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Le Jeudi 16 février 2012 à 19:45

La langue de bois de l’UMP Arnaud Julien sur le référendum européen

Le candidat aux législatives sur la circonscription Montpellier – Frontignan (8e) a été mis face à ses contradictions et à celles de l’UMP ce matin sur France bleu Hérault : Nicolas Sarkozy veut un plus grand recours au référendum et pourtant, en 2005, il n’a pas tenu compte du vote populaire sur le Traité établissant une constitution pour l’Europe (TCE). Un grand moment de radio.

Arnaud Julien (UMP) en conseil municipal de Montpellier le 22 décembre 2008 (photo : J.-O. T.)Bien que la classe politique et médiatique ait largement fait campagne pour le « oui », les Français ont rejeté le Traité établissant une constitution pour l’Europe (TCE) le 29 mai 2005 avec près de 55 % des suffrages exprimés pour le « non ». En décembre 2007, les pays européens signent le traité de Lisbonne qui a été préparé pour pallier la non ratification du TCE par la France mais aussi par les Pays-Bas qui votèrent également pour le « non » à plus de 61 %. Les critiques du TCE portaient notamment sur le fait qu’il contenait des orientations politiques en faveur du libéralisme économique.

« Haute trahison »
Le traité de Lisbonne, bien que son contenu soit très proche du TCE, ne sera pas soumis à référendum en France. Le président Nicolas Sarkozy choisit de faire ratifier le traiter par le congrès (assemblée + sénat) réuni à Versailles. « Haute trahison », avait dit Anne-Marie Le Pourhiet, professeur de droit public. Résultat du vote du 4 février 2008 : 560 voix pour. Rappelons que le traité a  été adopté grâce notamment à l’abstention de 143 parlementaires socialistes mais aussi au vote favorable de 32 d’entre eux dont le député et président du conseil général de l’Hérault, André Vezinhet. De nombreux partis et mouvements politiques allant de l’extrême droite à l’extrême gauche avaient pourtant réclamé un référendum sur ce traité. Plusieurs sondages indiquaient d’ailleurs que les Français y étaient largement favorables. Peine perdue.

« Il ne faut pas avoir peur de la parole du peuple ! »
(Nicolas Sarkozy)

Ce petit rappel historique parce que la question du recours au référendum est revenue dans l’actualité par la voix de Nicolas Sarkozy. Hier soir sur TF1, le candidat a ainsi déclaré : « Il y a une France qui ne croit plus en rien. Et je me suis dit qu’il y avait une idée centrale dans les engagements pour mon deuxième quinquennat, s’ils me font confiance, c’est redonner la parole au peuple français par le référendum. Et j’ai proposé que ce premier référendum – parce qu’il ne faut pas avoir peur de la parole du peuple ! […] J’ajoute que par l’intermédiaire du référendum, ça sera une façon pour le peuple de France d’être comptable des engagements que je vais prendre. Et la certitude pour eux que les grands arbitrages en France seront tranchés par le peuple français. Pas dans un coin. » Savoureux.

« Oui non mais tout à fait… »
(Arnaud Julien)

Ce matin, Arnaud Julien, le président départemental de l’UMP et candidat aux législatives sur la 8e circonscription, était l’invité de France Bleu Hérault. Extraits :
Pierre-Jean Pluvy :
Vous êtes pour le référendum ? Il faut multiplier ces référendums ?
Arnaud Julien :
Exactement. Il faut donner la parole de nouveau aux Français. Les Français souvent se sentent un petit peu oubliés au moment des décisions et je pense que pour les grandes décisions importantes qui entraînent notre pays, il faut consulter les Français.
PJP :
Bon, en même temps quand on a fait le référendum sur Maastricht [en fait il s’agit du référendum de 2005 sur le TCE], les Français ont dit non et puis derrière les gouvernements ont fait le contraire donc euh…
AJ :
Oui non mais tout à fait [sic]…
PJP :
… on s’en arrange des référendums.
AJ :
… mais c’était une autre époque, un autre gouvernement et ensuite la volonté européenne…Aujourd’hui, la France seule, sans l’Europe, on serait encore plus en difficulté. Donc la construction européenne est un moment important et c’est vrai qu’il faut écouter les peuples. Mais enfin en tout cas le président de la république s’est exprimé clairement sur ce sujet-là : il faut promouvoir les référendums et lorsque nous avons des clivages importants comme on aurait pu le connaître dans notre pays, il faut passer par voie référendaire.
Écouter l’extrait :

Arnaud Julien a formellement raison : en février 2008, c’était une autre équipe qui gouvernait. Sauf que le premier ministre et le président de la République étaient les mêmes qu’aujourd’hui. De plus, si on comprend bien le candidat à la députation, « la construction européenne est un moment important et c’est vrai qu’il faut écouter les peuples » et aussi « pour les grandes décisions importantes qui entraînent notre pays, il faut consulter les Français ». Problème : c’est exactement ce qui n’a pas été fait pour le Traité de Lisbonne.

Pour l’instant il n’est pas question pour le candidat de consulter les Français, par exemple sur la sortie du nucléaire, la limitation des salaires ou la déréglementation financière. Non, Nicolas Sarkozy veut plutôt consulter les Français « pour qu’ils donnent leur opinion sur ce système d’indemnisation du chômage et sur la façon dont on doit considérer le travail et l’assistanat. » (Le Figaro magazine, 11/02) Une « grande décision importante », donc.

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Publié dans Politique. Mots clés : , .

Un commentaire

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  1. Simon said
    on 20 février 2012

    à 20 h 25 min

    Demain, le MES, Mécanisme Européen de Stabilité, sera adopté grâce à l’abstention du PS… Il ouvre la porte à la mise sous tutelle de la France par le FMI et la commission européenne, qui pourront exiger des plans de rigueur comme en Grèce en échange de toute aide financière, et est parti pour nous couter 142 milliards ! Là-dessus, pas de referendum, ils savent quelle serait la réponse ! Merci le aux socialistes et verts qui résisteront aux consignes.