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Le Mercredi 31 mars 2010 à 17:31

Extraits sonores du chaud conseil municipal de Montpellier du 29 mars

Malgré un grand nombre de journalistes présents, seulement de courts extraits de la séance de lundi ont été diffusés par les médias. En voici des plus longs.

[Mise à jour le 1er avril à 16h25 : ajout de la deuxième partie avec les interventions de Georges Frêche et les débats qu'elles ont suscités. À noter que La Gazette de Montpellier a publié, ce matin, de longs extraits de ces interventions.]

Comme médias présents, Montpellier journal a noté (entre parenthèse le nombre de journalistes ou photographes est précisé quand ils étaient plus de un) :

  • 7L TV
  • AFP
  • Canal+ (3)
  • Direct Montpellier plus (2)
  • ESJ (école, 3)
  • Le Figaro-Le Parisien-La dépêche du midi
  • France 2 (2)
  • France 3 (4, direct)
  • France bleu Hérault
  • La Gazette de Montpellier
  • L’Hérault du jour (3)
  • L’Indépendant
  • Midi Libre (3)
  • Le Monde
  • RTL
  • TF1

En conseil municipal de Montpellier le 29 mars 2010 (photo : Mj)

Toucherait-on aux limites de la fameuse « concurrence libre et non faussée » ?

Hélène Mandroux : « Le plus important, c’est le sens de l’intérêt général »
Après avoir félicité les trois membres du conseil municipal, élus au conseil régional le 21 mars (Christian Bouillé, Fanny Dombre-Coste et Georges Frêche), le maire a déclaré : « Pour moi, ce qui est le plus important, c’est le sens de l’intérêt général. [...] L’équipe des élus, ici, est responsable, on ne confond pas les périodes électorales et le travail de l’élu sur lequel il est présent. [...] Je réitère mon souhait de calme, de sérénité parce que si nous sommes là, c’est pour travailler et notamment pour nos concitoyens avec des valeurs de dignité. »
Écouter le son (2’15″, montage, entre chaque partie, un blanc d’une seconde a été inséré) :

Jean-Louis Roumégas : « Aurez-vous une majorité ? »
Le président du groupe Verts, NPA, Cual s’est adressé au maire pour lui demander si, sur les dossiers du passage en régie de la gestion de l’eau, sur le Village de marques, le tramway sur le Jeu de Paume, elle aurait une majorité. Réponse d’Hélène Mandroux : « Je continuerai à défendre les dossiers que j’ai toujours défendus. »
Écouter le son (1’10″) :

Jacques Domergue : « Un véritable problème de légitimité »
Le président du groupe UMP, non inscrits : « Ce que je note, au-delà du problème des abstentionnistes, c’est la faiblesse du Parti socialiste en Languedoc-Roussillon. Et au-delà du PS, celle qui tirait sa liste. Ses 11 % à Montpellier et 7% au niveau régional pose un véritable problème de légitimité régionale et locale. »
Écouter le son (4’45″, extrait) :

Francis Viguié : « La presse a une responsabilité assez écrasante »
Le conseiller municipal NPA/Cual : « Nous avons remarqué la façon dont s’est déroulé la campagne. À mon avis, la presse a une responsabilité assez écrasante dans la complaisance autour des petites phrases. [...] Une majorité politique existe-t-elle encore à Montpellier ? [...] Les rapports de force au sein du conseil municipal semblent indiquer que c’est M.Georges Frêche qui a les clés d’un scénario qui n’est pas encore écrit. [...] Nous souhaitons que ce soit l’intérêt général, la politique qui gagne et pas simplement les égos, les querelles de personnes et les rancunes au vu de ce qui s’est passé. »
Écouter le son (2’45″, extrait) :

Hélène Mandroux : « Ne croyez jamais ce qui est écrit dans la presse »
« Je ne me séparerai pas ni de M. Nyssen [directeur général des services] ni de M. Assaf [directeur de cabinet] donc ne croyez jamais ce qui est écrit dans la presse. »
Écouter le son (0’20″) :

