C’est Paul Alliès, secrétaire national adjoint au PS, qui le raconte dans un entretien accordé à Montpellier journal. Le député-maire de Narbonne aurait évoqué les échanges de soutiens entre Georges Frêche et certaines personnalités nationales du PS en Bureau national du Parti socialiste mardi soir. Retour sur la décision du PS de ne pas investir Georges Frêche et de ne pas « proposer un autre dispositif ». Et perspectives : « On ne va pas rester inertes », dit Paul Alliès.
Si on en croit le titre de la dépêche AFP (1), le PS entérine la candidature Frêche…
Ce n’est pas ça du tout. La formule mot à mot suite au Bureau national est : Premièrement, le PS prend acte – mais ne ratifie pas, c’est un détail juridique – du vote des militants socialistes dans les cinq fédérations, jeudi dernier. Deuxièmement, le PS n’investit pas Georges Frêche comme tête de liste. Troisième formule : après le constat qu’il n’y a pas eu d’accord de toute la gauche pour une liste sans Frêche, le PS considère qu’il n’y a pas de liste en dehors de celles qui ont été ratifiées dans les départements. Ceci étant, on va voir.
C’est-à-dire qu’il peut encore y avoir des évolutions ?
La politique ne s’arrête pas au vote de la Convention nationale [prévue samedi 12 décembre]. Je suis très fier, à titre personnel mais aussi par rapport à ce que la presse, Midi Libre, principalement, a fait sur les désaveux, etc. me concernant suite à mes déclarations d’il y a huit jours, que Martine Aubry – c’est assez rare chez la dame – ait pris soin, face à une attaque de Bascou [député maire de Narbonne] (2) qui mettait en cause ma légitimité à m’exprimer il y a huit jours, de dire qu’il fallait « remercier Paul Alliès pour ce qu’il avait fait sur place parce qu’il avait exprimé ce qu’il fallait faire mais on n’avait pas abouti ». Donc je suis en plus conforté dans mon rôle modeste de secrétaire national quand il se mêle de politique locale. Ce soir ceux qui se sont exprimés, ce sont ceux qui avaient pris le dossier en main. Bartolone chargé des relations extérieures, par mandat de Martine Aubry depuis jeudi dernier. C’est lui qui a mené les contacts avec Buffet, etc. Et puis, bien sûr, Borgel qui est secrétaire aux élections. Les mots que je vous ai dits sont ceux de Borgel donnant les formules qui seront celles qui seront données à la Convention. Ce sont les deux que Martine Aubry a mis en selle à partir de jeudi dernier pour voir si on pouvait aboutir avant la convention de samedi – ça me semblait peu réaliste – à un accord, pas seulement régional mais national avec les Verts, le PC, le PG, etc. Donc constat de carence et voilà la position. Qui me va très bien. Parce que ça libère un avenir encore… Moi j’ai averti que la crise dans le Languedoc-Roussillon n’est pas une crise électorale tenant à Georges Frêche mais une crise plus profonde, que ça allait durer et que le Bureau national pouvait connaître d’autres épisodes avant ou pendant l’élection régionale.
Ça veut dire que vous n’excluez pas qu’il y ait des membres du Parti socialiste qui soient sur une liste…
Je viens d’avoir Hélène Mandroux [maire de Montpellier] qui est à Copenhague, je viens d’avoir… On va voir ce qu’on fait. On ne va pas rester inertes.
« La direction nationale n’investit pas Georges Frêche. C’est quand même ça l’événement »
Pourquoi le PS ne s’est pas positionné ?
Il aurait pu se positionner bien pire. Qui aurait dit, il y a encore 6 mois, après la déclaration d’Aubry du 16 juin, qu’elle aurait tenu le coup jusqu’au bout ? Elle a tenu le coup jusqu’au bout. Enfin « elle », ce n’est pas qu’elle, c’est le parti. Encore une fois, personne n’a défendu Frêche ce soir en Bureau national, sauf Bascou. Il y avait pourtant Manuel Valls. Il n’y avait pas Peillon. S’il avait été là, peut-être aurait-il défendu Frêche. Il y avait quand même 50-60 personnes présentes. Ce n’est pas rien. Je pense que si le PS avait réagi plus tôt, s’il avait fait surseoir au vote au moins dans la fédération de l’Hérault jeudi dernier, cela réservait des possibilités qui auraient pu être explorées encore avec nos partenaires (les Verts, le PC, etc.). Ne le faisant pas, attendant jusqu’au bout du bout, ça donne cette situation. J’en conviens, elle n’est pas satisfaisante d’un point de vue politique notamment sur le plan de la rénovation du Parti socialiste. Il faut toujours tenir compte des contraintes et du contexte. J’observe qu’après tant de lobbying, de déclarations, d’efforts, de vote des militants, ce n’est quand même pas banal, malgré tout la direction nationale n’investit pas Georges Frêche. C’est quand même ça l’événement.
