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Démocratie variable dans les fédérations socialistes du Languedoc-Roussillon

Alors que l’Aude a réuni son conseil fédéral jeudi pour prendre position sur la décision du Bureau national du Parti socialiste d’investir Hélène Mandroux face à Georges Frêche pour les régionales, Fabrice Verdier, le premier fédéral du Gard, s’y refuse. C’est sa fédération qui est la plus divisée sur la question.

Les fédérations allaient-elles tenir ? C’était la question qui se posait après la décision, mardi, de la direction nationale du PS de présenter une liste face à Georges Frêche. Pour l’instant, ça tient et elles sont toutes derrière le président sortant. À l’image de la fédération audoise qui, alors qu’elle avait semblé la plus divisée à l’automne avec la candidature d’Eric Andrieu face à Didier Codorniou pour la fonction de « Premier des socialistes », a fait bloc. Elle l’a exprimé dans un vote de son conseil fédéral réuni jeudi soir par son premier secrétaire, Éric Andrieu. Celui-ci a, en effet, voté une motion à une majorité écrasante (55 pour, 4 contre, 3 abstentions) qui « condamne la décision prise par le Bureau national ».

« Le PS n’est pas, pour nous, un parti régionaliste »
Dans le Gard, ça tangue un peu plus. 24 membres (1) du conseil fédéral (sur 55) ont signé un texte demandant à Fabrice Verdier, premier fédéral, « de se conformer à la décision du Bureau national ». Ils demandent également « à ce que la fédération du PS du Gard invite ses élus, ses responsables, ses militants à suivre la décision prise par les instances nationales ». Avant de conclure : « Le PS n’est pas, pour nous, un parti régionaliste, il s’inscrit dans une unité nationale portée par une histoire commune, des valeurs, un projet d’avenir. »

Les mêmes ont demandé à Fabrice Verdier de réunir un conseil fédéral pour débattre de la question. Refus catégorique. « On pense que c’est parce qu’ils craignent d’être mis en minorité », avance Nicolas Cadène, un des signataires. Car pour lui, au delà des 24 qui ont eu le courage de signé le texte, il y aurait une dizaine de membre du Conseil fédéral qui seraient indécis et qui ne se seraient pas avancés à visage découvert par peur des représailles.

« C’est terminé les conseils fédéraux »
« J’ai réuni les secrétaires de section, lundi, qui nous soutiennent à 80-90 %,
répond Fabrice Verdier qui est sur la liste gardoise de Georges Frêche. Donc il n’y a pas matière à convoquer un Conseil fédéral. Là, ça y est, on est en campagne. C’est terminé les conseils fédéraux. Le temps de l’introspection est terminé. Si je devais faire une réunion, ce serait une assemblée général des militants puisque ce sont eux qui nous ont donné mandat pour être avec Didier Codorniou et Georges Frêche. » Pourtant, dans l’Aude, souligne Montpellier journal, ils ont réuni un conseil fédéral. « Oui mais, il n’a pas réuni les secrétaires de section », répond Fabrice Verdier. Et qu’a donné le vote des secrétaires de section ? « Je n’ai pas fait de vote mais je sais que 80 ou 90 % soutient la démarche de Damien Alary et la mienne qui consiste à continuer avec Georges Frêche. » Et le texte des 24 ? « Ils préparent un futur putsch à la fédération. Ils préparent la Nuit des longs couteaux. »

Alors pourquoi pas d’accord avec une AG militante ? Benjamin Mathéaud, un des 24, répond : « Entre deux congrès, il y a une instance politique dans les fédérations du Parti socialiste qui s’appelle le conseil fédéral. Nous on souhaite que la fédération se positionne. Soit la ligne Fabrice Verdier qui est la déclaration d’indépendance et de sécession pour rejoindre la ligue régionaliste frêchiste soit la fédération reste dans le giron du Parti socialiste. [...] Si vous faites une AG militante à Nîmes, il y a plein de militants issus du côté du Vigan, les hautes Cévennes, etc qui ne vont pas forcément se déplacer. » L’opposant à Fabrice Verdier poursuit : « C’est grave ce qui se passe. On a aujourd’hui, dans le Gard, un premier fédéral qui décide unilatéralement d’emmener la fédération vers un acte de sécession vis à vis du national. Aujourd’hui les moyens matériels et humains de la fédération qui sont payés grâce au national et par les cotisations des adhérents, servent à financer la campagne de Georges Frêche qui n’est pas le candidat du Parti socialiste. C’est quand même une situation ubuesque. On a un premier fédéral qui a décidé, avec ses amis, de privatiser le Parti socialiste du Gard et faire une déclaration d’indépendance. »

Reste maintenant à savoir, la réaction de la direction nationale du PS à cette situation. Exclusions ? Mise sous tutelle des fédérations ? Ou comment faire preuve d’autorité et de volonté de rénovation sans se priver des voix des militants du midi pour le prochain congrès national du PS. Alors que le vote de ceux-ci n’a pas été suivi par la direction nationale. La quadrature du cercle.

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(1) Françoise Akoum, Frédéric Allié, Jérôme Bauzon, Kamel Belkacemi, Kamel Benbouguerra, Pierre-Henry Blanc, Nicolas Cadène, Jean Pierre Cochet, Valérie Courqueux, Mireille David, Frédéric Fontaine, Christophe Geinex, Murielle Isnard, Benjamin Mathéaud, Benoit Mutel, Nekka Oicela, Ghislaine Pagès, Michel Paillot, Annette Peltriaux, Alexandre Pissas, Patrice Prat, Annie Sabatier, Christiane Thomas, Serge Verdier

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