Montpellier journal balaye les différentes options qui s’offrent aux électeurs des listes de gauche non qualifiées au second tour des régionales prévu dimanche. Un outil d’aide à la réflexion pour ceux dont le vote n’est pas encore décidé. Qui va jusqu’à envisager un vote de droite pour les électeurs des listes Mandroux, Revol et Roumégas.
Plus de 225 000 personnes du Languedoc-Roussillon, vont se demander pour qui voter dimanche. Il s’agit des électeurs qui ont voté Mandroux, Revol ou Roumégas au premier tour car ces listes n’ont pas été qualifiées pour le second tour. Bien sûr, pour ceux qui vont voter pour sanctionner la politique de la majorité gouvernementale et du président de la république, la réponse est plus simple : ils ne voteront pas pour la liste UMP de Raymond Couderc. Pour les autres, c’est-à-dire ceux qui vont voter comme les 47 % pour qui « exprimer [leur] opinion sur l’action de Nicolas Sarkozy et de son gouvernement n’a pas été l’essentiel » au premier tour (1), la question du vote Couderc se pose. Et encore seulement pour ceux qui ne considèrent pas que voter UMP est un tabou.
Badinter : « Le minimum, c’est l’abstention »
Le vote UMP, aucun des trois têtes de liste ne l’a évoqué. Hélène Mandroux a même appelé à « faire barrage à la droite et à l’extrême droite ». Tous les trois, ne donnant, par ailleurs, aucune « consigne de vote ». Daniel Cohn-Bendit (Europe écologie), a quant à lui, appelé à voter blanc ou s’abstenir (LCI, 14/03). Robert Badinter, le ministre de la justice de François Mitterrand, déclarait (Europe 1, 1/02, à la fin), qu’en cas de duel Frêche-UMP, « le minimum, c’est l’abstention ».
Seul Jean-Luc Bonnet (liste Mandroux, sans étiquette) a osé transgresser le tabou du vote UMP affirmant : « Mieux vaut un honnête homme de droite à un aventurier populiste qui n’a rien de gauche, tel que Georges Frèche. » Couderc est-il un « honnête homme » ? interrogent immédiatement certains. En rappelant l’élection de Jacques Blanc à la présidence de la région en 1998 avec les voix du Front national alors que Raymond Couderc faisait partie de l’équipe de l’ancien président de région. Ou encore, par exemple, le refus du maire de Béziers de scolariser des enfants rom.
Propos simplificateurs et stigmatisants
Sur ce deuxième point précis, on l’a vu, Georges Frêche n’a rien à envier à Raymond Couderc. En effet, il déclarait, en 2005, à propos des Roumains qui « quêtent aux carrefours » : « Moi, ce qui me fait râler, c’est que vous avez des gens qui sont au Smic, qui partent le matin, qui prennent leur sac sur le dos et qui vont travailler, qui gagnent moins que d’autres qui tirent tous les avantages, les gratuités diverses et qui, en travaillant au noir, gagnent plus que les gens qui travaillent au Smic et qui, en plus, se foutent de leur gueule. » Les propos du président de région sont certes anciens (2005) mais ils sont dans la même veine que ceux de Nicolas Sarkozy opposant « la France qui se lève tôt » à une prétendue population d’assistés. Simplificateurs et stigmatisants. Sans parler de la dimension ethnique des propos. Un bon moyen de draguer l’électorat du Front national. Sauf que, dans ce domaine, il est aussi passé aux actes en prenant, lorsqu’il était maire, un arrêté dit anti-mendicité (2). Celui-ci, l’été venant, continue d’ailleurs d’être pris, il faut le souligner, par Hélène Mandroux qui lui a succédé à l’hôtel de ville.
Pourtant, avant, peu de personnes n’osaient dire que Georges Frêche menait dans certains domaines, une politique de droite. En revanche, ces derniers mois, les trois principales têtes de liste de gauche n’ont cessé de dire dans la campagne : « Georges Frêche ne représente plus la gauche. » Certes. Mais sa politique régionale est-elle au moins de gauche ? Un des exemples qui revient souvent, c’est par exemple la gratuité des livres scolaires. C’est pas une mesure de gauche ça ? lancent les partisans de la majorité sortante. Pour en juger, il faut peut-être se demander ce qui fait une politique de gauche.
