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Le Dimanche 13 décembre 2009 à 19:32

Régionales : retour à la case départ entre le NPA et le Front de gauche

Le Nouveau parti anticapitaliste a-t-il été trop vite en besogne pour annoncer qu’un accord était proche à la gauche de la gauche ? Ou le Front de gauche a-t-il fait machine arrière ? Une chose est sûre : les relations entre ces partenaires sont très tendues.

Le Front de gauche dans la manifestation du 19 mars à Montpellier (photo : Xavier Malafosse)« Le Front de Gauche veut mettre un terme à l’accord avec le NPA en Languedoc-Roussillon », affirme le NPA dans un communiqué diffusé vendredi. Pourtant, dimanche 6, un communiqué présenté comme un document « commun«  aux différents partenaires (Alternatifs, FASE, Gauche unitaire, M’PEP, NPA, Objecteurs de croissance, PC, PG), était largement diffusé notamment par le NPA et la FASE. Et les médias (1) ont largement relayé l’information selon laquelle le NPA était prêt à faire alliance avec le Front de gauche au premier tour après une réunion fructueuse le 3 décembre.

Communiqué sur le site du PC34
René Revol (PG) a même été interrogé sur la question par 7L TV et L’Hérault du jour. Et dans ses propos, rapportés par ces deux médias, il n’était question que d’un seul point encore en discussion : la répartition des têtes de liste. Jusque-là tout était cohérent avec le « communiqué commun ». Du côté du PC, c’était, au pire silence radio, au mieux diffusion de ce communiqué sur le site de la fédération de l’Hérault toujours sous le titre « communiqué commun ». Il y est d’ailleurs toujours consultable au moment où ces lignes sont écrites.

Peut-être les médias, Montpellier journal en tête, auraient-ils dû néanmoins se méfier. Car le 10 décembre, tout était à recommencer. Alors que le NPA pensait discuter, ce jour-là, de la question des têtes de liste pour lesquelles il n’y avait pas encore d’accord, le problème du positionnement vis à vis de Georges Frêche au second tour revenait sur le tapis et le protocole d’accord que les partenaires du Front de gauche (NPA, FASE, etc.) considéraient comme acté était remis en cause par le PC et le PG. Celui-ci contenait la phrase suivante : « Les débats ont également fait apparaître l’accord de tous pour considérer impossible une alliance au second tour avec une liste conduite par Georges Frêche que ses dérives populistes, autoritaires et racistes disqualifient pour rassembler la gauche. »

« Pas la peine qu’on discute pendant 3 mois »
Cette question de Georges Frêche est fondamentale : c’est elle qui permettrait une exception du NPA par rapport à ses décisions nationales de non alliance avec le Front de gauche et avec les Verts. Robert Martin (NPA) réagit : « Il y a eu silence radio jusqu’à hier soir [jeudi 10] et hier soir on nous dit qu’on n’est pas d’accord. Mais qu’ils ne soient pas d’accord sur des petites choses, bon. Mais l’idée qu’on n’exclue pas un accord avec Frêche, là c’est plus grave. Ça veut dire que, pour battre la droite, on est prêt à faire alliance avec Georges Frêche et ça, jusqu’à présent, ce n’était pas dit. » La position du PC et du PG n’était pas aussi claire que ça, Montpellier journal l’a déjà souligné (2). « Alors, dans ce cas-là, ce n’est pas la peine qu’on discute pendant 3 mois, s’exclame Robert Martin. On est parti en discussion, c’est moi qui ai convoqué la première réunion fin juin. On est parti sur l’histoire de Frêche, sur l’idée que Marie-Georges Buffet disait « ni premier ni deuxième tour avec Frêche », que René Revol disait « jamais avec Frêche ». Sinon on n’aurait pas insisté, nous NPA. C’était ce qui faisait que, peut-être, un accord était possible. C’était la personnalité de Frêche qui venait perturber le jeu politique. »

Alors que s’est-il réellement passé le jeudi 3 ? Difficile à dire. Une chose est sûre : seul René Revol était présent et il était mandaté par le Parti communiste. Là où les points de vue divergent, c’est sur le contenu du mandat. Pour le Front de gauche, René Revol n’était mandaté que pour discuter. Ce qui fait dire à David Hermet (NPA) : « C’est quand même une subtilité assez étonnante parce que, nous, on est resté jusqu’à 1 heure du matin justement parce qu’il nous a dit qu’il pouvait négocier. Sinon, on ne serait pas resté. On sait très bien que le PC c’est la grosse force dans la région. »

