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300 personnes « pour la régularisation de tous les sans-papiers »

Manifestation le 6 février 2010 à Montpellier "pour la régularisation de tous les sans-papiers" (photo : Mj)Cet après-midi à Montpellier, un peu plus de 300 personnes (1) ont manifesté au départ de Plan Cabanes en direction de la préfecture pour demander « la régularisation de tous les sans-papiers ». C’est la Coordination des comités de soutien aux sans-papiers (2) qui avait lancé l’appel auquel ont répondu un peu moins de personnes que le 21 novembre à La Paillade (environ 500 ce jour-là). Le cortège est parti vers 15h30 en scandant notamment : « Français, immigrés, solidarité avec les sans-papiers ! » Une banderole proclamait : « On bosse ici, on vit ici, on reste ici » et des musiciens jouaient Bella ciao (« Mais tu verras qu’un jour toutes autant que nous sommes, nous travaillerons en liberté », dit le dernier couplet de la version originale (traduction : Wikipedia))

La préfecture, « lieu où les rafles sont décidées »
Les lieux de départ et d’arrivée n’ont pas été choisis au hasard : Plan Cabanes, « LE quartier des arrestations massives », dénonce la coordination, et la préfecture, « lieu où les rafles sont décidées ». La préfecture est aussi dans la ligne de mire de la Coordination car, selon Benoît Guerrée, un de ses porte-paroles, la préfecture refuse le dépôt collectif d’une centaine de dossiers prétextant que cela représenterait « trop de travail » (3). « De toute façon, ils pourraient les déposer individuellement », objecte Benoît Guerrée. Le véritable enjeu derrière cette procédure est la garantie que la Coordination avait obtenue lors du précédent dépôt c’est-à-dire la non expulsion des personnes ayant déposé un dossier pendant la durée de l’étude de celui-ci. Mais l’État refuserait cette garantie, cette fois-ci. Autre époque, autre préfet.

Manifestation le 6 février 2010 à Montpellier 300 personnes "pour la régularisation de tous les sans-papiers" (photo : Mj)

Du côté des politiques, la liste « À gauche maintenant » pour les élections régionales était largement représentée avec notamment René Revol (PG), la tête de liste ou Francis Viguié (NPA). On a vu aussi des militants de la CGA, la CNT, la Fase, Solidaires, le PCF, NPA, PG, etc. Et sauf erreur, aucun candidat des listes Roumégas (Europe écologie), Mandroux (PS) ou Frêche n’avait fait le déplacement sauf Mahfoud Benali (liste Frêche) qui était là « à titre personnel ».

« Travailler plus pour crever plus tôt »
Lors de la prise de parole, Benoît Guerrée a dénoncé une « xénophobie d’état » et a rappelé que si les capitaux pouvaient circuler librement dans le monde, ce n’est pas le cas des individus. KHalid, jeune sans-papier, a décrit ses conditions de vie et de travail précaires : « Même si on arrive à trouver du travail, on est mal payé, on fait beaucoup d’heures supplémentaires. Pour nous c’est : travailler plus pour crever plus tôt. [...] Sans logement, on est mal dans notre tête, on est mal avec les gens. [...] La clandestinité est une situation atroce. Les sans-papiers n’ont aucun droit. La plupart des sans-papiers sont traités comme des délinquants par la police. Nous ne sommes pas des délinquants car si nous avons quitté notre pays pour venir en France, ce n’est pas pour rien. On est là pour travailler et faire quelque chose de bien de notre vie. »

Lire aussi : La préfecture refuse le dépôt collectif de dossiers

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(1) Mise à jour le 7/02 à 13h25 : le comptage a été effectué au départ de la manifestation entre Plan Cabanes et place Salengro.
(2) La coordination existe depuis 2007. Elle est composée des comités de la Paillade et de Figuerolles, Alternative libertaire, Coordination des groupes anarchistes, CNT union départementale 34, FASE, LDH Montpellier, NPA 34, RUSF, Solidaires 34.
(3) Sollicitée en début de soirée, la préfecture n’a, pour l’instant, pas donné suite. [Mise à jour le 10/02 à 13h55 : la position de la préfecture a été recueillie. Lire La préfecture refuse le dépôt collectif de dossiers]

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Publié dans Brèves. Mots clés : , .

2 commentaire(s)

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  1. Benoît G. said
    on 7 février 2010

    à 13 h 48 min

    La police (SDIG) a avancé à une journaliste présente le chiffre de 500 personnes. Nous étions 600 à notre arrivée en préfecture, sachant que le cortège s’est étoffé au fur et à mesure de la manifestation.
    La préfecture est gênée par notre mouvement collectif et réalisé au grand jour. Ceci explique son changement d’attitude…

  2. Jacques-Olivier Teyssier said
    on 7 février 2010

    à 14 h 02 min

    @Benoît G. : j’ai mis à jour l’article pour préciser que le comptage de Montpellier journal a été fait au départ de la manif. Et celui-ci, j’en suis sûr car j’ai compté les manifestants quasiment un à un.

    Je ne sais pas ce qu’il en a été ensuite puisque je n’ai pas suivi la manif jusqu’à la fin. Le jour où Montpellier journal aura plus de moyen (donc plus de dons de ses lecteurs), ce sera sans doute différent et la manif sera suivie intégralement.