« Être de gauche »
Emmanuel Négrier, directeur de recherche CNRS au Cepel à Montpellier, nous éclaire : « Être de gauche – en tout cas en France et depuis longtemps – c’est croire en l’action publique comme un moyen de résoudre un certain nombre de problèmes que l’action privée génère, comme les inégalités. C’est d’autant plus important qu’on est dans une région qui connaît un des écarts les plus violents entre les riches et les pauvres. De manière complémentaire, c’est croire que l’espace vécu – les réserves foncières, l’espace naturel – doit être le moins possible accaparé par les intérêts privés. »
Conclusion du chercheur : « Dans la logique d’équité sociale, une politique de gauche tient compte, autant que faire se peut, des ressources des citoyens dans la proportionnalité des politiques qui leur sont adressées. Ce qu’on peut appeler, jusqu’à un certain point, la discrimination positive. À ce titre, la gratuité des livres scolaires est une mesure de droite. Comme l’ordinateur portable ou le TER à 1€. » Ce serait bien sûr différent si la région offrait un cartable numérique sous condition de ressources. En revanche, « la politique foncière du conseil régional qui se met en place, est une mesure de gauche ». Problème, les premières n’ont pas été reprises par Raymond Couderc. De plus, son programme prévoit explicitement de recourir à l’Établissement foncier régional créé par la précédente majorité.
Mesure de droite
Force est d’ailleurs de constater que le programme de Raymond Couderc comporte peu de mesures marquées à droite. Si ce n’est, comme le souligne Emmanuel Négrier, ses déclarations répétées visant à refuser le « matraquage fiscal ». Tout en ayant été obligé « lui qui est de droite, de recourir à une fiscalité additionnelle » à l’agglo de Béziers. Autre mesure de droite du candidat Couderc : la généralisation de la vidéosurveillance dans les lycées, les TER et les gares. Georges Frêche va moins loin dans ce domaine puisqu’il ne préconise la vidéosurveillance dans les lycées que sur demande des chefs d’établissements. En même temps, c’est aussi lui qui l’a introduite à Montpellier où une bonne centaine de caméras (sans compter celles de Tam) sont aujourd’hui installées.
De manière plus générale, « les compétences de la région portent sur les lycées, les transports collectifs et bien sûr la formation. Elles portent aussi, de manière moins exclusive, sur la culture où le bilan du mandat est celui d’une implication croissante de la région. L’investissement dans ce domaine (et notamment dans le spectacle vivant) est souvent, de manière certes un peu rapide, assimilé à une orientation à gauche des exécutifs régionaux, explique Emmanuel Négrier. Quand une région est active dans ces domaines, elle l’est dans les domaines de la régulation par l’action publique d’un marché privé. Frêche a-t-il été inerte sur ces sujets ? Non. » Question de Montpellier journal : la Corse ou l’Alsace, région UMP, l’ont-elles été ? Réponse : « Non, plus. »
« Marge de manœuvre effective des conseils régionaux »
Reste aussi la question de l’impact réel de l’exécutif sur la politique régionale. Il y a bien sûr « la nature de la région dans laquelle il intervient ». De plus, « une politique régionale est définie par des cadres professionnels. Selon des logiques professionnelles. Il peut y avoir des orientations politiques mais elles interviennent dans un univers de contraintes aux normes professionnelles, à la matérialité des compétences, aux équilibres financiers et à la marge de manoeuvre effective des conseils régionaux. Celle-ci a été estimée à 9 % des budgets jusqu’à la réforme de fin 2009 et, dans les quatre ans qui viennent, on sait que la rigueur gouvernementale va s’abattre sur les conseils régionaux. Les autres 91 % sont liés à des compétences obligatoires où la région ne peut pas vraiment intervenir. »
