Front de gauche, NPA et leurs partenaires disent s’être mis d’accord sur un protocole pour les élections régionales en Languedoc-Roussillon. Celui-ci n’est pas encore publié mais pour les intervenants de la conférence de presse d’hier, c’était comme si. PC et PG ont clarifié leur position par rapport à Georges Frêche pour le second tour. Quant au NPA, il a renoncé à la tête de liste dans l’Hérault.

« Le protocole d’accord que nous avons adopté, sera rendu public la semaine prochaine lorsqu’il aura été peaufiné, précisé, etc. du point de vue de sa formulation exacte », déclarait René Revol (PG) hier lors de la conférence de presse qui réunissait les artisans de l’accord pour les élections régionales de mars prochain. À savoir : Gauche unitaire, Fase (dont les Alternatifs), M’PEP, NPA, Objecteurs de croissance, PC et PG. Donc, en l’absence de document publié (1), on s’en tiendra aux déclarations faites hier au Club de la presse.
Un peu gonflé
Premier point qui avait achoppé : la question du positionnement au deuxième tour vis à vis de la liste conduite par Georges Frêche. René Revol : « Nous l’affirmons – et quant à nous Front de gauche nous l’avions affirmé depuis longtemps – nous sommes prêts à participer à une fusion au second tour avec toute autre liste de gauche sauf avec Georges Frêche qui, pour nous, a rompu avec les valeurs fondatrices de la gauche. » Ce « nous l’avions affirmé depuis longtemps » est certes un peu gonflé (1) mais la position est maintenant claire. Le PC et le PG ont fait un pas pour se rapprocher notamment du NPA sur cette question. Cela est à peu près confirmé par François Liberti : « Aussi bien la victoire de la droite que la reconduction de Frêche avec les objectifs qu’il porte aujourd’hui, c’est à coup sûr la mise au pas de la région Languedoc-Roussillon dans la politique sarkozienne pour accompagner la mise en oeuvre de ses réformes. »
Et quid de la présence de socialistes sur la liste ? Ce n’est pas impossible à condition qu’ils ne se réclament pas du PS. David Hermet NPA enfonce le clou : « Si le NPA est présent à cette table et dans l’accord, c’est bien parce que les rumeurs dans la presse avec d’éventuelles personnalités socialistes de premier plan, n’existent pas. Sinon, nous ne serions pas là. Le meilleur démenti à un éventuel accord avec Vezinhet [président du conseil général de l'Hérault] ou Mandroux [maire de Montpellier] qui sont cités, c’est la présence du NPA ici. Évidemment nous considérons que le programme du NPA et celui du Parti socialiste sont totalement incompatibles. On peut se rassembler dans des luttes, sur des appels quelconques contre la politique de la droite mais il est absolument impossible que le NPA et le PS soient sur une même liste au premier tour pour défendre un programme en commun : le PS a adhéré à l’économie de marché. »
L’élection du président de région
Reste la question de l’élection du président de région. En particulier si la liste de Georges Frêche arrive devant la liste de René Revol même après fusion avec celle d’Europe écologie. Réponse de François Liberti : « La question de l’élection du président se pose une fois les élections passées. [...] Comme on va gagner, ça va être nous. Si ce n’est pas le cas, nous aurons un candidat : premier, deuxième, troisième tour. » René Revol : « La réponse est claire. Très bien. »
Écouter le son :
Montpellier journal s’interrogeait il y a un an (19/12/08) à propos des régionales : « Frêche ne sera-t-il pas un peu seul ? » La réponse semble aujourd’hui claire : le seul parti qui pourrait encore se rallier à Georges Frêche (en dehors du PRG et du MRC), c’est le Modem. Le président sortant, exclu du PS, en est donc réduit à prendre sur sa liste des socialistes non investis par la Convention nationale du PS (il ne pourra donc pas utiliser le logo du PS), des communistes dissidents, et des exclus des Verts. Il ne peut donc compter que sur sa notorioté (très importante) et sa position (très influente) de président de région lui permettant de manier la carotte et le bâton sous la forme, par exemple, des aides de la région et de celles de l’agglomération de Montpellier. Ces deux collectivités cumulant à elles deux environ 2 milliards d’euros de budget (hors satellites). Bref, il lui reste quand même des arguments pour convaincre les électeurs.