Max Lévita : « Nous allons œuvrer dans l’intérêt général »
Le président du groupe PS, PRG, MdC et apparentés : « Georges Frêche a été élu président de région. Dans son discours d’introduction, il a parlé d’intérêt général, il a demandé le rassemblement et il a dit que rien ne serait fait [?]. Il n’y a aucune raison de ne pas le croire. [...] Nous allons œuvrer dans l’intérêt général. [...] Je donne à mes camarades et à mes amis, le mot d’ordre : nous avons un travail à faire et il est important de travailler à notre sujet en 2012. Les succès d’aujourd’hui préparent les succès de demain. »
Écouter le son (2’10″) :

Jacques Martin : « Travailler dans l’intérêt des Montpelliérains »
Conseiller municipal (groupe PS) : « Quel que soit le choix que nous ayons pu faire lors des élections régionales, ce qui nous guide c’est l’intérêt régional – l’intérêt général, pardon – et ce qui est notre conscience c’est de travailler dans l’intérêt des Montpelliérains. »
Écouter le son (1″) :

Arrive Georges Frêche
Puis, vers 19h45, arrive Georges Frêche, appuyé sur l’épaule de Louis Pouget, conseiller municipal et vice-président de l’agglo. Balai de caméras et de photographes. Applaudissements. Le président de l’agglomération saisit l’opportunité de la délibération 57 concernant des actions visant à développer le commerce de centre ville pour mettre sur le tapis la question du Village de marques. Et balaye toutes les déclarations d’apaisement du début de conseil. Conséquence : il se trouve en contradiction avec les déclarations de Max Lévita (ci-dessus). Georges Frêche attaquera aussi le président du groupe socialiste sur la question des taux opposition. Ceci explique peut-être la réaction violente de Max Lévita au fait que Georges Frêche n’ait pas voulu signer une lettre de soutien à des personnes sans-papiers. Il avait qualifié, après la fin du conseil, le président de région de « connard ».

En conseil municipal de Montpellier le 29 mars 2010 (photo : Mj)Le Village de marques
Georges Frêche : « Je vous interroge en tant que président de l’agglomération de Montpellier. Je vais voir le responsable du Village des marques la semaine prochaine et j’ai besoin de lui faire des propositions précises. Nous avions convenu, avant les élections régionales, qu’on mettrait cette affaire de côté pendant la durée des régionales et qu’ensuite on prenait position. Donc moi je ne vous force nullement. Je vous demande simplement de prendre position. Le temps des études est terminé. [...] Je vous demande, dans le mois qui vient, de me faire une réponse. Vous me dites oui ou non. Si vous ne me dites rien, je considèrerai que c’est non. Et dans ces conditions, j’ai quatre autres communes de l’agglomération qui sont candidates pour le village des marques et donc, si Montpellier n’en veut pas, le village ira dans une autre commune. »
Hélène Mandroux : « Nous avions pris la décision, avec M. Delacroix [directeur général des services de l'agglo], que nous prendrions la décision une fois que nous aurions mis en place ce schéma… »
Georges Frêche la coupe : « Le président de l’agglo, Mme le maire, c’est moi. M. Delacroix c’est un fonctionnaire alors je vous prie de discuter avec les élus et pas avec les fonctionnaires. C’est le béaba de la démocratie. Chère collègue. »
Hélène Mandroux :  « Oui mais ce jour-là, Monsieur, il n’y avait pas d’élu. Le jour où il y a eu cet engagement, il n’y a eu que M. Delacroix qui était présent et donc à la fin de la réunion, il a été décidé qu’on prendrait la décision avec le schéma d’urbanisme commercial et les services ont travaillé depuis cette date. »
Écouter l’échange (2′) :

Jean-Louis Roumégas : « Vous avez signé, de même que l’agglomération, un protocole d’accord avec la CCI notamment, les commerçants du centre ville. Allez-vous honorer cette signature de la ville, même si l’agglomération a décidé, elle, de marcher dessus ? »
Hélène Mandroux : « Je suis absolument toujours dans le respect de la parole. »
Écouter l’échange :

Jacques Domergue incite le maire « à la plus grande prudence » en citant le cas du Village de marques de la région de  Toulouse qui « ne fonctionne pas » et celui de Barcelone qui « est en très grande difficulté ».
Écouter le son (0’45″) :