Les autres éléments qui pourraient intervenir dans le choix des électeurs, tiennent plus à la manière dont les anti-Frêche voient la gouvernance et le système Frêche à la région et dans certaines fédérations socialistes. Très critiques sur ces aspects, ils pourraient considérer le vote de dimanche comme un moyen d’affaiblir, pour ne pas dire tuer politiquement, le président de région par une défaite. Sauf que cette option est très improbable au vu du score du premier tour. Reste le renforcement de l’opposition à l’équipe Frêche au sein du conseil régional par un plus grand nombre de sièges pour la liste Couderc. Ce renforcement ne serait sans doute pas inutile à la démocratie d’autant qu’il n’y aura plus d’élus Verts pour faire entendre une voix discordante dans l’hémicycle en plus de celle de la droite. Spartacus, un des commentateurs de Montpellier journal, écrit d’ailleurs : « On peut avoir voté Chirac pour réduire Le Pen. On peut voter Couderc pour réduire Frêche. »
Rapport de force droite-gauche
Ce n’est sans doute pas un hasard si les élus communistes dissidents de la liste Frêche multiplient les appels à ne pas s’abstenir. À l’image de Jean-Claude Gayssot qui déclarait, hier soir sur France 3 (vers 12′) : « Combien y aura-t-il d’élus du Front national, de Raymond Couderc, dimanche soir ? [...] Ne vous abstenez pas. Demain, le rapport de force va se juger. Et pas simplement au niveau de la région. Même dans chaque canton, ville et département. » Évidemment, si c’est du rapport de force droite-gauche dont il est question, comme l’indique Jean-Claude Gayssot, l’argument est recevable. En revanche, s’il s’agit de renforcer le système Frêche face aux autres partis, l’argument risque d’être moins audible pour les électeurs anti-Frêche.
Autre option : l’abstention et le vote blanc ou nul. Le deuxième étant plus identifiable que le premier car s’il est fort, on pourra évaluer la masse de personnes ayant fait l’effort de se déplacer. Alors que les abstentionnistes seront mélangés avec les indifférents, les pêcheurs, etc. De plus, analyse Emmanuel Négrier, « s’abstenir n’a pas de sens voire tromper le monde en disant comme Couderc que les abstentionnistes sont des électeurs de l’UMP qui ne sont pas déplacés (3)« . Le vote blanc ou nul serait, dans le cas de cette élection, plus identifiable car il y a peu de chance qu’il y ait beaucoup d’électeurs de droite qui se déplacent pour voter blanc (sans majuscule). Enfin, combien de personnes se seront posé autant de questions que celles listées ci-dessus avant de déposer leur bulletin dans l’urne ?
► Lire aussi :
- « Il n’y a pas de fatalité à ce que cette région soit toujours la dernière » (meeting de la liste Couderc)
- « Ne comptez pas sur moi pour prendre ma retraite » (meeting de la liste Frêche)
- « La population est dépossédée de son pouvoir » (interview de trois militants anarchistes)
- Frêche n’est pas « Merlin l’enchanteur » mais aimerait bien nous le faire croire (bilan économique)
- Le bilan de l’équipe Frêche sur les trains régionaux est-il si merveilleux ?
- Languedoc-Roussillon : « L’excellence environnementale » ?
- Environnement : la région a-t-elle raté son Agenda 21 ?
- Frêche continue dans l’enfumage et les journalistes le laissent dire
- Couderc très compréhensif envers les propos de Bussereau sur les Harkis
- Jean-Jacques Pons : le drôle de candidat de Raymond Couderc
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______________
(1) Sondage Opinionway du 14 mars, p23.
(2) Lire « Arrêté dit « anti-mendicité » : faire place propre aux touristes » (l’Accroche n°11)
(3) D’autant que le sondage Opinionway du 14 mars semble démonter cette thèse. Selon l’institut, dimanche dernier, les abstentionnistes se disaient à 39 % sympathisants de gauche contre 43 % de la droite. Il y a un écart mais il est loin d’expliquer le score.



27 commentaire(s)
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à 21 h 08 min
J’ai voté pour la liste Révol au premier tour. Je ne suis militant d’aucun parti mais depuis de nombreuses années je considère GF comme n’étant pas socialiste et étant un personnage nuisible pour la démocratie. Dans le cadre des élections régionales , jai estimé que René Révol avait la capacité de fédérer au deuxième tour un front allant des électeurs socialistes hostiles à Frêche aux électeurs du PC sans écarter la large mouvance écologique. A titre personnel j’ai fait une campagne visant à éviter la réélection de GF en incitant mes mes amis et tout interlocuteur à voter pour la liste Révol ou la liste Roumégas selon leur sensibilité.
