Selon l’AFP, Georges Frêche aurait déposé plainte contre Éric Besson, ministre de l’immigration et de l’identité nationale et Frédéric Lefebvre, porte-parole de l’UMP pour « diffamation et atteinte à l’autorité des décisions de justice ». La première plainte vise des propos tenus par le ministre sur Canal+ ce matin (vers 2’50″) notamment : « Un homme qui a pu dire que les harkis sont des sous-hommes, qu’il y avait trop de Blacks dans l’équipe de France de foot », selon un communiqué de Me Gauer, avocat de Georges Frêche. Les propos de Frédéric Lefebvre tenus sur iTélé hier (vers 4’30″) et visés par une deuxième plainte seraient sont : « Un responsable politique qui en disant les Harkis sont des sous-hommes, n’exprime pas une peur mais une violence ».
« Doctrines raciales nazies »
Au delà de l’aspect judiciaire, Georges Frêche prend, avec ces plaintes, le risque politique que le contenu du jugement de la cour d’appel de Montpellier concernant l’affaire des « sous-hommes » soit beaucoup plus médiatisé qu’il ne l’a été jusque-là. En effet, la justice a bien relaxé le président de la région Languedoc-Roussillon mais sur un point de forme. Sur le fond, la cours d’appel de Montpellier a été extrêmement sévère considérant notamment, dans son jugement rendu le 13 septembre 2007, certaines expressions comme “outrageante”, “hautement outrageante”, “très gravement outrageante”, “injures gravissimes” ou encore renvoyant “aux expressions utilisées par les doctrines raciales nazies”. Lire Frêche-Harkis : ce que la justice a vraiment dit pour consulter les jugements et comprendre le point de forme.
Mise à jour à 16h35 : avec le communiqué de Me Gauer, avocat de Georges Frêche.
Mise à jour à 19h10 : avec le lien vers la vidéo de la matinale de Canal+ de ce matin.
Mise à jour le 20/12 à 12h15 : avec le lien vers la vidéo de iTélé du 9/12
► Lire aussi :
- Frédéric Lefebvre choisit de répliquer à Georges Frêche sur les Harkis
- Lefebvre en remet une couche sur Frêche et les Harkis


13 commentaire(s)
Suivre les commentaires de cet article
à 18 h 47 min
Si chaque fois que Frêche dit une connerie on fait un procès, on va devoir rouvrir des tribunaux dans la région….
à 19 h 53 min
Frêche joue sur du velours en ce moment : tous les médias parlent de lui et il ne met pas 1€ dans l’histoire.
Maintenant, il joue l’homme du sud qui s’oppose au traître qui a rejoint l’UMP et au porte parole de l’UMP, donc à Sarkozy par personnes interposées.
Le héros du Sud se dresse contre le mal (du moins pour l’électorat qu’il vise) !!!
Vu la côte de popularité actuelle de Sarko et l’anti-parisianisme primaire dans nos contrées qui ne demande qu’à ressortir, cela va lui rapporter un maximum de voix.
Il est peut-être en train de gagner la bataille médiatique, même si les élections sont encore loin. Mais je suis d’accord avec JOT que cela peut aussi lui péter à la figure.
Pas sûr aussi que cela lui fasse de la bonne pub s’il attend l’investiture du PS ce week-end, même si cette échéance explique sûrement cette initiative. Entre d’un côté le rappel de l’affaire sur les harkis et son récent dérapage sur les prisonniers en Allemagne et de l’autre côté, coller un procès aux ennemis du PS, pas sûr que le pari soit gagnant.
La pression est maintenant sur Martine Aubry mais elle est vraiment capable de voir tout rouge.
à 19 h 57 min
@Observateur : pour l’instant rien ne prouve que les propos présumés de Georges Frêche sur les prisonniers en Allemagne soit un dérapage. Si j’ai bien compris, pour l’instant, on n’a qu’une personne qui a rapporté ces propos.
à 20 h 05 min
L’avocat de Georges Frêche a d’ailleurs démenti ces propos.
à 15 h 49 min
Malek Boutih parle également de M Frêche et je conseille d’écouter sa position. Alors que l’on parle de rénovation au PS et que rien (aucune pratique, aucune solution programmatique) ne change il apporte une réflexion intelligente.
à 7 h 42 min
Bonjour,
Né le 10 avril 1948 en Martinique, vivant en Europe dont Paris depuis 43 ans, je tiens a apporter mon entier soutien à M. Georges Freche. Gaulliste, j’ai toujours voté à droite, Chirac, Sarkozy, etc. Dès lors on ne pourra pas me taxer de « copain copain politique ». Je suis tout simplement révolté par les procès en sorcellerie que l’ont fait à un homme la veille des élections car on sait qu’il a des chances de battre ceux qui sont en face.
