Skip to content

Le débat se tend sur la gestion Veolia

Lundi, en conseil municipal, les Verts ont dénoncé l’absence de contrôle de la délégation du service public de l’eau. L’occasion de revenir en détail sur les arguments avancés. Notamment par Georges Frêche qui a fait une apparition sur sa chaise d’élu de la ville. Un deuxième article sera consacré, demain, aux travaux de la mission d’évaluation de la gestion de l’eau.

Nathalie Medeiros a fait part, à plusieurs reprises de ses doutes sur la méthodologie de la mission d’information et d’évaluation de la gestion de l’eau de Montpellier par Veolia. Cela semble avoir déplu aux membres de cette mission qui demandent à la conseillère municipale (Verts) de « ne pas trop s’épancher dans la presse ».

« Petits arrangements entre amis »
Nathalie Medeiros en conseil municipal le 22 juin (photo : Xavier Malafosse)L’élue ne se laisse pas impressionner et en remet une couche en conseil municipal, le 22 juin pour dénoncer l’absence des comptes d’exploitation prévisionnels et les rapports circonstanciés de la mairie. Hélène Mandroux, tente à plusieurs reprises de l’empêcher de terminer son intervention en la mettant en garde : « Attention à ce que vous êtes en train de dire. » La conseillère municipale poursuit et qualifie le contrat signé avec la CGE en 1989 de « chèque en blanc que la ville de Montpellier a offert avec générosité à une multinationale », dénonce un « déni de démocratie » et « des petits arrangements entre amis ». Conclusion : « Aujourd’hui, nous avons la preuve qu’en 20 ans, la municipalité n’a effectué aucun contrôle de la gestion de l’eau. »

Georges Frêche était présent au début du conseil municipal. Et comme Nathalie Medeiros s’était adressée à lui, celui qui était maire en 1989 répond mais pas « sur le fond », car, selon lui, « ça n’en vaut pas la peine ». Premier point : « Tous ces comptes, dès 89, ont été contrôlés à cinq reprises par la chambre régionale des comptes qui a donné quitus alors je ne sais pas si cette dame est une spécialiste en droit financier mais elle a encore, à mon avis, beaucoup de progrès à faire. » On ne sait trop à quels contrôles Georges Frêche fait référence mais, sauf erreur, ce sont les comptes présentés par la ville que la chambre a contrôlés, pas ceux de Veolia. Or ce sont les lacunes du contrôle du délégataire par la ville que Nathalie Medeiros dénonce.

143 MF récupérés par la CGE en 7 ans
De plus, les Verts souligneront, le lendemain dans un communiqué, que justement la chambre régionale des comptes s’inquiétait, dans un rapport de juillet 1999 sur la gestion de la ville de Montpellier, « de l’équilibre du contrat entre un droit d’usage de 250 MF versé par la CGE (« principe prohibé par la suite ») et les sommes récupérées par l’entreprise qui avoisinaient les 142,8 MF en 7 ans alors qu’il restait 18 ans à courir ». Un des artifices souvent pointé du doigt dans ce type de contrat et permettant à une ville de faire payer aux usagers de l’eau une sorte d’impôt indirect « noyé » dans leur facture. « Un transfert de charges du contribuable vers l’usager », selon la chambre. Ce qui permettait aux élus de faire plus – par exemple un palais des congrès – avec moins d’impôts. Quant aux multinationales concernées, elles auraient récupéré parfois bien plus que la somme versée initialement. Ainsi à Toulouse, selon un spécialiste des contrats de gestion de l’eau, ce serait 437 millions de francs (67 M€) qui ont été versés et 1,3 MdF (198 M€) récupérés par Veolia. Et, on l’a compris, plus la durée du contrat est longue, plus cette possibilité est grande. Et justement, la chambre régionale des comptes, sur la même page 37, souligne qu’à Montpellier, « la durée du contrat est fixée à 25 ans, bien au delà du terme de douze ans préconisé par le cahier des charges type ».