Au deuxième tour l’idée de voter Couderc ne m’a même pas effleuré et je voterai nul : je barrerai le bulletin Frêche et j’ajouterai un court commentaire.
.
à 22 h 06 min
Bien travaillé.
Je réponds à votre question de savoir combien de personnes se sont posés toutes ces questions : moi, oui, et je pense beaucoup d’autres.
Merci d’avoir donné des pistes cohérentes pour l’évaluation des options disponibles.
Reste maintenant la question de savoir ce qu’est exactement un vote blanc (à pas confondre avec un vote nul). J’ai un peu cherché et je n’ai pas trouvé une réponse unique.
Le site du Conseil Constitutionnel mentionne : « une jurisprudence constante considère comme valablement exprimé un suffrage qui se traduit par la présence dans une même enveloppe de scrutin de plusieurs bulletins identiques ».
Et, d’autre part encore, des sites d’associations conseillent de mettre une feuille blanche de la même dimension à la place du bulletin de vote (mais ne connaissant pas le format à l’avance, il faudra améner des ciseaux, ce qui n’est peut-être pas très bien vu dans un siège éléctoral…).
Malgré ces difficultés, le vote blanc est estimé s’approcher du seuil du 5% (meilleure estimation trouvée : A. Zulfikarpasic « Le vote blanc : abstention civique ou expression politique ? », Revue française de science politique 1/2001 (Vol. 51), p. 247-268.)
(C’est quand-même un peu le désert sur l’internet à ce sujet, ce qui est toujours un peu suspect quand on connaît l’internet).
Pour terminer: sachant que sur 100 citoyens en age de voter; il y a à peu près 8% de non inscrits, et si on suppose qu’au deuxième tour il y a le même taux d’abstention (53,6%) et 5% de votes blancs ou nuls, et que le gagnant reçoit le 55% de suffrages, cela fait 25,7 suffrages sur 100 personnes ayant le droit de voter. Ce qui, pour des raisons multiples mais souvent pas anodines, laisse « dehors » 74,2 personnes sur 100.
A réflechir.
à 22 h 36 min
@SuperVario : compte tenu du fait que les bulletins blancs et les nuls ne sont pas comptabilisés séparément, pour l’instant, il suffit soit de ne rien mettre dans l’enveloppe soit de gribouiller sur un bulletin existant. Le résultat sera le même.
à 22 h 44 min
Si M. Frêche a inauguré les arrêtés anti-mendicité, son collègue M. Couderc l’a rejoint un an après son élection, en signant un arrêté similaire en juin 1996.
D’autre part, j’ai beaucoup de mal à distinguer la politique au niveau régional, de la politique au niveau nationale, et il me semble que le sénateur Couderc vote les lois de sa formation politique.
Difficile alors de se plaindre de l’augmentation des impôts régionaux quand c’est bien l’UMP, avec la loi de décentralisation de 2005 – même s’il n’était pas alors, effectivement, sénateur) qui a provoqué, sans réelle compensation, le doublement de la masse salariale régionale (essentiellement avec le passage des ouvriers et techniciens de l’Education Nationale à la région).
Le travail est maintenant fait (augmentation), et donc M. Couderc a beau jeu de dire qu’il n’augmenterait pas les impôts. Dirait-il la même chose comme président de Conseil Général?
Sur le même sujet, une remarque: la décentralisation a permis à l’état de baisser les impôts sur le revenu (relativement justes et progressifs), pour augmenter les impôts locaux (beaucoup plus injustes car avec peu de progressivité et d’exonérations – sauf pour les très pauvres, les très riches et les entreprises) de manière importante.
Dans « sa » ville et « son » agglo, pour réaliser les projets qui lui tiennent à coeur, il n’a pas hésité à augmenter cette année de plus de 14% les impôts locaux (injustes, donc), alors qu’il avait promis, un an avant, qu’il ne les augmenterait pas…
(voir http://bezierspcf.centerblog.net/6578466-imp-ts-locaux-b-ziers-encore-plus ).
