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Le Dimanche 2 novembre 2008 à 18:45

Vélomagg' : pas si mal que ça

Vélomagg' à MontpellierAlors que les vélos verts sont sous-utilisés, Montpellier journal les a testés et liste les qualités et les défauts du service de location montpelliérain. Et rappelle que 12 heures d’utilisation peuvent ne coûter que 0,25 € !
Les Verts de Montpellier critiquent Vélomagg’ mais le connaissent mal. Exemple, dans leur communiqué du 22 octobre, ils écrivent : « Être obligé de passer quasiment systématiquement par une Vélostation semble absurde quand on parle d’un système qui devrait être automatisé pour être utilisable à toute heure ! » Le système est justement automatisé, utilisable à toute heure et on n’est pas obligé de passer par une Vélostation « manuelle ». Par ailleurs, en les interrogeant, Montpellier journal s’est rendu compte que Jean-Louis Roumégas, élu à la mairie, et Christian Dupraz, secrétaire du parti à Montpellier, ne connaissaient pas les tarifs du service. Nous ne sommes donc pas mécontents de combler ces lacunes en présentant avantages et inconvénients du système montpelliérain et aussi un mode d’emploi.


Les plus

  • L’abonnement est gratuit. À Paris il est de 1 € (1 jour), 5 € (7 jours) ou 29 € (1 an). À Lyon, il en coûte 5 € par an.
  • Les tarifs sont, pour l’instant, parmi les plus bas de France : 0,25 € de l’heure voire 0,25 € pour 12 heures quand on ramène le vélo à la station de départ. À Paris ou Lyon, la première demi-heure est certes gratuite, mais les prix des demi-heures suivantes sont élevés. Exemple : pour 3 heures à Montpellier, il en coûte maximum 0,75 € contre 15 € à Paris (sauf si on change de vélo toutes les demi-heures) ! Même si cela risque de poser des problèmes si Vélomagg’ rencontre le succès qu’il mérite, force est de reconnaître que, pour l’utilisateur, c’est génial.
  • Les horaires d’ouverture de l’agence centrale Vélomagg’ sont larges : 7 jours sur 7 et de 8h à 20h. Christian Dupraz nous a dit, en revanche, que des personnes y avait fait « une heure de queue ». Montpellier journal n’a pas été confronté à ce problème mais a observé parfois des files d’attente. « Une heure » paraît quand même exagérée.
  • Les vélos sont en bon état. Peut-être parce qu’ils sont peu utilisés. Sans doute aussi parce que l’équipe de maintenance est réputée compétente, même si de taille très réduite : environ une personne pour 600 vélos à Montpellier contre une pour 50 à Paris !
  • Le coût d’exploitation pour la collectivité est faible. D’après l’agglo (communiqué du 5/02/08), il serait de 700 € par vélo contre 2 à 3000 € en moyenne en France. À nouveau l’équipe de maintenance réduite n’y est sans doute pas pour rien. Mais aussi le niveau très faible de vols et de vandalisme. Selon Laurent Mercat, le prestataire qui a mis en place Vélomagg’, il n’y aurait eu, pour l’instant, que 12 vols sur 1200 vélos.
  • Le vélo pèse 5 kg de moins qu’à Paris ou à Lyon. Non négligeable surtout dans la rue de l’Université ou l’avenue de Lodève.
  • Il n’y a pas de problème lié à une chaîne puisqu’il s’agit d’une transmission à cardan. Les curieux peuvent aller voir une très jolie animation expliquant son fonctionnement.
  • Le poste de gonflage de la Vélostation gare de Vélomagg'Une station de gonflage est disponible à la Vélostation gare. D’autres devraient suivre.
  • Le vélo n’est pas lié au système. Cela permettra à la collectivité, si nécessaire, de mettre en concurrence des fournisseurs.
  • Géré par TaM, Vélomagg’ est un service qui ne dépend pas d’un opérateur publicitaire comme Decaux à Lyon ou à Paris. Cette situation est quasi-involontaire puisque, comme le souligne Jean-Louis Roumégas : « Les appels d’offre ont échoué. Au début ils [l'agglo, ndlr] ont essayé de vendre de la pub, Decaux n’a pas répondu, Clear Channel était trop gourmand. » L’agglo reste donc libre dans la gestion de ses espaces publicitaires. Par exemple dans le cas où elle déciderait de les réduire ou – on peut rêver – de les supprimer. N’oublions pas, par ailleurs, que Vélib’ n’est pas gratuit puisqu’il représente un manque à gagner en recettes publicitaires pour la ville de Paris. Voire une nécessité pour le consommateur de consommer pour que la pub soit rentable pour l’annonceur.


