Le président de région sortant a évoqué ce matin la liste « À gauche maintenant ». C’était lors de sa première conférence de presse thématique consacrée à « l’égalité des chances » dans son local de campagne d’Antigone (1). Mais le candidat n’a répondu qu’à moitié à la question posée par René Revol mardi matin dans Midi Libre à propos du second tour des régionales : « Si le bloc écologique de gauche et nous, nous faisons plus que Frêche, est-ce qu’il se maintiendra ? »
« Il est plus gentil qu’il n’y paraît ce Revol, lance Georges Frêche. Vous verrez qu’il finira par comprendre que son intérêt c’est de faire alliance avec nous au second tour. Nous continuons à lui tendre une main fraternelle. »
Montpellier journal : Quand on lui demande s’il va se maintenir, il répond : « Mais, Georges Frêche il se maintiendra si on est devant ? »
Georges Frêche : Ah mais moi, si j’arrive derrière eux, nous ferons alliance avec eux et nous serons derrière eux. Il n’y aura pas de problème. Mais enfin, je ne crois pas qu’on arrive derrière eux.
Mj : Et s’il n’y a pas d’alliance, vous vous maintiendrez ?
GF : Bien sûr. Si on arrive devant, on se maintiendra.
Mj : Non mais si vous arrivez derrière et sans alliance avec eux ?
GF (agacé) : Je vous ai déjà dit qu’il y aura accord. Mais ne posez pas des qu…[Il se reprend puis :] Mais vous avez le droit de la poser : si on arrivait derrière eux, on ferait alliance avec eux, derrière eux. Point. Si on arrive devant eux, on attend la réciprocité de leur part. Voilà.
« Une complaisance vis à vis de la droite, extraordinaire ! »
Voilà. On n’en saura pas plus. Quelques instants plus tôt, le candidat lâchait : « C’est quand même extraordinaire : il y a un meeting ce soir [vendredi 29 en fait] et il n’y a qu’un seul adversaire c’est Georges Frêche. Couderc [tête de liste UMP], ils n’en parlent absolument pas. Ils ne disent pas un mot du Front national, pas un mot de Couderc. Vraiment, c’est d’une complaisance vis à vis de la droite, extraordinaire ! »
Le président sortant a raison, s’il se limite à la dépêche AFP (25/01) annonçant la défection d’Olivier Besancenot à ce meeting et titrée – du moins sur Google : « Meeting anti-Frêche vendredi avec Buffet et Mélenchon, mais sans Besancenot. » ou au site de Midi Libre (25/01) : « Buffet et Mélenchon animeront ce vendredi un meeting anti-Frêche » (le quotidien a été plus prudent sur son édition papier titrant : « Revol : un grand meeting sans Besancenot »).
« Une véritable alternative au capitalisme débridé »
Là où c’est un peu différent, c’est quand on lit le tract (voir ci-contre) annonçant le meeting et diffusé très largement par les militants de la liste. Il est écrit : « Pour battre la droite en Languedoc-Roussillon [...] Ce scrutin revêt un enjeu plus large de politique nationale et même européenne. L’objectif de Sarkozy et de toute la droite est de reconquérir les régions perdues en 2004, les réduire à l’état d’instruments de leur politique et d’étendre les formes d’une mise en concurrence généralisée des territoires. La responsabilité de la gauche est de faire barrage à cette entreprise et de construire une véritable alternative politique au capitalisme débridé et à ses ravages sociaux et écologiques. »
Et même quand le tract s’attaque à Georges Frêche c’est seulement au verso et pour lui reprocher d’être… trop proche de la droite : « De son côté, confronté à ses contradictions internes et à la dérive autoritaire d’un Georges Frêche qui ne se cache pas de soutenir des « réformes » sarkozystes, le Parti socialiste n’a pas été capable d’investir une liste, se réduisant à une absence singulière en Languedoc-Roussillon. »
« J’ai apprécié que Besancenot ne vienne pas »
Georges Frêche a aussi un mot pour les dirigeants nationaux de deux autres partis de la liste : « J’ai apprécié que Besancenot [NPA] ne vienne pas. [Il se tourne vers Jean-Claude Gayssot, communiste dissident :] Je ne sais pas ce que Marie-Georges Buffet [PC]- il faudra que tu lui dises – vient faire dans ce truc. »
Gayssot : Besancenot ne vient pas parce qu’il veut être devant le Front de gauche en Ile de France (2).
Frêche : Oui, oui. Il ne vient pas parce qu’il n’a pas envie de venir.