Promesses, promesses…
Je crains enfin, que si M. Couderc montre tant d’empressement à faire des lois sur les Harkis ou les rapatriés d’Algérie, s’il participe au groupe parlementaire sur la tauromachie, c’est plus pour les enjeux politiciens locaux que par réelle conviction (mais je n’ai pas de preuves, ce n’est qu’une crainte).
Bref, tout cela pour dire qu’il est plus que probable que je rejoindrai dimanche Erwan dans sa démarche…
Merci toutefois à Montpellier Journal de lancer ce débat (un brin provocateur il me semble), et de rappeler par là même des frasques frêchistes oubliées.
à 22 h 49 min
@Phil Ogm : si Montpellier journal ne provoque pas, qui le fera ?
Ceci dit, la paternité du lancement du débat revient, au minimum, à Jean-Luc Bonnet.
à 23 h 39 min
Superbe papier de JOT !!!
Je pense malheureusement qu’il suppose un effort intellectuel que bien peu de gens auront envie de faire.
Il faudrait d’ailleurs qu’il soit largement médiatisé d’ici samedi prochain pour toucher les électeurs. Je vois mal ML et les autres grands médias régionaux se lancer dans l’aventure. Mais peut-être je me trompe.
En tout cas, cela a fait évoluer ma position : il vaut en effet voter blanc (voire Couderc) que s’abstenir, l’objectif étant de rééquilibrer les pouvoirs au sein de l’exécutif régional. Toute démocratie a besoin d’un contre-pouvoir, surtout quand celui qui le détient s’appelle GF, en fin de carrière politique de surcroît.
En 2004, j’avais voté GF en conscience, en considérant notamment que la double présidence Agglo de Montpellier, Conseil Régional, donnerait une plus grande cohérence et une plus grande efficacité dans la conduite des politiques publiques locales.
J’ai vite basculé dans le doute et l’interrogation, avant de me rendre compte progressivement, à travers mon quotidien privé et professionnel, à quel point je m’étais trompé. J’avais voté pour un autocrate qui profitait de sa double casquette et des budgets qu’il gérait pour faire le vide autour de lui, consolider son réseau d’obligés, tout en mettant en œuvre une politique que je considère comme étant de droite.
Sur ce dernier point, l’interview d’Emmanuel Négrier, qui est une autorité scientifique dans le domaine des politiques publiques, est extrêmement important dans le papier de JOT. Il montre par exemple que le cas de la gratuité des manuels scolaires, toujours mis en avant comme une politique de gauche par les défenseurs de Frêche, relève en fait d’une politique de droite, car ne réduisant pas les écarts entre les plus démunis et les plus aisés dans notre région. La raison étant l’absence de conditions d’attribution liés aux revenus des familles.
Sur l’établissement public foncier régional (EPFR), je serais par contre beaucoup plus réservé que JOT et E. Négrier. Le foncier est le pétrole du LR (en plus du soleil et de la mer, les 3 étant liés).
A mon avis, l’EPF n’est qu’un emplâtre sur une jambe de bois et cache une réalité complexe. Les promoteurs locaux étaient très demandeurs d’un EPF car cela les soulagera dans leur travail de prospection de nouveaux terrains et leur permettra d’en disposer à meilleur prix (le différentiel d’achat étant assuré par la Région, c’est à dire nos impôts). Mais rien ne dit comment se fera la répartition de la plus-value immobilière. J’ai bien peur qu’on se rende compte dans quelques années qu’on aura collectivisé les coûts et privatisé les bénéfices.
Une vraie politique foncière de gauche devrait être beaucoup plus ambitieuse, comme par exemple :
1) rendre définitivement inconstructible les meilleures terres agricoles par un nouveau zonage dans les SCOT et dans les PLU de chaque commune.
C’est une question de sécurité alimentaire (assez de volumes produits localement pour nous nourrir), de santé publique (produits dont la qualité est traçable et accessibles aux revenus les plus modestes), d’économie sociale et solidaire (permettre à nos agriculteurs de vivre de leur travail, et non de la spéculation foncière, en leur laissant un foncier accessible), d’écologie (éviter aux produits alimentaires des milliers de km avant d’arriver dans nos assiettes).