Têtes de listes
Autre question épineuse pour « la gauche de la gauche » : les têtes de listes et en particulier celle de l’Hérault que se disputait le PC et le NPA. Là c’est le NPA qui a fait un pas puisqu’il a accepté de la laisser à François Liberti et se contente des têtes de liste de l’Aude (Sabine Alberola) et des Pyrénées orientales (Jean Boucher). Le PC ayant celle du Gard (Martine Gayraud) et la deuxième place dans l’Aude (Serge Lépine). Le NPA aura aussi la deuxième place dans le Gard (Michel Sala) et dans l’Hérault (Martine Granier). Quant à la tête de liste régionale, elle était déjà quasiment acquise à René Revol compte tenu des accord nationaux au sein du Front de gauche et du fait que le NPA était prêt, depuis longtemps, à la laisser à un de ses partenaires.
Commentaire de François Liberti : « Cet accord fait événement dans cette région. [...] On n’est pas là pour faire du témoignage. On est là pour construire une vraie alternative du XXIe siècle. [...] Cet accord témoigne de la possibilité politique à l’échelle du pays d’aller vers des constructions d’une vraie gauche de transformation sociale écologique et démocratique. » Cette situation pourrait cependant ne pas être unique en France puisque en Limousin ou en Pays de la Loire, « un accord NPA-Front de gauche pourrait aboutir rapidement » à en croire Libération de ce matin.
« Écologie radicale »
Pour Marie-Hélène Dupy, en revanche, le Languedoc-Roussillon est « la seule région où les Objecteurs de croissance s’allient avec autant d’organisations. [...] Nous nous revendiquons de l’écologie radicale – dans le sens étymologique du terme : on prend les choses à la racine. Nous sommes très soucieux du fait qu’on ne peut pas dissocier l’écologie du social. »
Jacques Choukroun a voulu, au nom de la Fase, « lancer un appel tout particulier à ceux que certains appellent « les Blacks », « les Beurs » ou « les Rebeus », bref à tous ceux qui ont été injustement stigmatisés : « Vous avez enfin une possibilité de vous exprimer sans risquer de favoriser la droite. Vous avez une liste qui respecte profondément vos aspirations. Entrez dans le jeu, vous en troublerez beaucoup. » «
Du côté du programme, il a beaucoup été question de rejet du libéralisme, de défense du service public et des territoires, etc. mais, sauf erreur, ni René Revol ni François Liberti n’ont prononcé le mot d’anticapitalisme. Le protocole d’accord sera intéressant à lire aussi sur ce point. Deux autres événements sont attendus en janvier : l’inauguration, dans deux semaines, de locaux de campagne et un meeting le 29 janvier au parc des exposition en présence de Marie-Georges Buffet (PC), Jean-Luc Mélenchon (PG) et d’Olivier Besancenot. Pour ce dernier, il y a encore « un problème d’agenda » à résoudre selon David Hermet.
Écouter l’intégralité de la conférence de presse :
► Lire aussi :
- Retour à la case départ entre le NPA et le Front de gauche
- Accord historique en vue pour « la gauche de la gauche »
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(1) Sauf par le NPA mais en raison des épisodes précédents, il est prudent de ne pas trop s’avancer.
(2) Lire : Revol n’exclut pas une alliance au 2e tour avec Frêche et Le PC n’exclut pas un rapprochement avec Frêche au 2nd tour


3 commentaire(s)
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à 22 h 29 min
ENFIN !
à 21 h 22 min
Revol un peu gonflé?? nonnnnnnnnn! vous rigolez ou quoi! merci pour la mise en ligne du Mp3 de la conf.,
Instructif pour les habitants de Grabels qui découvrent jour après jour pour qui ils ont voté.
à 22 h 03 min
Quelle équipe féminisée !!! (photo)