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Le Jeudi 5 février 2015 à 15:27

René Revol fait un beau cadeau foncier à un entrepreneur du bâtiment


L’ami de longue date de Jean-Luc Mélenchon, maire (Parti de gauche) de Grabels et vice-président de la métropole de Montpellier, a pris deux décisions d’urbanisme sur sa commune qui ont conduit à faire un cadeau, volontaire ou pas, au patron d’une entreprise grabelloise de ravalement. Un monsieur qui lui a donné « un coup de main » lors de la campagne municipale de 2008. C’est aussi un important mécène d’activités socio-culturelles et sportives de Grabels. Dans cette affaire c’est aussi, à nouveau, la question d’éventuelles constructions à proximité d’un cours d’eau qui est posée après les événements dramatiques de l’automne 2014 (3 100 mots).

Par Jacques-Olivier Teyssier

 René Revol, maire (PG) de Grabels et vice-président de la métropole de Montpellier le 3 septembre 2014 (photo : J.-O. T.)

La meilleure défense pour René Revol serait-elle l’attaque ? Alors qu’on l’appelle pour parler d’une affaire, il revient sur une autre. Celle où une plainte est déposée contre lui pour « corruption passive » par le porteur d’un projet immobilier, Abdelhakim Nacer (lire : Plainte pour « corruption », immobilier, inondations : René Revol sur la sellette). Le maire de Grabels reproche à Montpellier journal « beaucoup d’erreurs » dans cet article. On lui répond alors qu’il ne faut pas hésiter à nous les signaler et qu’on les rectifiera immédiatement. Si bien sûr, elles sont avérées. Sauf que depuis le 19 décembre, date de parution de l’article, René Revol ne nous a envoyé aucune demande de rectification ni droit de réponse. Mais, nous dit-il, « je ne manquerai pas de vous les signaler ». L’avenir dira si ces déclarations reposent sur des éléments solides ou relèvent d’une défense maladroite.

« Je n’ai pas à vous répondre à ce sujet ! »
Mais puisqu’on parle d’erreurs, Montpellier journal saisit la balle au bond et demande à René Revol pourquoi il a nié avoir été placé en garde à vue par les gendarmes dans le cadre de cette affaire ? Il nous avait alors déclaré : « J’ai été entendu libre. J’ai pris rendez-vous avec les gendarmes et j’ai parlé aux gendarmes de cette situation. » Le procureur de la République de Montpellier avait pour sa part affirmé : « Il a été entendu dans le cadre d’une garde à vue mais ça ne change rien. Ce sont des questions de procédure, ça. On est obligé d’entendre une personne sous le régime de la garde à vue dans un certain nombre de cas. » On demande donc à René Revol pourquoi il ne nous a pas dit qu’il avait été placé en garde à vue. L’élu s’énerve alors : « Je n’ai pas à vous répondre à ce sujet. Je n’ai pas à vous répondre à ce sujet ! Je n’ai pas à vous répondre à ce sujet ! Vous êtes un agent de M. Akim Nacer. » Un peu plus et René Revol nous accuserait d’être derrière la plainte pour corruption (1) ! Fin du prologue.

L’affaire qui nous occupe aujourd’hui débute en 2001. Jean Teillard, un propriétaire de Grabels aujourd’hui décédé, décide de vendre deux parcelles qu’il possède en bordure de la Mosson sur la D127, à la sortie de Grabels en direction de Saint-Gély-du Fesc. À proximité du 63, rue du Château où est domiciliée la SCI Jonchris. Cette société civile immobilière est gérée par Georges Schwertz, par ailleurs patron de l’entreprise Sud ravalement. Tous deux également domiciliés au 63, rue du Château. Et les parcelles de Jean Teillard sont contiguës de la propriété de Georges Schwertz. Résumons : Jean Teillard veut vendre des parcelles à Georges Schwertz par l’intermédiaire de la SCI Jonchris.

Les élections municipales passent par là
Sauf que Bernard Prunet, le maire (divers droite) de l’époque, décide d’exercer le droit de préemption de la commune sur ces parcelles. S’en suit une procédure devant le tribunal de grande instance de Montpellier. Celui-ci donnera raison à la commune dans un jugement du 22 janvier 2008. Elle devenait ainsi propriétaire des dites parcelles si le jugement avait été confirmé. Sauf que Georges Schwertz décide de faire appel. Puis les élections municipales passent par là : le 16 mars 2008, René Revol bat Bernard Prunet puis est élu maire de Grabels.

La nouvelle équipe se met en place et c’est lors du conseil municipal du 27 février 2009 qu’on entend reparler de cette affaire. Le maire soumet alors au vote des élus le principe d’une transaction avec la SCI Jonchris (p 13 du PV). Le principe en est le suivant : contre l’abandon des poursuites, la SCI Jonchris cède une partie des parcelles à la commune qui a « pour idée, sans que les choses soient actées, de créer des jardins familiaux ». Nicole Ansidéï, conseillère d’opposition et ancienne membre de l’équipe Prunet, demande alors au maire quelle est l’urgence de ne pas attendre l’appel. René Revol répond notamment : « Nous préférons négocier plutôt que de passer par des années de procédure. » Et aussi : « Au lieu de sortir 10 000 euros pour la totalité nous aurons 1 hectare pour 3 500 euros. » Notons au passage que le prix de vente des terrains est alors très faible pour ne pas dire dérisoire. Il faut dire qu’une grande partie est inondable et la totalité inconstructible.

« Un bon accord pour l’intérêt général »
Et là, deux visions s’opposent : ceux qui pensaient que les choses étaient bien engagées pour la commune, qu’elle avait de très bonnes chances de gagner en appel et qui ne comprennent pas pourquoi René Revol a décidé de céder à la SCI. Et celle du maire qui évoquait en conseil « un entretien avec l’avocat sur la possibilité de perdre en appel ». René Revol affirme aujourd’hui : « C’est notre avocat qui nous l’a conseillé. » Ou encore : « Je n’avais pas d’autres solutions. » Et : « Pour faire ces jardins familiaux et les faire assez vite, j’ai passé ce protocole. » En résumé, il s’agissait d’un « bon accord pour l’intérêt général ». Les jardins familiaux qui n’étaient qu’une « idée » en 2009 sont effectivement sortis de terre en 2011.

L’autre solution aurait donc été d’attendre l’appel. D’autant que Pascal Heymes, alors premier adjoint de René Revol (il démissionnera en juin 2009 et depuis s’opposera très souvent au maire), raconte : « En demandant des explications sur ce dossier à la responsable juridique de la mairie, j’ai compris que si la commune avait maintenu sa volonté d’avoir les terrains, elle avait de bonnes chances de gagner. J’ai compris aussi que ce protocole d’accord relevait de