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Le Mardi 5 octobre 2010 à 23:21

Gestion de l’eau à Montpellier : Frêche bétonne les instances de l’agglo

Depuis le 1er janvier, la compétence eau potable a été transférée à l’agglomération par les communes. Le président de l’agglo a refusé la présence de René Revol, maire (Parti de gauche) de Grabels et d’un élu communiste dans la commission de suivi des contrats de délégation du service public dont beaucoup ont été passés avec Veolia. Un dossier hautement sensible et aux enjeux financiers considérables.

Conseil de l'agglomération de Montpellier le 1er avril 2010 (photo archive : Mj)On attend de voir le procès verbal concernant le vote de cette délibération. Car il fut surréaliste. Le 28 septembre, le conseil d’agglo de Montpellier était amené à se prononcer sur la composition de « la commission de délégation de service public pour l’exploitation des services publics eau et assainissement ». Souvent arrangeant sur les compositions des commissions, d’autant plus qu’elles changent rarement quelque chose au rapport de force réel au sein des exécutifs qu’il préside, Georges Frêche, mardi dernier, ne lâche rien sur un dossier où des centaines de millions d’euros sont en jeu. Car il s’agit quand même de suivre tous les contrats de délégation de service public de l’eau des communes de l’agglo dont la plupart ont été passés avec Veolia.

« On n’est pas des loukoums »
René Revol (Parti de gauche) demande à faire partie de la commission. Le président de l’agglo pourrait proposer de retirer un nom et de mettre celui du maire de Grabels à la place. Il n’en fait rien. Et, fait sans précédent récent, la candidature de René Revol est considérée comme une candidature alternative tout comme celle de Hervé Martin (PC). Commentaire de l’élu de Grabels lors du conseil : « À partir du moment où il y a eu un appel à candidature, j’ai renvoyé la mienne pour être membre de cette commission. Personne ne m’a contacté et j’arrive ici ce soir et je vois que je constitue une liste alternative à la liste officielle. Il y aurait un peu plus de communication avec les maires, ça marcherait mieux. On n’est pas des loukoums. J’ai posé ma candidature pour faire partie de ce dossier sur lequel vous connaissez mon intérêt, ce n’est pas pour composer une liste alternative. »

Vient ensuite l’intervention de René Passet (PC) qui déclare : « Je crois que c’est la première fois qu’il y a ce type de vote. D’habitude le bureau de l’agglomération propose une liste complète. Je trouve ça d’ailleurs un travail tout à fait juste et bien du bureau d’agglomération. Je vous demande de reporter cette question au prochain conseil d’agglomération. Pour ma part, je ne participerai pas à un tel vote. » Réponse de Georges Frêche en chantant : « Passet par ci, Passet par là… » Puis : « J’ai beaucoup de plaisir à vous faire plaisir, vous le savez. Mais je suis obligé… »
Écouter le son :

De bons petits soldats
Puis un vote à main levée est organisé dans la plus grande confusion. Étonnant quand on sait, qu’en général, les conseillers d’agglo votent comme de bons petits soldats. Là, seules quelques mains se sont levées pour voter contre les candidatures Revol et Martin. On ne sait si ceci est lié à l’effet de surprise ou à une forme de rébellion passive des conseillers. En tout cas, il n’est pas sûr qu’il y ait eu plus de contre que de pour.

Devant autant de confusion, Christian Fina, le directeur général des services, assis à la gauche de Georges Frêche, se penche à plusieurs reprises vers le président pour, semble-t-il l’alerter sur les risques d’illégalité du vote. « Arrêtez M. Fina, je sais comment faire », lâche Georges Frêche. Michel Passet affirme, de son côté, que le vote aurait dû avoir lieu à bulletin secret et qu’il n’est pas valable. « Eh bien, vous n’avez qu’à aller au tribunal administratif, M. Passet », tranche le président.

« M. Revol, vous ne pourrez pas foutre le bordel ! »

Un autre échange sur le fond permet d’y voir un peu plus clair :
Georges Frêche : M. Revol, vous ne pourrez pas foutre le bordel !
René Revol : Ce n’est pas foutre le bordel.
Georges Frêche : Meuh M. Revol, je vous connais comme si je vous avais fait.
René Revol : Je me suis exprimé sur les questions de l’eau et d’assainissement lors des précédents conseils d’agglo. Ce sont des questions qui m’intéressaient. [...] Il a été décidé par quelqu’un – je ne sais pas qui – que ma candidature était alternative à la liste officielle. On ne m’a même pas contacté et donc ça veut dire qu’on ne veut pas que je participe à cette discussion.
Georges Frêche : Vous avez raison… vous raisonnez très intelligemment. On connaît votre position.
René Revol milite pour une gestion publique de l’eau.

« La question de la transparence des contrats »
Aujourd’hui, le maire de Grabels précise ses intentions à Montpellier journal : « La question qui est posée c’est la transparence de ces contrats. » Et de l’illustrer par une autre délibération. Dans un communiqué diffusé la semaine dernière, l’élu déclare : « L’affaire 37 qui fait une synthèse sur le prix et le service public d’assainissement pour l’année 2009 a été votée en refusant tout débat.  Cette synthèse est très vague et se contente de considérations techniques et de généralités. Quels ont été les excédents dégagés par les 14 contrats d’affermage ? Les marchés de travaux et de services confiés en externe par les fermiers ont-ils été attribués à des entreprises indépendantes du fermier ? Leur bonne exécution contrôlée ? Bref les élus se sont prononcés sans avoir la moindre réponse. À défaut de l’avoir dans l’assemblée, je compte bien initier un débat public sur l’agglomération concernant la gestion de l’eau et de l’assainissement. » Et de citer l’exemple du travail effectué par Nathalie Medeiros, élue (Verts) au conseil municipal. Avec le succès limité qu’on sait. Car à l’agglo comme à la mairie, il n’est pas sûr qu’il y ait une réelle volonté politique des conseillers de faire toute la transparence sur la gestion de Veolia. Et même du côté des élus communistes qui en 1989 s’étaient abstenus sur le vote du transfert de la gestion à la Compagnie générale des eaux (aujourd’hui Veolia). Une autre époque ? L’avenir le dira.

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Un commentaire

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  1. Aguirre said
    on 10 octobre 2010

    à 23 h 46 min

    Véolia…Agrexco….Georges Frêche ou l’art de servir les multinationales sur le dos des habitants du Languedoc Roussillon. Dans cette région, une majorité de con comme dit Frêche….et de masochiste.