Subvention de la région
Un autre échange qui peut paraître anecdotique, concerne l’affaire 59. Il s’agissait d’approuver la demande de subvention à l’Ademe et… à la région pour l’élaboration du nouveau Plan de déplacement d’entreprise de la ville. Georges Frêche s’est abstenu et Hélène Mandroux avait omis de mentionner cette abstention. Cela annonce-t-il le refus de la subvention par le président de région ? En tout cas, Fanny Dombre-Coste et Christian Bouillé, conseillers régionaux, ont, eux, voté pour.
Écouter le son (0’10″) :

L’endettement de la ville de Montpellier
« C’est vrai que Sarkozy a des torts mais une ville peut aussi faire des économies. Je voudrais simplement, Mme le maire, vous faire remarquer, l’endettement était à zéro. [...] Ce qui se passe depuis 6 ans – 4 années où vous avez terminé le mandat où j’avais été élu et 2 années où vous avez été élue sur votre propre nom – à nouveau la ville s’endette. [...] Dire : « C’est la faute à Sarkozy, uniquement c’est la faute à Sarkozy », mon cher Max [Lévita, adjoint aux finances], c’est un peu court. Parce que Sarkozy n’est pas maire de Montpellier. Le maire de Montpellier peut aussi faire des efforts pour améliorer le budget de la ville. »
Écouter le son (3’50″) :

Entrée des Verts dans la majorité municipale
Georges Frêche commence par un nouveau lapsus en confondant « élections municipales » et « élections régionales ». Puis rappelle les scores aux régionales des listes Mandroux, Revol et Roumégas. Et le président de l’agglo de demander au maire d’entamer des négociations avec les Verts  : « La venue de M. Roumégas et de ses amis dans la majorité municipale me paraîtrait extrêmement bénéfique à l’intérêt de la ville. »
Écouter l’extrait (2’10″) :


Les régionales

Georges Frêche : « Bien sûr, chère madame, si vous le voulez, vous restez maire. Vous avez été élue pour six ans. Personne ne le conteste. On pourrait éventuellement en discuter mais, si vous voulez rester maire encore quatre ans, vous pouvez. Sauf si… L’avenir le dira. [...] La différence entre vous et moi, Madame le maire, c’est que j’ai toujours été, en tant que maire, majoritaire sur Montpellier (1). Vous, c’est la première fois en deux siècles, qu’un maire de Montpellier se présentant à des élections, est aussi massivement désavoué par sa population. Parce que faire 11,36 % des voix dans une ville dont on est maire, ce n’est vraiment pas spécialement extraordinaire. Mais si ça vous suffit – chacun se contente de ce qu’il peut – je vous en laisse parfaitement le choix.  »
Écouter l’extrait (3′) :

La gouvernance de la ville de Montpellier
Georges Frêche : « Il y a un groupe, vous n’êtes pas seule. [...] Le maire est un chef démocratique, ce n’est pas un tyran. Alors en ce qui concerne, par exemple, le Village des marques, je vous demande de soumettre la décision au groupe socialiste et apparentés qui est le principal qui vous soutient mais aussi au groupe Modem, communiste et à tous les groupes qui constituent la majorité municipale. Ce n’est pas à vous, Mme le maire, de prendre la décision seule sur le Village de marques mais c’est au conseil municipal de prendre la décision. Et je vous demande de demander aux différents groupes de donner leur avis. Je fais partie du groupe socialiste et apparentés et ce groupe est prêt à examiner les propositions que vous lui ferez très rapidement. Et je vous remercie de bien vouloir le faire parce que vous ne gouvernerez pas éternellement avec votre cabinet claquemurée dans les quelques mètres carrés que vous occupez au cinquième étage. [...] Pour le moment ça va mais, croyez-moi, la vie est longue. Et moi, je suis, chère madame, très patient. Très patient. Je vous en ferai la démonstration. Je suis prêt à attendre un an, deux ans, trois ans, quatre ans. Mais nous règlerons un jour, ce débat, devant les électeurs. Il n’y a qu’un seul juge, le suffrage universel. »
Écouter l’extrait (2′) :