Autre argument développé par Georges Frêche : « Le prix de l’eau à Montpellier est le moins cher des grandes villes du sud de la France. Parce que si on écoute ce qu’on vient d’entendre, on a l’impression qu’il se passe des choses extraordinaires. » Avant de conclure en fin politique : « Ce qui importe aux gens, c’est combien ils payent le prix de l’eau. » Argument balayé par un spécialiste des contrats de gestion de l’eau : « Le prix de l’eau est fonction des conditions techniques locales. En la matière, comparaison n’est pas raison. » C’est-à-dire que si, à Montpellier, l’eau est facile à puiser et si sa qualité est bonne, c’est normal que son prix soit bas par rapport à des villes où ces conditions sont moins favorables. Donc le prix de l’eau n’est pas un indicateur pertinent pour évaluer une bonne gestion. Encore un point à approfondir par la mission.

« Six ans dans la majorité »
Dernier argument qui est plutôt une contre-attaque de Georges Frêche adressé au président du groupe Verts-NPA-CUAL : « M. Roumegas a été six ans dans la majorité que j’ai eu l’honneur de conduire, à l’époque il n’avait trouvé rien à redire à la gestion de l’eau. Je m’aperçois que brusquement, maintenant qu’il est dans l’opposition, il a des velléités. Très bien. Et je suis sûr que si M. Roumegas rentrait dans la majorité, il n’aurait plus de problème. C’est ce qu’on appelle un alimentaire, M. Roumegas. » Le mis en cause demande immédiatement la parole pour répondre : « Nous avons voté les rapports du délégataire parce que, ce qu’ils comportaient ne prêtaient pas à critique. Nous sommes tout à fait prêts, nous, à reconnaître avoir voté par erreur si on s’est trompé. Les élus votent à partir des analyses qui sont fournies par les services. A l’époque, nous n’avions pas du tout les analyses que nous avons maintenant et je suis prêt à reconnaître que nous aurions dû être plus vigilants. » Exclamations, huées et ricanements sur les chaises de la majorité.

Jean-Louis Roumegas poursuit : « Bordeaux a reconnu que son délégataire avait abusé de sa situation et a récupéré de l’argent. Toulouse a reconnu que son délégataire l’avait trompé et avait passé des sommes indues. Et d’autres villes encore. Elles ont su non seulement reconnaître leur erreur mais aussi demander des comptes à leur délégataire. Ce qui est extrêmement étonnant de la part de Georges Frêche, le même qui va récupérer la compétence au sein du conseil d’agglomération, c’est que lui décide de mettre un mouchoir sur le passé et refuse de voir la vérité. Au lieu de nous envoyer simplement on a voté – nous avons tous voté – faites comme Bordeaux et Toulouse et soyez capable de jeter un regard sur le passé et reconnaissez vos erreurs si elles sont démontrées. A moins que vous ne vouliez vraiment cacher quelque chose. Il faudrait peut-être revenir en 89, au moment où le contrat a été signé. »

► Et si vous souteniez, même modestement,
Montpellier journal
?

Partager sur Facebook Partager sur Twitter

Publié dans Politique. Mots clés : , , , , , .

9 commentaire(s)

Suivre les commentaires de cet article

  1. titi said
    on 26 juin 2009

    à 9 h 00 min

    Décidément , la politique est pourrie , parceque les élus sont pourris !
    Quand on entend les réponses de Frêche , où est l’intérêt général ? et ce  » type  » veut encore diriger la Région ?Que l’on vote ou pas , les résultats pour les citoyens sont les mêmes , dans tous les partis : mépris,mépris, mépris !On est bon que pour cautionner leurs élections , dans un simulacre de démocratie.On le sait tous ! mais on a peur de bouger , il n’y a plus de solidarité – vous verrez dans pas longtemps nous allons vivre dans un régime de délation , Hortefeu à l’Intérieur , pire que Sarko -
    Rappelez vous , avant que Debré quitte l’Assemblée Nationnale , suite à l’élection de Sarko , ils ( députés de droite de gauche ) ont tous voté , pour une indemnité des Assedic en leur faveur , s’ils étaient battus aux élections, qui passaient de 6 mois à 6 ans ( avec dégessivité ) !! les loups ne se mangent pas entre eux ! ils se gavent sur notre dos .
    cordialement

