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Le Lundi 25 janvier 2010 à 17:41

René Revol : « Aucune grande presse ne nous sera favorable ! »

Mercredi, la tête de la liste « À gauche maintenant ! », dans son discours lors de l’inauguration de son local de campagne pour les régionales, a évoqué la question des médias. Raymond Couderc (UMP) aussi, vendredi à Montpellier lors de son « forum thématique » sur l’environnement.

René Revol (PG) à la fin de son allocution devant l’opéra Comédie : « Il revient aujourd’hui à la gauche de combat que nous sommes, de relever, pour tous, le drapeau de la gauche et de l’assumer dans cette bataille électorale en laquelle j’ai parfaitement confiance. Ne vous laissez pas impressionner par les coups quotidiens. Aucune grande presse ne nous sera favorable ! C’est nous qui allons créer notre opinion publique, village par village, quartier par quartier en donnant à la possibilité à tous de pouvoir se mobiliser. »
Écouter le son :

Après les prises de parole, Montpellier journal demande des précisions à l’orateur.
Vous avez dit « aucune grande presse nous sera favorable ». Que vouliez-vous dire ?
C’est toujours comme ça. La grande presse vit des espaces qu’on lui achète. Même quand elle cherche à être assez honnête, c’est dur pour elle. [...] Ceci dit, on va forcer le barrage. Je me souviens du meeting du 20 mai 2005 sur le « Non » [au traité constitutionnel européen], pas un mot dans la grande presse alors qu’il y avait 4000 personnes. Il a fallu qu’on intervienne pour que, quatre jours après, on nous dise qu’il y avait eu un meeting de 4000 personnes.

Quand vous dites « la grande presse », c’est quoi ? Midi Libre ? Qui d’autre ?
Vous savez bien qui c’est.

Ben je ne sais pas, non. Précisez : France 3, Midi Libre, France Bleu ?
Je pense que la presse écrite est plus dépendante que la presse radiotélévisée à cause de cette place des achats d’espace. Je connais des gens qui travaillent dans ce secteur, ils dépendent d’eux. 40 % des ressources de certains médias dépendent des achats de la région et des institutionnels. Lorsque ces achats s’en vont, il y a un déséquilibre économique majeur et on met en danger cette presse. Il ne s’agit pas de dénoncer les journalistes ou je ne sais quoi, il s’agit pour nous de poser le problème d’une presse libre dans ce pays et une presse libre suppose une part de financement public. [...] Le financement public de la presse est en chute libre. Ce qui créée une dépendance par rapport aux intérêts privés et malgré la bonne volonté et toute la déontologie que manifestent les journalistes, cette dépendance finit par peser sur les médias. On n’est plus au temps de l’ORTF mais elle pèse. Face à une telle situation, pour une liste comme la nôtre, il faut en appeler à une mobilisation citoyenne, au terrain.
Écouter le son :

« À travers des articles de presse flatteurs,
on essaye de vous faire avaler n’importe quoi »

Vendredi, Raymond Couderc, tête de liste UMP, dans son discours sur l’environnement au gymnase Bessières de Montpellier a abordé la question de façon plus elliptique : « Peut-on oublier qu’après six ans de pouvoir, la région Languedoc-Roussillon soit le wagon de queue pour les Transports express régionaux ? Là aussi y compris à travers des articles de presse flatteurs, on essaye de vous faire avaler n’importe quoi. »

Il est vrai que Midi Libre a fait fort ces derniers jours pour ces deux listes. Pas une ligne sur l’inauguration du local de campagne de la liste « À gauche maintenant ! » (environ 150 personnes présentes). Pas une ligne sur le forum organisé par Raymond Couderc vendredi soir (environ 400 personnes). Ah si, pardon : une brève ironique (24/01).

En revanche, pour l’inauguration du local de campagne de Georges Frêche (environ 500 personnes), le « grand journal régional » comme l’appelle Stephan Rossignol, le porte-parole de Raymond Couderc, avait dépêché deux journalistes et une photographe pour couvrir l’événement. Résultat : un article dans les pages Montpellier et un autre dans les pages régions pour le président sortant. De quoi le rendre hilare comme sur la photo illustrant ce dernier article.

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12 commentaire(s)

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  1. moderavy said
    on 25 janvier 2010

    à 23 h 39 min

    La petite presse amateur local non plus d’ailleurs.
    Se faire élire maire en se disant socialiste, sur une liste apolitique, créer le parti de gauche avec Mélenchon, convertir 80% de son conseil municipal pour finir bras dessus, bras dessous avec la LCR en déclamant au nom du village des thèses trotskystes tout en ne supportant pas d’être qualifié d’extrémiste et en donnant des leçons de morale à toute la région, ça commence à nous faire mal à l’aorte!