Hélène Mandroux : « Pas un seul euro de côté »
« C’est vrai qu’il n’y avait pas d’emprunt mais il y avait une mairie à construire très exactement de 130 M€ mais il n’y avait pas un seul euro de côté pour construire le début de quoi que ce soit. [...] De même il y avait énormément de travaux à faire. Notamment sur le patrimoine qui n’avait absolument pas été entretenu. [...] Tout le monde ici, nous avons été vos collaborateurs et vous avez toujours raison contre tout le monde. »
Georges Frêche : « Avec 62 % des Montpelliérains, on n’est pas seul au monde (2). »
Hélène Mandroux : « [...] Aujourd’hui, ce que nos concitoyens nous demandent, c’est de s’occuper d’eux et pas de nos petites personnes qui n’intéressent personne. »
Écouter l’extrait (4′):

Jacques Domergue : « On imaginait que ça allait se passer mais on pensait que vous auriez la pudeur de le faire en aparté, entre gens responsables pour ne pas donner une image déplorable en conseil municipal. [...] Les masques tombent. Ce que nous pressentions est en train de se passer. C’est une mise sous tutelle officielle. Il [Georges Frêche] ne s’en est pas caché. [...] Si vous devez régler vos comptes, réglez les mais réglez les devant les urnes. Ayez le courage de le faire mais ne continuez pas à avoir des débats qui vont pénaliser la ville et les Montpelliérains. »
Écouter le son (1’40″):

Jean-Louis Roumégas : « Si la ville a son budget plombé c’est pour des décisions prises avant 2004. [...] Nous avons toujours dit que nous étions prêts à travailler avec la majorité pourvu que ce soit avec des dossiers et sur des accords de fond. Ca passe en tout cas par des délégations avec l’agglomération notamment. Je les revendique non seulement pour notre groupe mais aussi pour le groupe d’opposition parce que j’estime que ce serait plus démocratique. [...] Si nous siégeons à l’agglomération, ce sera en toute indépendance et peut-être même plutôt dans un groupe d’opposition. [...] Si M. le président de l’agglomération souhaite des élections municipales, pourquoi ne les provoque-t-il pas tout de suite ? Il en a les moyens. [...] Ce n’est pas parce qu’on a gagné une bataille qu’on a gagné la guerre. »
Écouter le son (3’45″) :

Francis Viguié : « Qui dirige le Parti socialiste dans ce conseil municipal puisque j’ai entendu M. Lévita dire : « Apaisement, rassemblement. » Franchement on aura du mal à nous faire croire que ce que je viens d’entendre de la part de M. Frêche c’est un appel au rassemblement et à l’apaisement. Donc, nous sommes dans une situation où il serait des plus difficiles de passer son temps dans l’incertitude. [...] où va cette ville ? Quelle est sont projet ? [...] Quelle est la position du Parti socialiste ? Est-elle toujours l’apaisement, le rassemblement ou mieux vaut dire : « Perçons l’abcès et on va aux élections. »"
Écouter le son (2’45″) :

Hélène Mandroux a réagi dans un communiqué diffusé le lendemain, un peu avant 18h, où elle déclare notamment : « Georges Frêche détient l’Agglo, la Région… il dit maintenant vouloir renverser la Ville et même le Département ! Aujourd’hui, je lui demande d’aller au bout de sa logique de destruction. S’il pense avoir les moyens de faire démissionner un tiers des élus municipaux pour provoquer de nouvelles élections, qu’il le fasse. Sinon, je lui demande de se taire enfin et de laisser la Ville de Montpellier travailler sereinement. »

Cet après-midi, le NPA a lui aussi diffusé un communiqué où il évoque l’éventualité de prochaines élections et, dans ce cas, le NPA proposerait « à la gauche antilibérale et anticapitaliste de se rencontrer en vue de constituer une liste unitaire, est-il écrit. Cette démarche s’adresse aux partis avec qui nous avons mené la liste régionale « A gauche maintenant ! ». Le Parti Communiste, qui est membre de la majorité municipale, aura un choix à faire comme cela a été le cas pour les Régionales. »

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(1) Aux législatives de 2002, Georges Frêche a réalisé un score de 35,84 % au premier tour sur l’ensemble de la circonscription. Avant d’être battu au second par Jacques Domergue (UMP) de 226 voix (sur 36 995 votants).
(2) Au premier tour Georges Frêche a obtenu, sur Montpellier, 40,73 % des suffrages exprimés soit 18,83 % des inscrits. Hélène Mandroux était à 5,25 % des inscrits. Au second tour, Georges Frêche était à 65,62 % soit 28,84 % des inscrits.

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