La Suisse a pris ce type de mesure et la France se pose ces questions. On considère dans ce cas que les meilleurs sols agricoles, comme l’eau ou l’air, deviennent un bien public inaliénable.
2) On étend à tout le territoire régional la nouvelle règlementation qui autorise les communes, si elles le décident, de prélever une partie de la plus-value réalisée par les propriétaires fonciers quand leur terrain devient constructible du fait d’une modification du POS ou du PLU décidée par la municipalité. Les sommes récupérées peuvent alors être réaffectées à des actions relevant d’une politique de gauche (dont l’achat de foncier pour du logement social).
à 9 h 03 min
La gauche sera totalement absente au CR.
Frêche y disposera d’une majorité écrasante.
Il faut donc voter. « Nul » (JOT fait bien de préciser que blanc = nul) ou Couderc? Pour moi Couderc = Chirac 2002. Mais, après tout, la surpuissance de GF ne fera que mettre davantage en évidence sa capacité de nuisance et hâtera la prise de conscience des militants honnêtes qui le suivent encore. Espérons que Solférino reste ferme.
à 9 h 54 min
Merci pour cet article très intéressant. Une précision : je crois que les bulletins nuls et blancs, pour être comptabilisés de la même façon, ne sont en revanche pas égaux devant l’histoire, les bulletins annulés étant conservés dans les archives. On pourra ainsi, plus tard, mesurer éventuellement le grand désarroi des électeurs de gauche du LR (comme l’ironie féroce et l’ire des votants au referendum sur le quinquennat, grand moment de défoulement national !). Maigre consolation, je vous l’accorde.
En tant qu’électeur de gauche (j’ai voté Revol), je préfère également barrer le bulletin de Frêche que m’abstenir. Je ne conçois même pas de voter Couderc, peut-être parce que, nouveau ici, je n’ai pas assez fréquenté la bête, mais surtout parce que Frêche, roitelet local, autocrate prétentieux, politique habile voire subtil, n’est quand même pas… Le pen.
@ Spartacus. Chirac 2002, un bon souvenir ? Ce vote, qui était le mien aussi, n’a servi à rien (sinon au bon score de Royal au 1er tour de 2007 !). Pas même à politiser une génération qui a seulement défiler massivement entre les deux tours, mais ne va plus beaucoup voter. Le système représentatif démocratisé est de moins en moins démocratique…
à 10 h 17 min
Pensez-vous que G. Frêche qui sera élu plus que confortablement soit celui que vous décrivez? C’est faire offense à tous les gens qui ont voté pour lui et qui le prennent pour un homme de gauche et humaniste. On a monté en épingle ces dérives verbales qui – si on écoute entièrement les vidéos- n’ont rien d’antiharkis, de raciste et d’antisémite. Ceux qui veulent « sa peau » se sont bien gardé d’ajouter « tronche pas catholique mais je voterai peut-être pour lui mais j’y réfléchirai fois » Non le seul reproche fait à G. Frêche c’est d’avoir soutenu S. Royal, l’Arlésienne dont on ne parle plus et dont on va être sans doute obligé de tenir compte. Car c’st elle qui devrait être 1ère Secrétaire du PS et non l’usurpatrice M. Aubry qui vient donner des leçons de morale dans notre Région. Quant à M. Badinter, il me déçoit au plus haut point de ne pas êtred plus juste..
à 10 h 20 min
Voter Couderc, sert à visiblement à rien car non seulement il sera pas élu, mais son score sera sans enseignements.
Voter FN, ça sert évidemment aussi à rien, puisque non seulement FJ ne sera pas élue, mais vu le concubinage avec Jojo, c’est non discriminant pour prendre la température de l’opinion.
Voter Jojo, c’est inutile, dans tous les cas une armée de « cons » ira aux urnes rien que pour le soutenir.
Reste l’abstention, qui est le seul vôte utile. Je rigolerait bien si Jojo faisait un 80% de 30% des votes …
à 12 h 49 min
Militant socialiste d’abord, inutile de cogiter à s’en donner des migraines pour ce second tour en LR…la solution est simple: opération mains propres, pas de crédit ni aux bleus ni aux Boulogne boys, ce sera un bulletin blanc comme neige.
