La mairie de Montpellier ne tient pas compte du résultat d’un référendum des habitants d’un quartier.
Depuis début 2006, un débat existe dans le quartier de la Méditerranée à Montpellier : faut-il réaménager la place ? Et si oui, comment ? L’association de quartier « Mare nostrum » propose un projet qui sera soutenu par la mairie. « Une place pour tous », un collectif d’habitants, opposés à ce projet, se crée. Mobilisations, réunions publiques, discussion avec la mairie. Finalement la mairie décide de lancer un référendum et un vote a lieu le 24 juin dernier. Les habitants du quartier sont amenés à choisir entre le projet de Mare Nostrum et celui du collectif. Résultat, c’est le projet du collectif qui l’emporte avec près de 70 % des votants (182 voix contre 83). Et rien ne se passe.
Et le 21 janvier, L’Hérault du jour annonce que le projet de réaménagement de la place est abandonné. Donc que la mairie de ne tient pas compte du vote des habitants ! Vendredi, lors de la conférence de présentation des dossiers du conseil municipal, Montpellier journal demande des explications à Serge Fleurence, premier adjoint au maire. C’est lui qui a mené la concertation depuis le début du projet. Il a été rejoint en 2009 par Patrick Vignal, adjoint délégué à la démocratie de proximité.
Alors que dit Serge Fleurence ? « Il faut laisser du temps au temps. Vous avez deux associations qui sont un peu en opposition. Moi, ce que je leur recommande, c’est de se rencontrer, d’essayer d’élaborer ensemble un projet sur lequel peut se dégager un consensus et quand ils y seront arrivés, je suis tout à fait prêt à les rencontrer. »
Écouter le son :
Pour un peu, Serge Fleurence prônerait presque la disparition des élus. Car si les habitants parviennent à se mettre d’accord, on pourrait presque dire qu’ils n’auront plus qu’à aller voir directement les services de la ville pour la réalisation voire lancer eux-mêmes les travaux. Dans ce dernier cas, il faudrait que la mairie accepte de laisser aux habitants une partie du budget en gestion directe. Mais on n’en est pas encore là.
Vous pouvez soutenir Montpellier journal et…


Un commentaire
Suivre les commentaires de cet article
à 21 h 42 min
Cette situation montre bien l’état de la concertation chez nous. Les élus en mal de solution et souvent dans la défensive, les citoyens, s’ils se mobilisent, ne parviennent pas à formuler des propositions communes ou cohérentes, et le résultat sont soit des décisions politiques qui frustrent forcement les un ou les autres, ou l’inaction par prudence.
Et là, nous avons à faire d’une petite place. Je vous propose d’ouvrir un dossier d’une autre envergure, l’EAI. 38 ha à aménager en plein cœur de ville, des enjeux majeurs, des contraintes aussi. Je suis optimiste. M Fleurence a bien exprimé une ouverture: travaillez, élaborez des propositions concrètes et constructives, et on verra.
Pour une bonne concertation, il faut trois acteurs qui accepte le partage: les élus, les professionnels et les citoyens. Je pense que ce sera faisable avec les élus. Eux aussi, ils cherchent une légitimité nouvelle et la participation citoyenne peut la fournir. La majorité des élus me semble aujourd’hui tenir ce discours. Mais pour que ces expressions de bonnes intention deviennent une réalité il faut du répondant du coté des citoyens. C’est en cours. Une association Forum Citoyen EAI vient de se créer avec l’objectif de réunir toutes les personnes concernées (riverains, futurs habitants et autres usagers…) et d’élaborer ensemble des propositions afin d’engager le dialogue avec les élus.
à suivre