La chaîne locale de Montpellier a perdu 1,7 M€ en 2008. Télé miroir, sa collègue nîmoise, est sur le point de la racheter. La participation de la collectivité présidée par Georges Frêche aurait été sollicitée.
1,7 million d’euros. C’est le montant des pertes de la télé locale de Montpellier en 2008. On ne connaît pas encore les résultats 2009 de 7L TV, propriété (à 90 %) du groupe NRJ mais il y a peu de chances qu’ils soient beaucoup plus reluisants. Du coup, la chaîne est à vendre. Télé miroir, sa collègue nîmoise (groupe Médias du sud) est sur les rangs. Mais du côté du vendeur et de l’acheteur c’est silence… télé.
Télé miroir « quasi à l’équilibre en 2010″
Selon Satellifast (22/07/09, p6) citant Pierre-Paul Castelli, un des deux dirigeants de la chaîne, Télé miroir « devrait être quasi à l’équilibre en 2010″. Le chiffre d’affaires publicitaire était annoncé à 900 000 € alors que l’équilibre se situerait à un peu plus d’un million d’euros. L’ordre de grandeur de ces chiffres a été confirmé à Montpellier journal par Télé miroir. Du côté de 7L, ce n’est pas la même histoire : 1,7 M€ de pertes donc pour un chiffre d’affaires de… 227 000 € (source : infogreffe.fr) ! [Maj le 2/05 à 17h20 : Télé miroir a commencé à émettre sur le réseau câblé nîmois en 1996. Le démarrage sur le réseau hertzien date de 2005. Quant à 7L TV, elle a commencé à émettre en 2007. ]
Du coup, à en croire Objectif Languedoc-Roussillon (26/04), Télé miroir se serait tournée vers la région pour solliciter une participation financière. Ceci semble tout à fait possible car le 14 mars, lors de la soirée électorale sur la chaîne montpelliéraine, Georges Frêche semblait bien au fait du dossier et déclarait à l’antenne : « J’espère que vous allez nous rester, 7L TV. On me dit que les Nîmois veulent vous racheter. J’espère que ce n’est pas… [...] C’est une rumeur ? Très bien mes amis ! Eh ben je suis ravi, vous me rassurez. »
Moyen de pression sur les rédactions
Le financement des télés locales par le service public n’est pas forcément à rejeter. Roland Husson, de la direction générale des médias (Dgm, ministère de la culture) se déclarait récemment « convaincu que la participation des collectivités locales se révélera capitale » dans le financement des télés locales (localtis.info, 26/04). Le problème c’est le moyen de pression sur les rédactions que cela peut présenter pour un exécutif. On l’observe au niveau national avec les télévisions et les radios publiques.
Localement, la personnalité de Georges Frêche et sa façon de faire pression sur les médias qui lui déplaisent, n’incitent pas à un grand optimisme. La Direction du développement des médias, dans un rapport de 2003 sur les « perspectives de développement pour les télévisions locales », écrivait (p45) : « Il serait souhaitable que le financement public prenne la forme d’un contrat pluriannuel, dans lequel les sommes allouées ne dépendraient ni du calendrier électoral, ni de la nature des programmes. » On peut rêver. Plus récemment, la Dgm a lancé « une étude sur les conditions de réussite de la télévision locale en France » dont les résultats sont attendus au début de l’été 2010.
« Ligne éditoriale »
Quant aux salariés de 7L, suite aux rumeurs de rachat, ils ont réagi hier en diffusant un communiqué où ils « tiennent à réaffirmer leur motivation et leur foi en ce projet [de télé locale]. Ils resteront extrêmement vigilants quant au maintien des emplois, à la ligne éditoriale, à la qualité de l’antenne et à l’image générale de la chaîne ».
Du côté de Midi Libre, candidat malheureux à la fréquence montpelliéraine en 2004, on aurait déclaré à Objectif Languedoc-Roussillon : « Nous ne croyons pas à ce modèle d’une télé locale fortement subventionné par une collectivité territoriale. » Le groupe de presse croirait-il plus à un subventionnement détourné par le biais de la publicité, des annonces légales et des achats en nombre des collectivités ? En tout cas il en bénéficie largement avec les conséquences éditoriales que l’on connaît.
► Lire aussi :
- « Une collectivité n’a pas vocation à être actionnaire d’une chaine privée » (LibéLyon)
- Oui Midi Libre a bien roulé pour Georges Frêche
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4 commentaire(s)
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à 14 h 17 min
Il serait intéressant de savoir pourquoi la chaîne nimoîse s’en sort relativement alors que celle de Montpellier fait un résultat catastrophique.
à 17 h 23 min
C’est une autre enquête que je n’ai pas prévu de mener pour l’instant. Une info que je viens de rajouter : Télé miroir est plus ancienne que 7L TV.
à 18 h 53 min
Cher Montpellier journal,
Je suis étonné qu’un média aussi pertinent que le votre n’explique pas que 7L tv a été lancé en Juin 2007 et que faire état, d’un chiffre d’affaire « peu reluisant » pour 2008, releve soit de la mauvaise fois soit de l’ignorance du sujet traité.
Les chaines locales n’ont pas encore trouvé leur modèle économique, c’est certain mais c’est oublié qu’une telle entreprise s’appuie sur un business plan qui prévoit des pertes. Sur ce type d’entreprise de média, l’équilibre est en général prévu après 5 ans d’exercice. 7L tv entame son année 2,le jugement est peut être un rapide ?…Je ne reconnais pas la puissance d’analyse habituelle de Montpellier journal qui je n’en doute pas est à l’équilibre depuis de nombreuses années, n’est ce pas ?
Par ailleurs, vous expliquez avoir consulté infogreffe pour connaître les comptes de 7L tv, un vrai signe de transparence, les comptes de Montpellier journal sont ils eux aussi accessibles sur Infogreffe pour plus de transparence ?
Bien à vous.
à 11 h 04 min
@Laban : c’était une erreur de ne pas mentionner la date de lancement de 7L. Je l’ai corrigée le 2 mai (voir la mise à jour à la fin du 2e paragraphe). De plus, ce n’était pas le sujet principal de mon article de parler de la santé financière de 7L (voir mon commentaire juste au dessus du votre). La question de la participation de la région me paraît beaucoup plus préoccupante.
Ceci dit, si le business plan de 7L est public, je serais ravi de le consulter et le comparer aux résultats obtenus.
C’est méconnaître Montpellier journal que de lui faire un procès en absence de transparence. Je publie régulièrement (et tous les mois depuis début 2010) le montant des dons collectés (environ 10 000 € en 16 mois). Et moi, j’annonce mes objectifs et publie les résultats obtenus. Du côté des coûts, ce sont quelques milliers d’euros de téléphone, de matériel et d’hébergement. Et bientôt sans doute un contrat aidé (quelques centaines d’euros par mois). Mais j’ai déjà expliqué tout ça. Pour en savoir plus, consulter tous les articles sur Montpellier journal : http://www.montpellier-journal.fr/tag/montpellier-journal
Concernant 7L, ce n’est pas « un vrai signe de transparence », c’est une obligation légale pour une entreprise de déposer ses comptes. En tout cas vous me flattez en comparant Montpellier journal à une entreprise comme 7L qui a budget sans doute bien supérieur au million d’euro. Mais peut-être devrais-je réfléchir à la racheter ?