Jacques Bascou, député-maire de Narbonne, a répondu aux questions de Montpellier journal. Cet entretien fait suite aux déclarations de Paul Alliès concernant les discussions en Bureau national du PS, hier, sur la candidature de Georges Frêche aux régionales.
Confirmez-vous les propos de Paul Alliès tenus hier dans Montpellier journal (1) ?
Je n’ai rien à confirmer, c’est une réunion interne. Si on ne peut plus avoir de discussion politique à l’intérieur… Simplement ce que j’ai dit par rapport à ça c’est qu’on remettait en cause la légitimité des votes des militants. Dire que les militants ne seraient pas responsables, seraient influencés… c’est là-dessus que j’ai réagi. Je trouve que c’est mensonger. Et on fait aujourd’hui des remarques sur le fonctionnement de l’Hérault mais si elle fonctionne depuis des années comme cela, un certain nombre de responsables politiques, à ce moment là, auraient dû réagir depuis des années.
« On ne peut pas continuer à tirer contre son propre camp »
Après, pour moi, c’est un épiphénomène. Depuis le début, je pense qu’il faut que les socialistes soient unis. Aux dernières sénatoriales, dans la fédération de l’Hérault, Raymond Couderc, par la division des socialistes a été élu sénateur. Maintenant il est tête de liste pour les régionales. J’en appelle à la responsabilité politique des uns et des autres. On ne peut pas continuer à tirer contre son propre camp. Les militants ont tranché et donc, à partir de là, la messe est dite. Après l’investiture ou pas l’investiture, ce n’est pas le problème. Georges Frêche pose des problèmes à un certain nombre de personnes, c’est une réalité. Cela dit, il n’est pas au Parti socialiste et ce qu’a dit le parti c’est que les socialistes qui ont été choisis par les militants qui sont sur les listes de Frêche auront l’appui du Parti socialiste (2). Ceux qui éventuellement, à l’extérieur feraient campagne contre, n’auront pas l’appui du Parti socialiste. Si Paul Alliès veut se déterminer à l’extérieur, automatiquement il se met en marge du parti. Ça, ça le regarde.
S’il y a des socialistes qui vont sur une autre liste que celle de Georges Frêche, vous pensez qu’ils pourraient être exclus du PS ?
Non, non. Moi, contrairement à Paul Alliès qui n’a pas de mandat particulier – il y a une instance nationale qui décide : le Bureau national – je ne décide pas à partir [à la place ?] d’un Bureau national. Mais dans la mesure où les candidats sont sur des listes socialistes donc soutenus par le PS, je ne vois pas comment ceux qui seraient en dehors pourraient être soutenus par le PS. Que Georges Frêche n’ait pas ou ait l’investiture, ça dépend comment on regarde, ce n’est pas le problème. C’est que les socialistes qui viendraient sur d’autres listes que celles choisies par les militants et confortées par le national, à mon avis, se mettraient en marge du parti.
Paul Alliès a dit que Martine Aubry l’avait remercié. Vous confirmez ?
Ce n’est pas que Paul Alliès. Vu la situation en Languedoc-Roussillon, tout le monde a cherché une solution en fonction de sa propre analyse de la situation. À la limite, je pourrais être remercié d’avoir essayé dès le départ de trouver une solution. Parce que, contrairement à ce qu’on a dit, la candidature de Didier Codorniou, dès le départ, c’était pour rassembler les socialistes puisque Éric Andrieu avait dit qu’il n’était ni pour ni contre Georges Frêche. Parce que je suis persuadé qu’il faut rassembler d’abord les socialistes, ensuite rassembler la gauche. Il semble que ce soient les Verts, comme partout en France, qui n’aient pas accepté une alliance au premier tour (3). On verra au deuxième tour mais je souhaite qu’on se détermine sur des orientations programmatiques. Parce ce que je regrette, depuis qu’on parle de ces élections régionales, on ne met pas en avant des propositions. Propositions qui montreraient qu’on n’est pas éloigné des Verts et du PC. Et encore, quand on parle des Verts et du PC, il faut nuancer parce que les Verts ce n’est pas uniquement un leader (4).
Paul Alliès a dit que c’est suite à une attaque de votre part que Martine Aubry l’a remercié…
Encore une fois, je n’ai pas à confirmer ou à infirmer. Ce sont des échanges dans une organisation politique. Moi, je ne me suis pas exprimé à l’extérieur depuis plusieurs mois parce que j’estime qu’on peut discuter librement. Se servir de l’extérieur pour influencer des rapports de force ou en tout cas des opinions internes, ce n’est pas ma conception du Parti socialiste.
► Lire aussi :
- Quand Bascou parle, en Bureau national du PS, des marchandages de Frêche (interview de Paul Alliès)
- « Nous n’entérinons pas la candidature de Georges Frêche » (interview de Martine Aubry sur France Inter)
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(1) Extrait de l’interview de Paul Alliès lu à Jacques Bascou :
« Ne pensez-vous pas qu’il y a des gens à la direction nationale du PS qui veulent ménager Georges Frêche parce que, derrière, il y a les voix des fédérations du Languedoc-Roussillon pour le prochain congrès ?
Bascou a fait l’erreur de dire que, par le passé, ça avait bien fonctionné comme ça.
Qu’est-ce qui avait bien fonctionné ?
Il a évoqué les soutiens à Frêche en échange de soutiens de la fédération de l’Hérault à tel ou tel candidat dans les congrès.
Il l’a évoqué explicitement au Bureau national ?
Oui. Ça a fait rire tout le monde. »
(2) Ceci n’est pas confirmé pour le national. Ce sera sans doute le cas des fédérations socialistes du Languedoc-Roussillon.
(3) Du côté des Verts, on dit que c’est plutôt les conditions du PS qui n’étaient pas acceptables.
(4) L’assemblée générale des Verts s’est prononcée à l’unanimité le 17 octobre pour la non reconduction de Georges Frêche à la présidence de la région.


2 commentaire(s)
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à 1 h 03 min
La grosse erreur politique de Frêche qui va lui coûter très cher reste l’éviction des Verts au profit du Modem.
De plus, les spécialistes de l’environnement ne sont pas dupes de sa politique qui n’a rien à voir avec le développement durable et l’économie solidaire.
Sa politique reste ultra libérale. C’est une course à la croissance et au consumérisme dans une logique d’offre concentrée sur le littoral et autour de Montpellier (plus d’habitants, plus d’étalement urbain, plus de centres commerciaux, plus de déplacements, plus de flux de toutes sortes, plus d’eau prélevée et retraitée, …).
Je me rappelle encore d’une réunion du Grenelle de l’Environnement à Perpignan où il s’était fait copieusement hué, face à des gens du domaine, quand il avait présenté sa politique « environnementale ».
Pour ceux qui ont encore des doutes sur la place que Frêche accorde réellement à l’environnement, je leur conseille d’aller assister au moins une fois à un discours de l’élu qu’il a nommé à la vice-présidence de Région chargé du développement durable. C’est pathétique.
à 8 h 45 min
Des déclarations d’Yves Pietrasanta, vice-président de la région en charge de l’environnement, peuvent être écouté dans cette article : « Environnement : la région a-t-elle raté son Agenda 21 ? »