Ne pensez-vous pas qu’il y a des gens à la direction nationale du PS qui veulent ménager Georges Frêche parce que, derrière, il y a les voix des fédérations du Languedoc-Roussillon pour le prochain congrès ?
Bascou a fait l’erreur de dire que, par le passé, ça avait bien fonctionné comme ça.
Qu’est-ce qui avait bien fonctionné ?
Il a évoqué les soutiens à Frêche en échange de soutiens de la fédération de l’Hérault à tel ou tel candidat dans les congrès.
Il l’a évoqué explicitement au Bureau national ?
Oui. Ça a fait rire tout le monde. Parce que, quelle que soit l’ambition des uns et des autres, ce qui est acté et qui sera ratifié en juin, ce sont les primaires ouvertes et populaires. Peut-être qu’il n’y aura pas beaucoup de partis en dehors du PS qui les pratiqueront mais ne serait-ce que le PS qui va pratiquer ça, avec, sans rêver, 3 à 4 millions de gens qui vont venir voter, que voulez-vous que pèsent les 5000 mandats de la fédération de l’Hérault ?
Mais il y a le pouvoir au PS qui se joue aussi lors d’un congrès…
Le prochain est dans trois ans. Ce n’est pas le sujet. C’est après les présidentielles. L’enjeu ce sont les présidentielles.
Donc vous pensez que ceux qui ont soutenu, au niveau national, Georges Frêche c’était par tradition ?
Bien sûr que oui. C’était la tradition. En plus, dans l’Hérault, ce n’est pas une surprise : l’idole de Navarro [premier secrétaire fédéral] c’est Hollande [ancien premier secrétaire du PS]. Les déclarations de Hollande sont par rapport à des solidarités anciennes et possiblement futures. Mais ces calculs du vieux Parti socialiste sont de moins en moins prégnants parce que le véritable enjeu pour le PS qui est celui de la présidentielle, va se jouer devant les électeurs et pas seulement devant les militants.
Donc ces gens-là agissent avec d’anciens réflexes ?
Il vous a échappé que Frêche a 33 ans de mandats cumulés ? Il a une influence, comme tout autre, sur le Parti socialiste et sur la fédération de l’Hérault et le reste où il a négocié un tas de ses mandats. Ça ne disparaît pas en un jour. Simplement on voit, en effet, des gens qui prétendent parler de rénovation comme ça était le cas dans le passé de Vincent Peillon et qui, là, vendent leur idéal de la rénovation pour un plat de lentilles.
►Lire aussi : “Je souhaite qu’on se détermine sur des orientations programmatiques” (interview de Jacques Bascou)
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(1) Selon le site du Figaro, l’AFP aurait titré : « Le PS entérine la candidature de Frêche ». Le site de Midi Libre a repris le même titre. Montpellier journal n’étant pas abonné à l’AFP, il faut rester prudent sur le titre original. Le Monde a fait encore mieux en titrant : « Georges Frêche sera le candidat du PS aux régionales en Languedoc-Roussillon ». De plus, la phrase clé « Nous ne proposerons pas à la Convention nationale de donner l’investiture nationale à Georges Frêche. Et nous ne proposerons pas un autre dispositif, car sans nos partenaires, ce serait ajouter de la division » avait disparu du site du Figaro à minuit. Mais elle était toujours sur le site du Parisien.
Vers 21h :
Vers minuit :
(2) Voir la version de Jacques Bascou.




4 commentaire(s)
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à 9 h 19 min
Mon analyse ici
http://www.lepost.fr/article/2009/12/09/1831365_le-ps-ne-presente-pas-de-liste-aux-regionales-en-languedoc-roussillon.html
Je mets un lien vers montpellierjournal sur mon post.
à 10 h 06 min
Je m’interroge sur les motivations profondes de moderavy qui est dans l’opposition au conseil municipal de Grabels, était dans l’équipe de l’ancien maire de droite Prunet et gère le site « Un autre Avy » plutôt critique sur l’action municipale.
Ce soutien à René Revol pour les régionales est étrange.
Des explications moderavy ?
à 12 h 24 min
les motivations sont le TSF (tout sauf freche)c’est nul ,petit,limite minable …
à 12 h 56 min
J’ai opté pour l’anonymat, donc je ne répondrais pas à vos allégations sur mon profil.
Pourriez vous m’indiquer en quelle occasion j’avais pu dire quelque chose laissant croire que je soutenais l’extrême gauche ou Revol?
Vous êtes un drôle d’observateur!
Un autre avy a toutes ses archives en ligne, bonnes recherches.