« Aucune proposition précise à nous faire »
Autre point d’interrogation, c’est l’absence du PC à cette réunion du 3 décembre. David Hermet ne décolère pas : « Ils nous ont expliqué qu’il y a des problèmes internes au PC, qu’il y a des rythmes de débat. Nous, on trouve un peu fort qu’ils sont toujours disponibles pour imprimer leurs propres tracts du Front de gauche, pour discuter de leur propre campagne mais en 10 jours, ils n’arrivent pas à se réunir pour discuter. Parce qu’on a envoyé le protocole avant la réunion du 3 décembre et en 10 jours, ils n’arrivent pas à se mettre d’accord sur des propositions à nous faire ? Parce que non seulement ils revenaient en arrière hier soir [jeudi 10] mais ils n’avaient aucune proposition précise à faire. » Pour Xavier Marchand (FASE), « le NPA a raison de dire qu’ils étaient venus pour entendre des propositions et qu’il n’y en a pas eu. Il y a eu tellement de problèmes en début de réunion, que finalement on n’a pas été jusqu’aux propositions. Ça n’a pas pu se faire parce que le climat n’était pas serein. »

Explication de François Liberti sur l’absence de représentants du PC le jeudi 3: « Le problème c’était qu’on était coincé dans d’autres réunions internes les uns et les autres. Vous savez, c’est compliqué l’échelon régional, départemental, etc. Parfois ça crée une série de contraintes et donc on n’a pas pu être présents le 3. Et comme on n’était pas du tout dans l’esprit : « Le 3, on allait décider », on a demandé à Revol de poursuivre la discussion et d’acter le débat mais pas d’acter des décisions. C’est historique la possibilité d’un accord avec le NPA sur ces questions là. Il ne faut pas le traiter comme ça, sur la jambe. »

« Gros parasitage au niveau de la forme »
David Hermet : « On repartait à zéro comme il y a deux mois. Celui qui a été le plus dur c’est le représentant des Pyrénées orientales [Nicolas Garcia] qui nous a dit que dans son département, le Parti communiste ne pouvait participer à une liste qui ne fusionnerait pas avec Frêche. » Visiblement l’attitude de Nicolas Garcia a été perçue négativement par plusieurs participants. Xavier Marchand (FASE) parle de « gros parasitages au niveau de la forme ».

Reste la question Frêche. Montpellier journal a donc, à nouveau, interrogé le PC et le PG. René Revol : « Dans le débat [de jeudi 10] est apparu aussi que nous devions clairement affirmer que, si nous ne faisions pas d’alliance avec Georges Frêche, il était hors de question de favoriser la droite et que, selon les configurations qu’il y avait au soir du premier tour, il fallait, en s’appuyant sur notre résultat, trouver une solution qui ne nous fasse pas les complices d’un retour de la droite. Je ne peux pas dire aujourd’hui quelle sera la configuration. Personne ne peut le dire. »

« Jamais je ne m’allierai avec Georges Frêche »
Et donc, ça veut dire quoi ? « Georges Frêche est disqualifié pour pouvoir conduire une liste de rassemblement. Conséquence : moi, comme représentant du PG, jamais je ne ferai alliance avec Georges Frêche. Maintenant, je suis responsable : selon les configurations c’est-à-dire si nous faisons plus ou moins de 10 %, je ne contribuerai jamais, par une attitude ou une autre, à faire que la droite puisse revenir mais jamais je ne m’allierai avec Georges Frêche. [...] Pour nous, le tour qui est essentiel, c’est le premier. Pour que les électeurs sanctionnent le fait que la gauche n’est pas représentée par Georges Frêche. [...] Si, par contre, comme certains le voudraient bien, celui qui va représenter la gauche c’est Georges Frêche, là, la situation, naturellement, est complètement différente. Et il est particulièrement difficile à envisager de fusionner avec Georges Frêche. Pour moi, c’est impossible. »