  2. abel said
    on 26 juin 2009

    à 10 h 54 min

    Bonjour, merci à Montpellier Journal de nous donner une information aussi détaillée sur la teneur des échanges au sein du Conseil municipal. C’est une révolution médiatique dans le paysage montpelliérain. Bravo à J.O. Teyssier et à son courage un peu fou dans le contexte politico économique de ce marigo local des pouvoirs en place.
    Quant à cette histoire d’eau je me contenterais de rappeler le proverbe « méfions nous de l’eau qui dort ». Le « tout va très bien » de notre majorité municipale et de son ancien maire sur ce sujet sont « source » de lendemains qui risquent de déchanter. On commence à peine à s’en apercevoir.
    abel « Eausecours 34″

  3. Anonyme said
    on 28 juin 2009

    à 11 h 49 min

    Féche a raison concernant M.Roumégas voir ce qu’il a laisser faire au zoo,avec cette serre tropicale,ces lacs avec fuites car mal refaits et tout ça est alimenté par le raiseau d’eau potable,sans parler de ces blockhaus sans fenétres, sans isolations autrement dit super énergivores alors l’écologie à la Roumégas!!!!!!

  4. BORG said
    on 29 juin 2009

    à 11 h 45 min

    L’écologie à la Vézinhet est la solution finale pouir la planète.

    Dans les gorges de l’Hérault zone classée natura 2000
    Vézinhet il est allé à coup de dynamite de bulls de caterpillars pour un résultat nul.

    Il a fait fuir la faune notamment l’aigle de Bonelli du secteur.
    Massacré la faune cavernicole lors des essais de pompage de la source.
    Défigurer la ripisylve des berges de l’Hérault.
    Et goudronner la garrigue de l’Hérault. etc…

    Si c’est la politique du Conseil général de l’Hérault.
    Autant qu’on le supprime le département.
    Je suis désolé de constater que cette collectivité est une menace pour nos enfants et pour l’Humanité.

    NON AU POMPAGE A SCANDALE DE LA SOURCE CENTS -FONTS PRES DE ST GUILHEM LE DESERT.

    HUBERT BORG
    Guide-spéléo Professionnel
    carte N°03498ED0151

  5. Jacques-Olivier Teyssier said
    on 29 juin 2009

    à 12 h 02 min

    @Hubert Borg : comme vous semblez bégayer, j’ai supprimé vos deux premier commentaires. Les lecteurs de Montpellier journal sont suffisamment intelligents pour qu’on ne leur répète pas 3 fois la même chose.

    Si vous trouvez que votre dernier commentaire est incomplet, vous pouvez le compléter en en publiant un nouveau et je supprimerai le précédent.

  6. BORG said
    on 29 juin 2009

    à 16 h 50 min

    Mr Teyssier en effet j’ai préféré renouveler le bégaiement informatique qui est une forme de communication pour être certain que mon message puisse passer.

    Hélas je ne suis pas comptable du sous-développement du net dans mon village de St Guilhem le Désert.

    Je fais avec ce que j’ai du 512 qui marche bien mal.

    On pourrait se poser la question de savoir pourquoi aujourd’hui ce village est toujours pas raccordé au Haut débit ?
    Bien à vous Mr Teissier.

  7. Saint Guilhem said
    on 29 juin 2009

    à 16 h 56 min

    En effet Mr Teissier H.Borg a raison au sujet du sous-équipement du net dans les pays comme St Guilhem
    et cela est justement du ressort du Conseil Général de l’Hérault.
    Mais cette rupture d’égalité entre les citoyens s’agissant de la communication ne semble pas géner A.Vézinhet dans des zones rurales qui lui sont très hostiles et très virulents à son endroit.

  8. NON A LA CENSURE said
    on 9 juillet 2009

    à 22 h 25 min

    Mr Teissier je trouve dommage votre geste de censure à l’endroit de Hubert Borg.

    Cet activiste environnemental s’est largement illustré pour la Cause juste et efficace contre les prédateurs de l’environnement.
    J’aime bien votre site,aussi c’est aux lecteurs de juger s’il y a bégaiement de l’info.
    Je vous demande amicalement de restituer aux yeux de tous les écrits historiques de Hubert Borg.
    merçi d’avance!

  9. @Non à la censure : j’ai écrit à M. Borg : « Si vous trouvez que votre dernier commentaire est incomplet, vous pouvez le compléter en en publiant un nouveau et je supprimerai le précédent. »

    Et visiblement M. Borg n’a pas souhaité le faire. Peut-être pourrait-il nous dire ce qu’il en pense ?