Seulement 23 jours après l’élection, leur mise en place est déjà décalée.
Pour donner à la séance très administrative du conseil régional du 13 avril, « une coloration plus politique », Georges Frêche décide de prononcer un discours pour rappeler « brièvement le programme de la liste qui a eu le plus grand nombre de voix et qui sera le programme de cette assemblée pour les quatre ans qui viennent ». Problème, 23 jours seulement après son élection, le calendrier des deux promesses phares du programme a bougé.
« Plutôt à la rentrée 2011″
Le 26 janvier, le candidat Frêche annonçait qu’il comptait « équiper les lycéens et les apprentis d’un ordinateur portable dès 2010″. Et mardi, le président du Languedoc-Roussillon déclare à propos de cette mesure : « Je pense qu’il y a trois chances sur quatre que ce soit à la rentrée 2010 mais vous savez qu’il y a un certain nombre de problèmes et donc il y a aussi de bonnes chances que ce soit plutôt à la rentrée 2011 pour que nous ayons le temps de coordonner nos actions. Donc je dirais pour être clair : équiper les lycéens et les apprentis d’un ordinateur portable, dès la rentrée 2011, si possible avant. »
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On n’en saura pas plus sur ce « certain nombre de problèmes » qui avait dû échapper au président-candidat pourtant aux manettes depuis 2004 et qui devait donc manquer d’information sur la mise en place d’une telle mesure mais aussi de moyens pour la faire étudier. [Mise à jour le 21/04 à 11h10 : Georges Frêche a déclaré à L'Indépendant (21/04) que ce décalage d'un an était pour avoir "le temps de discuter avec les professeurs de son utilisation pédagogique".]
« Plus difficile à faire qu’à dire »
Sur le TER à 1€, on n’est même plus dans la prudence dans le calendrier mais carrément dans un étalement. Ainsi, alors que la mise en place de la mesure avait été annoncée, pendant la campagne, pour le 1er janvier 2011 sans plus de restriction, Georges Frêche déclare le 13 avril : « Ça sera plus difficile à faire qu’à dire parce qu’actuellement, les TER neufs que M. Gayssot [ancien vice-président en charge des transports] a mis en place, sont assez largement remplis. Donc si nous mettons le TER à 1€, il peut y avoir une énorme croissance de la demande et donc il faut nous préparer et faire ça par palier sur les quatre ans qui viennent. »
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À nouveau, ce n’est pas de chance. Georges Frêche n’avait sans doute pas été informé par ses équipes des difficultés inhérentes à la mise en place d’une telle mesure. Ou plutôt il n’avait pas tiré les conséquences des problèmes qu’il avait identifiés. En effet, il déclarait le 16 février : « Nous comptons multiplier par 3 ou 4 minimum l’utilisation des TER et donc faire une fantastique croissance des TER. »
Ajoutons à cela que ces deux promesses étaient présentées comme des mesures de gauche par Georges Frêche mais aussi par Jean-Claude Gayssot, communiste dissident du PCF. Alors que, on l’a vu, elles ne le sont pas puisqu’elles touchent toute la population sans condition de revenus.
Samedi, le président de région signait une tribune dans l’hebdomadaire Marianne titrée « La France étouffe » et dans laquelle il écrivait notamment : « Avant qu’un tsunami social n’emporte notre pays, il est l’heure de se retrouver pour un nouveau serment du Jeu de Paume « où les représentants du peuple jurèrent de ne point se séparer qu’ils n’eussent donné à la France » une nouvelle espérance. Pour à nouveau pouvoir redire que les hommes politiques « ont tenu parole ». » Mais Georges Frêche ne dit pas dans sa tribune s’il se considère comme un homme politique.
Photo : en conseil régional du Languedoc-Roussillon le 13 avril 2010 (Mj)
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