à 13 h 51 min
@pierrelecon : vous avez oublié le vote blanc ou nul.
à 15 h 05 min
Bonjour,
J’ai bien lu votre réponse à ma question suite à votre article de mardi dernier (http://www.montpellier-journal.fr/2010/03/freche-ceux-qui-quetent-aux-carrefours-cest-des-faineants.html/comment-page-1#comment-4861) et vous en remercie.
Je comprends vos arguments et vous félicite pour votre autocritique. Néanmoins, quelles que soient vos intentions, utiliser une information vieille de cinq ans me donne l’impression d’une tentative désespérée de « Tout sauf Frêche » d’entre-deux-tours assez désagréable. Mais après tout, ce n’est que mon avis.
Quant au parallèle Chirac/Le Pen 2002 = Couderc/Frêche 2010 que vous reprenez de l’un de vos lecteurs, je trouve que c’est un modèle de point Godwin. Je ne vois vraiment pas de similitudes dans l’action et les propos du tortionnaire révisionniste haineux Le Pen et du parrain local vulgaire Frêche.
Il semblerait d’ailleurs que près de 90 % des électeurs EE, NPA et PS soient favorables à Georges Frêche dimanche prochain comme ils l’avaient été à Chirac en 2002 dans des proportions semblables (http://www.midilibre.com/downloads/fichiers/wpaqsbfpir/sondage_18-03-10_big.jpg). A moins que le sondage soit bidon.
Cordialement.
à 15 h 27 min
@Robert : j’assume d’avoir sorti cette info maintenant comme j’assume d’avoir sorti la sanction envers Jean-Jacques Pons datant de 2003. Les électeurs ont le droit de savoir pour qui ils votent. Et dans les deux cas (Frêche ou Couderc), ce n’est pas très glorieux. Soulignons aussi que c’est un lecteur de Montpellier journal qui a sorti l’affaire sur la scolarisation des Roms, info reprise et détaillée dans mon article.
La citation de Spartacus vise à illustrer un éventuel vote Couderc comme un moyen d’affaiblir Frêche. Elle ne vise en rien à comparer Frêche et Le Pen.
Enfin, je me demande bien pourquoi vous poursuivez la discussion ici plutôt qu’à la suite de votre commentaire et de ma réponse.
à 15 h 41 min
@Teyssier : Parce que, sauf erreur de ma part, la page où est publié mon commentaire n’est plus accessible depuis la page d’accueil.
à 16 h 49 min
@Robert : et donc ?
à 18 h 09 min
@ Teyssier : et donc inaccessible aux lecteurs. Or je ne vois pas l’intérêt de poster un commentaire sur une page inaccessible.
à 18 h 12 min
@Robert : pas inaccessible. Voir colonne de droite (commentaires récents, archives des articles) et lien dans l’article ci-dessus.
à 18 h 54 min
@ Teyssier : aux temps pour moi !
à 19 h 44 min
Voter blanc ou nul ne sert à rien, ces votes n’étant pas comptés dans les votes exprimés .
Le peuple souverain doit montrer aux politiques aux discours et pratiques les plus infâmes que le pouvoir leur est délégué et ne leur appartient pas .
Le potentat à abattre en Languedoc-Roussillon étant le potentat Frêche, il faut voter Couderc .
Le fait que Jacques Blanc ait été élu président de région avec les voix du FN ne pose aucun problème à partir du moment où Jacques Blanc – qui a voté pour l’abolition de la peine de mort en 1981 – n’a en rien transigé sur les valeurs, contrairement à Frêche dont le discours est populiste et certaines pratiques anti-démocratiques, et qui a racolé le FN dès 1973 pour être élu député, au contraire il faut remercier Jacques Blanc d’avoir évité que Frêche soit président de région dès 1998 !