François Liberti : « On a une approche différente [du NPA] sur la manière de mener la campagne (1er, 2e tour). Eh bien ça se discute. Nous sommes dans le cadre d’une démarche qui vise à construire une gauche différente à vocation majoritaire. Cette vocation majoritaire doit se traduire par une dynamique dans la campagne. Quand on commence par expliquer qu’au deuxième tour, on va s’aligner sur ceci ou sur celà, ça veut dire qu’on part battu. Et nous, on ne part pas battu. Nous on veut gagner. Le curseur qui déterminera la position que nous aurons à prendre, ce sera les électeurs qui le donneront dans la campagne du 1er tour. » Pourtant, souligne Montpellier journal, Europe écologie est dans la même logique d’arriver en tête mais cela n’a pas empêché les Verts d’exclure la reconduction de Georges Frêche. « Ça, c’est la position d’Europe écologie, répond François Liberti. Nous on considère que cette position est affaiblissante pour la bataille du premier tour. »

« Ils ne vont pas se maintenir »
Annie Menras de L’Hérault du jour est en général bien informée de la position du Parti communiste notamment du fait des liens historiques du PC avec son journal. La journaliste a déclaré (« On en parle », 7L TV, 10/12, vers 26′) : « Ce n’est pas la question de la tête de liste qui va faire problème. [...] Je pense que le Front de gauche, lui, ne se maintiendra pas, comme le propose le NPA, contre Georges Frêche. Je pense qu’il ne feront pas en sorte que la droite passe. Ça, ça va être la grosse différence entre les deux. Je ne sais pas ce qu’ils vont faire mais en tout cas, ils ne vont pas se maintenir. Alors que le NPA, il propose le maintien de la liste. » Xavier Marchand, lui, pense exactement l’inverse : « Si on trouve une solution pour que la tête de liste de l’Hérault aille au NPA, à mon avis, les discussions reprendront. » À moins, bien sûr, que la santé de Georges Frêche mette tout le monde d’accord (ou pas) : Midi Libre annonçait samedi soir un « coup de fatigue » du président de région.

Une chose est sûre chacune des parties tente de manœuvrer pour n’endosser, d’aucune manière, la responsabilité d’un éventuel échec de l’unité. Ainsi François Liberti déclare : « Je fais constater – c’est quand même important – que le NPA a décidé sur le plan national de ne faire l’accord avec le Front de gauche, nulle part en France. Ils ont voté là-dessus. [...] S’il s’agit d’une opération tactique qui consiste à dire : « On vous fait des propositions qui vous mettent le couteau sous la gorge » sans nous laisser le temps d’en discuter pour justifier le non-accord, comment on appelle ça ? [...] Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage. » Du côté du NPA, on parle plutôt de transparence – « transparence agressive » dit Xavier Marchand (FASE) – dans les discussions vis à vis des militants et on pointe, à l’inverse, l’absence d’information des militants du PC et du PG sur le déroulement des négociations. Manière de dire que tout cela n’est pas très clair chez les leaders de ces deux partis. Prochaine réunion jeudi 16.

► Lire aussi : Régionales : accord historique en vue pour « la gauche de la gauche »

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(1) Montpellier journal (6/12) , France Bleu Hérault (7/12, David Hermet y parle clairement de la question Frêche), 7L TV (7/12), Midi Libre (7/12), Direct Montpellier plus (7/12), L’Hérault du jour (8/12)
(2) Lire Le PC n’exclut pas un rapprochement avec Frêche au 2nd tour et Revol n’exclut pas une alliance au 2e tour avec Frêche

Publié dans Politique. Mots clés : , , , , , , , .

8 commentaire(s)

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  1. zone grise said
    on 14 décembre 2009

    à 10 h 23 min

    De deux choses l’une, la premiere option qui concerne une eventuelle alliance avec la liste conduite par Freche, n est qu une fois de plus qu une divertion, quand ont s’est qu’au final ce sera et quoi qu’il arrive, « barrage à la droite ».
    Le réel enjeu pour ces partis, se veut a moyen et a long terme, a savoir qui prendra la tete de la gauche de la gauche.
    Viens s’ajouté a tout cela , l annonce tant attendu, de la direction national quand à la légitimité de Freche pour conduire sa liste, du coup les choses ont été revus à la baisse, difficile pour les partis qui ont encore quelques siège à la région de les perdrent, donc on va manoeuvré de la façon la plus pervers possible, car Freche une fois élus, devra « coupé des têtes », notament pour cause, des differentes annonces négative en son encontre de la part de ses composantes dite de la gauche de la gauche.
    Je ne craint que le manque de courage de la direction national du PS, est venu rasé et mettre a nu, les possibilités d’alliances unitaire.