Regarder la vidéo :
Le président sortant appuie là où ça fait mal. Car la défection d’Olivier Besancenot est mal perçu par certains militants du Languedoc-Roussillon. À l’image de Robert Martin, militant qui a été très actif dans les négociations avec les autres partenaires de la liste. À l’annonce de cette défection, il a affirmé vouloir démissionner du Conseil politique national du NPA.
[Mise à jour le 27/01 à 19h : dans un communiqué diffusé dans l'après-midi par le NPA de l'Hérault, Olivier Besancenot déclare que "Georges Frêche prend ses désirs pour des réalités" et que, s'il ne vient pas à Montpellier, c'est parce qu'il est "en campagne à Argenteuil avec la liste qu' [il] condui[t] en Ile-de-France ». Selon nos informations, il y aurait aussi des problèmes de passages de témoin pour le porte-parole du NPA qui souhaiterait, au minimum, partager cette fonction.]
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(1) Étaient notamment présents : Joël Abati, Éric Andrieu, Jean-Paul Boré, Christian Bourquin, Didier Codorniou, Josianne Collerais, Jean-Claude Gayssot, Agnès Jullian, Robert Navarro, Yves Pietrasanta, et quelques sympatisants comme Talaat El Singaby.
(2) Olivier Besancenot est tête de liste NPA en Ile de France.


9 commentaire(s)
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à 23 h 37 min
Il est marrant ce Georges mais au final il passe son temps à se victimiser tout seul, à jouer le rôle du vilain petit canard.
Il parle tellement d’Europe Ecologie et du Front de Gauche qu’on sent bien la crainte !
Le vent tourne, c’est un plaisir !
à 8 h 18 min
Il est futé le bonhomme, il sait très bien que cette question du deuxième tour est le point faible de Revol à cause des NPA qui font de cette question un point de rupture avec la liste « a gauche maintenant ».
C’est vraiment étonnant quand il se reprend! On sent qu’il comprend qu’il y a là un piège à c… extraordinaire.
On a là un exemple typique de fulgurance de la pensée. En même temps, il réalise le danger et qu’il faudra la jouer finement. Passionnant cette campagne.
à 9 h 10 min
Bonjour et bravo pour votre journal,
Plusieurs questions :
1/ Publierez-vous un bilan objectif de l’action de la majorité régionale ?
2/ Publierez-vous un comparatif entre les promesses 2004 et les réalisations ?
3/ Publierez-vous un comparatif thématique des programmes de chacune des listes ?
4/ Dernière question : quelle est la position de la liste du monsieur Revol quant au bilan et au programme de la liste de monsieur Frêche ?
Les jeux d’alliances sont très intéressants car décisifs, mais je souhaiterai lire du fond.
Bonne continuation et bon courage pour nous intéresser à cette campagne un peu terne.
Merci
à 10 h 11 min
@Robert : il y aura du fond. Je ne sais pas si j’arriverais à être exhaustif (je suis à peu près sûr du contraire) compte tenu de mes modestes moyens, mais c’est prévu.
à 11 h 20 min
Frêche vient de quitter la vie politique
Cette fois ci il ne s’en sortira pas.
http://www.lepost.fr/groupe/un-autre-avy/membres/article/2010/01/28/1911038_28-janvier-le-jour-ou-revol-a-gagne-les-regionales_1_0_1.html
à 13 h 23 min
N’enterrons pas Frêche trop vite. Cela va se jouer à Paris d’une part, et en fonction de l’attitude des acteurs locaux d’autre part (PS, VERTS, FG). La force de Frêche a souvent été la faiblesse de ces adversaires…
à 15 h 45 min
@ Olivier 34 : Frêche a ceci de commun avec Sarkozy qu’il est en place parce qu’entre autre, il parle beaucoup (et donc les médias parlent de lui) et qu’il n’a pas de réelle opposition politique. Mais dire que le cas de Frêche « va se jouer à Paris », là je me marre. Bonne chance à Montpellier Journal.
à 17 h 42 min
@ sébastien negre :
Avant de vous marrer, suivez ce qui se passe à Paris. La question est déjà tranchée pour les infos que je peux avoir.
à 11 h 41 min
La question est maintenant de savoir (mais du coup c’est vrai que ça va devenir passionnant ces élections, même si au final le peuple en sortira perdant, comme toujours hélas) si il y’aura alliance non plus à deux mais à trois (Front de gauche, PS,liste Frêche)!!! ça commence à faire beaucoup de listes étiquetées Gauche non? L’histoire a montré le résultat de la multitude à gauche: la victoire de la droite!!! Quand je vous dis que le peuple a déjà perdu…