 h 05 min

    Les luttes continuent malgré tout, comme disais Gramsci -
    nous sommes ‘pessimiste par l’intelligence, optimiste par le volonté’ – Bon vent Jacques-Olivier !
    stan

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