  2. coco34 said
    on 14 décembre 2009

    à 10 h 37 min

    Nationalement le NPA a decidé de ne pas faire le choix de l’unité et refuse de travailler sur des alternatives avec le Front de Gauche… donc logiquement au niveau du LR il reviennent sur cette ligne et cherche des raisons (le 2eme tour, la tête de liste départementale, la répartition des places sur les listes…) pour remettre en cause l’union avec le front de gauche. Voila les choses sont malheuresement aussi simple.

  3. moderavy said
    on 14 décembre 2009

    à 10 h 58 min

    Cette histoire de deuxième tour est fondamentale et je ne comprends pas comment concilier la stratégie de maintien avec celle du barrage de la droite.
    On a volontairement entretenu un mensonge en espérant que les dupés se tairaient de honte.
    Ce qu’il serait intéressant de savoir, c’est si l’axe PC/PG va résister à cette découverte.
    Revol a encore un tour dans sa manche, obtenir le soutien de Solférino, bien plus rentable que le soutien du NPA. (ancien socialiste il a un joli carnet d’adresse)
    Notons que le Maire de Grabels a gagné la mairie avec ce genre de manœuvre, son premier adjoint à d’ailleurs démissionné au printemps, s’estimant trompé.
    http://www.lepost.fr/groupe/un-autre-avy/membres/article/2009/10/18/1747825_pour-que-les-choses-soient-claires_1_0_1.html

  4. Xavier Marchand said
    on 14 décembre 2009

    à 11 h 08 min

    Nous avons une responsabilité de dimension nationale!
    Sans doute faut-il maintenant imposer l’unité de ces forces par la base.

    C’est le sens de l’appel de Béziers!

    http://www.appeldebeziers.fr

  5. moderavy said
    on 14 décembre 2009

    à 11 h 21 min

    @Xavier Marchand
    vu ton lien
    lu ceci qui montre le problème

    « Les débats ont également fait apparaître l’accord de tous pour considérer impossible une alliance au second tour avec une liste conduite par Frêche que ses dérives populistes, autoritaires et racistes disqualifient pour rassembler la Gauche.

    Nous souhaitons au second tour battre la droite en permettant un vote de Gauche. Pour cela, nous sommes favorables à des fusions démocratiques entre toutes les listes de Gauche qui ne sont pas derrière Frêche, à l’exclusion du MODEM et de toute formation de droite. »

    donc c’est bien ce que dit l’article de Montpellier Journal : y une c… dans l’potage comme dirait Frêche.

    sur le cas revol si ça vous intéresse
    http://www.lepost.fr/article/2009/12/14/1839675_partie-de-poker-menteur-au-faf-revol-sur-la-sellette-regionales-lr-freche.html

  6. moderavy said
    on 15 décembre 2009

    à 6 h 55 min

    René REVOL dit sur un autre Avy que le problème vient du NPA

    « Le NPA faisant masssivement circuler un compte rendu erronné de la rencontre entre les organisations engagées dans le processus de constitution d’une liste unitaire pour les régionales 2010, vous trouverez ci joint le compte rendu réalisé par martine Gayraud et moi-même*

    *(René Revol) »

    http://www.lepost.fr/groupe/un-autre-avy/membres/article/2009/12/14/1839675_partie-de-poker-menteur-au-faf-revol-sur-la-sellette-regionales-lr-freche_1_0_1.html

  7. @moderavy : j’ai reçu ce compte-rendu et j’ai demandé celui de la réunion du 3 décembre. Sans succès, pour l’instant.

  8. Phil OGM said
    on 17 décembre 2009

    à 20 h 57 min

    Je ne sais pas ce qui se passera, même si j’ai les plus grandes craintes. Ce qu’il me semble, c’est que si accord n’est pas trouvé, ce sera une défaite catastrophique. Et je pense ne plus me retrouver devant une urne électorale avant longtemps.
    On a vraiment l’impression que pour certains, l’important n’est pas d’avoir un objectif politique, mais un siège au chaud au Conseil régional, quelles qu’en soient les conséquences… C’est troublant et désespérant.