Les moins

  • Globalement le système est beaucoup moins « techno » qu’à Paris ou Lyon. Mais cela peut-être un avantage en coût de maintenance avec finalement assez peu de désagréments pour l’utilisateur.
  • On est loin du maillage de Vélibs qui propose une station tous les 300 mètres.
  • ll est nécessaire de passer une fois à la Vélostation centrale avec un RIB et un justificatif de domicile pour s’abonner. À Paris, on peut le faire avec sa carte de crédit directement à une station.
  • La documentation au dos du Totem Vélomagg' (photo : mj)Les utilisateurs potentiels et actuels sont mal informés. La documentation remise aux abonnés est incomplète. Les informations sur les Totems n’ont pas été mises à jour. Pire, lors de changement tarifaires (limitation à 12h au lieu de 24h), les abonnés ne sont pas prévenus. Raphaël, abonné depuis juillet et utilisateur très régulier, affirme ne pas avoir été informé des changements. Il trouve cela « scandaleux » et a d’ailleurs été prélevé de 10 € car il n’avait pas ramené un vélo dans les 12h. Et pour cause : il ne savait pas que la durée maximale de location n’était plus de 24h mais de 12h.
  • On ne choisit pas son vélo. Cela est compensé par leur bon état et la possibilité de rendre gratuitement une clé dans les 5 minutes si le vélo est défectueux ou absent.
  • L’antivol est un peu dur à utiliser la première fois mais le site Internet de TaM donne le mode d’emploi.
  • Il n’est pas possible de déverrouiller directement un vélo sur son point d’attache avec sa carte comme à Paris avec Navigo, la carte d’abonnement de la RATP.
  • Le nombre de vélos disponibles dans les stations n’est pas indiqué. C’est pourtant pratique en cas de station vide. Cette information est cependant disponible sur le site de Vélomagg’.
  • Il n’y a pas de chef de projet dédié à TaM. Beaucoup de problèmes viennent peut-être de là.


Velomagg’ en chiffres

Selon nos informations (non confirmées par TAM malgré nos sollicitations), il y a en théorie :
- 320 vélos verts courte durée louables via les automates ;
- 130 vélos verts courte durée pour location occasionnelles (contre pièce d’identité) ;
- 600 vélos oranges longue durée. Bordeaux en revendique 4 000. Il faut dire que dans la capitale aquitaine c’est gratuit.

En observant régulièrement la carte et la liste des stations, Montpellier journal s’est aperçu qu’il n’y a en réalité qu’environ 180 vélos (sur les 320) empruntables par automates. Ou alors, il y en a 170 qui sont empruntés après minuit. Peu probable. Reste une question : où sont passés les 140 autres ?

Montée en charge : l’agglo annonce « 2 000 vélos en 2009, 6 000 de plus d’ici 3 ans, 10 000 vélos en 6 ans ».

Coût d’investissement global (vélos, automates, etc) : 1,2 M€ (source : Laurent Mercat, Smoove )

Coût d’exploitation : environ 800 000 € / an (source : agglomération de Montpellier qui annonce 700 €/vélo contre 2 à 3000 € pour les systèmes de Paris et Lyon)

Coût d’un vélo : environ 300 € hors taxe, personnalisation Vélomagg’ comprise.

Nombre de stations : 50 37

Nouvelles stations prévues en 2009 (officieux) : place Carnot, hôtel de région et rue Foch (côté Peyrou).

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Un commentaire

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  1. NoNo said
    on 7 novembre 2008

    à 0 h 00 min

    Bravo pour ces articles vélo, très documentés et complets. Dans la capitale de l’Aquitaine, comme indiqué, c’est gratuit et aucune station n’empiète l’epsace public, encore plus chouette !, même si politiquement et pédiatiquement cela est plus dur pour faire un « coup » bien favorisé par JCDecaux et autres Clear Channel.
    Et vive la petite reine !