à 22 h 41 min
A propos de la gratuité des livres scolaires : en plus d’être une mesure de droite, comme le montre Emmanuel Négrier, cette mesure a eu également pour effet de ruiner quelques petits libraires au passage. Par exemple, la librairie-papeterie-journaux qui était à côté du lycée Clémenceau. je suppose qu’il y en a eu d’autres, sur l’ensemble de la région. Et qui donc a eu le marché de ces manuels scolaires ? Allez, vous le savez bien…
Sur la question des blancs ou nuls : leur décompte sera intéressant, ainsi que l’analyse de leur localisation dans la région. Il faudrait convaincre les personnes déclarant leur volonté abstentionniste pour le deuxième tour de voter nul (j’ignorais que les nuls étaient archivés, c’est une information utile !) plutôt que d’aller à la pêche.
Pour ma part, je déposerai dans l’urne le même bulletin qu’au premier tour. Il sera donc nul…
Petite digression : je sais bien que M.J. respectera l’anonymat, mais je brûle de savoir qui se cache derrière le pseudo « observateur ». Que ce dernier sache que je partage très largement ses points de vue. Peut-être nous connaissons-nous déjà ?
à 22 h 45 min
@Edgar : je peux lui transmettre ton mail si tu le souhaites.
à 0 h 46 min
Au fait pour les votes blanc ou nul, c’est la même chose…..il suffit de regarder….le code électoral…pas très difficile :
Article L66
Les bulletins blancs, ceux ne contenant pas une désignation suffisante ou dans lesquels les votants se sont fait connaître, les bulletins trouvés dans l’urne sans enveloppe ou dans des enveloppes non réglementaires, les bulletins écrits sur papier de couleur, les bulletins ou enveloppes portant des signes intérieurs ou extérieurs de reconnaissance, les bulletins ou enveloppes portant des mentions injurieuses pour les candidats ou pour des tiers n’entrent pas en compte dans le résultat du dépouillement.
Mais ils sont annexés au procès-verbal ainsi que les enveloppes non réglementaires et contresignés par les membres du bureau.
Chacun de ces bulletins annexés doit porter mention des causes de l’annexion.
Si l’annexion n’a pas été faite, cette circonstance n’entraîne l’annulation des opérations qu’autant qu’il est établi qu’elle a eu pour but et pour conséquence de porter atteinte à la sincérité du scrutin.
à 7 h 50 min
Dans un premier temps, je me suis dit que je n’étais absolument pas d’accord avec monsieur Négrier sur ce qui est « de gauche ». Et puis je me suis dit que peut être ce n’était pas « de gauche » effectivement. Mais pas « de gauche » ne signifie pas forcément de droite.
La situation en 2004 était de faire payer les livres à tout le monde, ceux qui ont les moyens comme ceux qui les ont moins voire pas. Ça, pour moi, c’est « de droite ». Une fausse liberté de choix.
Si la mesure n’est pas « de gauche » au sens de Monsieur Négrier, je ne suis pas d’accord avec lui pour dire qu’elle est de droite. Disons qu’elle est du centre-centre gauche puisque les moins riche n’ont plus à se soucier de cette dépense.
Quant au ter à 1 euro, c’est surtout de l’écologie. Favoriser les transports en commun sur les transports individuels. Alors de gauche, de droite, c’est un autre débat.
à 9 h 13 min
@Edgar et @JOT
Très sincèrement, je souhaite garder l’anonymat et j’ai déjà donné mes raisons. Je sais bien que le débat anonyme est parfois frustrant mais là, vu le contexte et comment il va encore évoluer, il vaut mieux se contenter d’alimenter l’espace public (merci à JOT de nous offrir cet espace) et donner de la matière à débattre, … en attendant des jours meilleurs
à 9 h 17 min
@DS
La gratuité des livres pour tout le monde me gène car les sommes économisées pourraient être affectées à d’autres actions visant à réduire les écarts. C’est une question de bonne gestion des deniers publics et d’orientation politique.
à 13 h 11 min
@Observateur Dans ce cas, il faut demander sa suppression dans les écoles et les collèges (aux communes et aux départements). Et je ne me souviens pas avoir jamais entendu cette revendication.
Je me souviens, quand j’étais entré au lycée, j’avais été surpris de voir qu’il fallait payer les livres (et pourtant je n’étais pas dans une famille à qui ça posait un problème). Il me paraît normal qu’on nous fournisse l’outil indispensable à notre apprentissage. Livre, rapporteur, stylo, règle, et, aujourd’hui, ordinateur.