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Le Dimanche 2 novembre 2008 à 19:26

Vélomagg' verts : un service sous-utilisé

Le logo de Vélomagg'Malgré d’indéniables qualités et une communication orientée vers un prétendu succès du système de vélos en libre service mis en place par l’agglo, celui-ci ne semble pas avoir décollé. Montpellier journal avance des explications.
« Le sondage à propos de Vélomagg’ : c’est gonflé ! » s’exclament les Verts de Montpellier dans un communiqué daté du 22 octobre. Plus modérés quand ils étaient dans la majorité municipale, les écologistes se lâchent contre la communication de l’agglo à propos d’une enquête de satisfaction sur le système de location de vélos. Car, selon eux, l’étude dont le résultat est publiée en une du magazine de l’agglo, Harmonie (n°255 octobre 2008) fait l’impasse sur les limites du système.

Les vélos de la station Vélomagg'des Beaux-arts ne bougent pas beaucoupProblème numéro 1, selon Christian Dupraz, interrogé par Montpellier journal : « Les vélos servent très peu. » Et le secrétaire des Verts de Montpellier de demander des chiffres d’utilisation station par station. Montpellier journal va même plus loin : les chiffres par vélo, sans doute disponibles compte tenu de l’informatisation du système, seraient fort utiles pour se faire une idée objective du taux d’utilisation du service automatisé. En attendant que TaM veuille bien les communiquer (1), d’autres indicateurs peuvent être étudiés. A commencer par la carte et la liste des vélos disponibles dans les stations, consultables sur le site de Vélomagg’. Même si, bien sûr, elles ne remplacent pas une étude sur une longue période avec des outils informatiques à partir des données fournies par les automates.

Que disent la carte et la liste ? Qu’il y a un maximum d’environ 180 vélos (ou plus exactement de clés dans les distributeurs) indiqués comme disponibles aux alentours de minuit. Et que dans une journée (non pluvieuse) il y en a toujours entre 120 et 150 qui attendent preneur. On arrive donc à un nombre total de vélos utilisables faible (180) et entre 30 et 60 bicyclettes en circulation dans la journée. Une autre évaluation peut se baser sur un chiffre fourni par l’agglo : « Depuis la mise en place des Vélostations automatiques, en février dernier, 25 500 locations ont été enregistrées dont 60 % aux stations automatiques. » (communiqué de presse, 07/07/08) Cela donne un nombre de location par vélo et par jour de 0,6 (2). En appliquant la même méthode aux chiffres de Vélib’, le système parisien équivalent, on obtient : 4,5 locations par vélo et par jour. 7 fois plus qu’à Montpellier !

Plusieurs raisons peuvent expliquer cela :

  • Le système initial a été mis en place dans un laps de temps très court en raison d’échéances électorales et d’appels d’offre infructueux. Conséquence : le système n’était pas abouti et donc peu pratique. Il était manuel, nécessitait de déposer une pièce d’identité, de ramener le vélo à l’endroit où l’on avait pris dans des plages horaires contraignantes. Il a ensuite subi des améliorations mais beaucoup de montpelliérains ont gardé l’image de départ d’autant que l’information du public ne suit pas ces évolutions. Montpellier journal tente de remédier à ce problème en listant les avantages et les inconvénients de Vélomagg’ et en fournissant un mode d’emploi du service.
  • Même s’il reste un des moins chers de France, Vélomagg’ est payant dès la première demi-heure. À Paris et à Lyon, celle-ci est gratuite.
  • La page Vélomagg' sur le site de TaMUn site Internet peu clair et qui ne valorise pas les qualités du système. En particulier, la tarification très avantageuse surtout pour des durées supérieures à 1/2 heure n’apparaît pas clairement sur le site. De plus il y a deux sites : celui des informations générales et celui de rechargement du compte/carte des stations.
  • TaM dispose de deux offres concurrentes : la location occasionnelle et manuelle (4h ou 8h) d’une bonne centaine de vélos verts pour les non abonnés et 600 vélos oranges en longue durée (3 à 12 mois). Cette dernière fonctionne d’ailleurs très bien et TaM a du mal à répondre à la demande, notamment des étudiants.
  • Le maillage hétérogène et insuffisant des stations notamment à l’ouest de l’Écusson dans un carré délimité au nord par la route de Ganges et au sud par l’avenue de Toulouse, limite le nombre d’utilisateurs potentiels. En gros, en dehors du tracé du tram et du centre, point de salut. Ou alors, on implante une station dans une commune de l’agglo pour faire plaisir à son maire sans qu’il y ait un vrai potentiel. Castries en est un bon exemple.
  • Un réseau de pistes cyclables médiocres qui attend, pour être amélioré, l’application par la municipalité du schéma directeur cyclable qu’elle a commandé et qui a été livré à la fin de la précédente mandature. Problème, la ville semble vouloir se hâter lentement.

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(1) Sollicitées, TaM et l’agglo n’ont pas donné suite à nos demandes de chiffres et d’entretien avec un élu.
(2) 60 % de 25 500 = 15 300 locations sur 5 mois et demi soit environ 150 jours. Ce qui donne 15 300 / 150 = 102 locations par jour. Si on considère qu’il y a 180 vélos aux stations, cela donne 102 / 180 = 0,6 location par vélo et par jour. S’il y a plus de vélos en circulation que Montpellier journal ne le pressent, ce chiffre diminue encore !
Pour Vélib’, la mairie de Paris annonçait le 2 juillet 2008 , 26 millions de location pour 16 000 Vélib’ soit 26 000/16 = 1625 locations par vélo et 1625/365 = 4,5 location par vélo et par jour.

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2 commentaire(s)

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  1. Vincent Bonnal said
    on 2 novembre 2008

    à 21 h 39 min

    Je reviens de Paris, j’étais à Lyon deux semaines avant… à Lyon, les vélo’v sont partout, et utilisés partout en permanence.

    A Paris, les Vélib, c’est déjà bien moins le cas à mon avis. La différence: la facilité de location, à Paris, il faut s’abonner annuellement, à Lyon, une simple CB sert de caution pour des locations courtes durées directement sur les bornes… même les touristes peuvent les utiliser. La différence est là, et ça se voit tout de suite dans les rues.
    Quand aux vélos montpelliéren, le système de location est à mille lieux d’être efficient, votre article suffit pour le faire comprendre…

  2. Aurel said
    on 4 novembre 2008

    à 15 h 46 min

    Euh pour Paris je les utilise souvent. Je ne peux pas dire si c’est mieux ou moins bien qu’à Lyon. Mais ce que je peux dire c’est que ce que vous dites est faux cher Vincent, à Paris la location pour une journée est possible (je ne fais que ça). Sans abonnement (abonnement journée en fait). Avec la carte directement à la borne.