  2. Jacques-Olivier Teyssier said
    on 25 janvier 2010

    à 23 h 52 min

    Samedi sur France 3, il a fait la différence entre son mandat à la mairie de Grabels et celui de candidat à la région.

  3. J said
    on 26 janvier 2010

    à 1 h 16 min

    « Une presse libre suppose une part de financement public »… comment peut on encore sortir des inepties pareilles…
    Monsieur Revol pense « libérer » la presse en la finançant lui même…
    Que c’est original ! Heureusement que Monsieur Revol et l’Extreme Gauche arrivent avec leur lot d’idées ininterssantes !

  4. Observateur said
    on 26 janvier 2010

    à 7 h 18 min

    @J.
    Je ne partage pas votre avis sur le fait qu’une part de financement public pour la presse serait une ineptie. Je préfèrerait cela à des financements par Murdoch, Dassault, Bouygues, Lagardère ou à des financements indirects par les annonces légales et la pub des collectivités locales (on connaît bien à Montpellier et en LR).
    Tout dépend ensuite des modalités de financement et de contrôle d’une telle politique publique.

  5. moderavy said
    on 26 janvier 2010

    à 9 h 06 min

    JOT
    Mais bien sûr, en fait nous devrions parler des jumeaux Revol. Toutes ses décisions en tant que maire sont politiquement marquées, TOUTES. Et c’est bien normal après tout mais que l’on ne prétende pas le contraire et qu’on ne mente pas au gens avant le vote. Quand vous achetez un pot de confiture vous êtes bien content de savoir avant à quoi elle est. Non?
    Mais je vous comprends, l’homme est très sympathique et vous n’êtes pas le premier à tomber sous son charme aveuglant. Il a des accents de sincérité à faire monter les larmes. Vous verrez.

  6. Jacques-Olivier Teyssier said
    on 26 janvier 2010

    à 9 h 14 min

    @moderavy : ah ben voilà que maintenant je suis tombé sous le charme de René Revol. On m’a aussi dit que je roulais pour la droite. Je crois que je suis sur la bonne voie.

  7. Jacques-Olivier Teyssier said
    on 26 janvier 2010

    à 9 h 18 min

    @J : je crois que René Revol a mélangé deux choses : la dépendance des médias – surtout nationaux – aux financements privés. Sa solution est plus de financement public. Et la dépendance des médias locaux aux publicités et annonces légales des collectivités. Et pour cela, il n’a pas apporté de solution à moins qu’il ne voulait dire du financement d’État.

  8. moderavy said
    on 26 janvier 2010

    à 11 h 29 min

    @jot
    Tomber sous le chame ne signifie pas que vous partagez ses idées. Moi même, il m’est sympathique mais ça ne m’empêche pas de voir clairement.
    Quand à votre positionnement politique, tant que vous faites honnêtement votre métier, il ne m’intéresse pas et pour l’instant je n’ai rien à vous reprocher.
    Par contre je suis assez choqué qu’on vous ait dit ce qu’on vous a dit! pression politique?

  9. Jacques-Olivier Teyssier said
    on 26 janvier 2010

    à 11 h 57 min

    Pas de pression politique. Juste des partisans de Georges Frêche qui ont trouvé cet angle d’attaque. M’enfin s’ils n’ont que celui-là, ça va.

  10. AC said
    on 26 janvier 2010

    à 15 h 08 min

    @Jacques-Olivier Teyssier
    Je ne savais pas que Monsieur Frêche avait des partisans. Je croyais qu’il n’avait que des inféodés…

  11. J said
    on 27 janvier 2010

    à 21 h 26 min

    @JOT
    Oui, je suis d’accord avec vous… Monsieur Revol ne propose donc aucune avancée… Il s’agit d’élections régionales… Proposer des financement de l’état est donc sans objet… D’autant que ce n’est que reporter le problème… Tant qu’il y aura quelqu’un qui ouvrira sont portefeuille on reportera le problème… La solution la plus appropriée serait selon moi de réduire les charges salariales de la filière…

  12. Jacques-Olivier Teyssier said
    on 27 janvier 2010

    à 21 h 33 min

    @J : c’est sûr que vu le niveau de la majorité des médias locaux (et nationaux d’ailleurs), je serais tenté de vous suivre. Mais je préfère dire : faire mieux avec autant. Et donc avoir plus de lecteurs à charges équivalentes. Et donc moins de dépendance (cf. Le Canard enchaîné, par exemple).

    En attendant ce monde idéal, il ne serait sans doute pas inutile de trouver une solution au fait qu’un politique peut décider tout seul d’attribuer plus ou moins de « subventions » (le mot est de Frêche) à un média. Car tant que la possibilité existera, il y aura toujours quelqu’un pour l’utiliser.