S’agissant des deux affaires avec les Harkis et les blacks en équipe de France, ravivés par des politiciens qui n’ont rien à dire sinon semer la zizanie pour espérer tromper encore le peuple, je dirai ceci : lorsqu’on soutient un parti de gouvernement et qu’on se permet de bafouer à ce point la justice de son pays, on est indigne de parler au nom du peuple. L’autorité de la chose jugée impose aux parleurs d’après de la mettre en sourdine. De plus fort, tout le monde sait – les Besson et Lefebvre encore plus – que M. Freche, harcelé lors d’un discours par des porteurs de valise (nous l’avons tous vu) a répondu à ces attaques : en droit ça porte un nom : l’exception de provocation, la bonne foi et, surtout, la légitime défense gravée dans le marbre par un arrêt du 18 juin 2002 de la chambre criminelle de la Cour de Cassation relatif aux attaques morales. Concernant les propos au sujet du trop grand nombre de blacks dans l’équipe de France, il faut être d’une mauvaise foi congénitale pour interpréter ce qu’a voulu dire M. Freche parce que ça fout la honte à certains. M. Freche aime le foot comme moi et beaucoup de Français. M. Freche est un gagneur et non un suiveur. Quand il parle du nombre élévé de blacks dans l’équipe de France, tout le monde sait qu’ils démontrent par leur nombre que les noirs sont plus forts que les autres joueurs et c’est bien pour cela qu’ils sont plus nombreux. Les formateurs et autres recruteurs devraient faire profil bas au lieu de tenter de salir un homme qui a le coeur gros comme un ballon de foot. Il suffit Messieurs ! M. Freche, soignez-vous car nous avons besoin d’un homme comme vous qui parlez vrai et non des arrangeurs de propos inventés de toute pièce dans un seul et unique but : salir un homme.
à 9 h 12 min
Sujet d’article :
Comment Frêche va financer sa campagne?
Le PS national va-t-il payer quelque chose?
à 12 h 32 min
@moderavy
Bonne question.
Et y aura-t-il le logo PS sur les affiches alors que la liste n’a pas l’investiture du PS ?
En tout cas, dans le Midi Libre d’aujourd’hui, Navarro fait le forcing en faisant croire qu’ils pourront utiliser le logo du PS (et j’imagine que pour lui, cela signifie le financement qui va avec). Sinon, ils feront un emprunt … et la Région ou l’Agglo se porteront caution (non, je plaisante).
à 18 h 37 min
@observateur
Article totalement hallucinant du Midi Libre avec pour sommet culminant une menace d’exclusion du PS, pour ceux qui oseraient utiliser la liberté donné par la position du PS national dans cette affaire, pour aller sur une autre liste que celle de Frêche.
Dingue, ils font comme si le PS national les avait investi.
à 18 h 45 min
Pour ceux qui ont du mal à suivre l’article de Midi libre c’est : Moscovici bétonne la forteresse frêchiste. Je n’étais pas dispo pour aller à cette conférence de presse et je le regrette bien…
à 22 h 18 min
Les titres du ML sont surprenants (enfin, pas tant que çà):
« Moscovici bétonne »: en quoi est-il légitime au PS pour bétonner dans ce sens ? Son discours va à l’encontre de la décision qui a été prise par le national. Les listes de Frêche ont été validées mais n’ont pas eu l’investiture du PS (seule région a ne pas être invitée à la photo de famille). C’est la nuance de taille.
« … la forteresse Frêche » : ces derniers temps, la forteresse a quand même largement tendance à se lézarder de toutes parts.
Mais ML par ses titres à répétition accompagne assez bien le plan com. de l’équipe de Frêche. Je me rappelle encore d’un des rares gros titres sur Roumégas (Roumégas rame derrière Cohn-Bendit), histoire de laisser à penser que c’est la division chez les dirigeants verts et que le national est en faveur d’un rapprochement avec Frêche.
Quand le ML titre « Moscovici bétonne la forteresse Frêche » ou la « Question Frêche est tranchée » et ne fait dans ces articles aucune analyse critique des paroles de Navarro et de Moscovici par rapport à la décision du national, on se demande où est la différence entre le métier de communiquant et celui de journaliste.
Idem pour le titre d’hier « Frêche à Mandroux : « Je lui recommande de s’occuper des trottoirs et nids de poule », avec dans l’article une reprise de tous ses « bons mots » à l’égard de ceux qui s’opposent à lui et une introduction qui laisse à penser qu’il est « dans une forme olympique » alors qu’aucun communiqué médical sérieux n’a été donné, je me dit que le service de com de la région n’aurait pas fait mieux. A part qu’ici, c’est signé d’un journaliste du ML..
à 1 h 09 min
ML continue sans mollir !!!
Nouveau titre dans l’édition d’aujourd’hui : « Les chemins tortueux de la gauche anti-Frêche ».
« Chemins tortueux » est quand même loin d’être flatteur et « Gauche anti-Frêche » laisse croire que leur rassemblement et leur programme se limitent au « Tout Sauf Frêche ».
L’article emploie un ton ironique sur ces tentatives d’alliance à gauche et termine en apothéose en faisant référence aux déclarations de Lefebvre, histoire de bien montrer que le grand gagnant de ces divisions sera l’UMP, voire que c’est l’UMP qui choisit ses adversaires.
Dans ce cas, on aimerait aussi que le ML soit un peu plus critique dans ses articles et fasse un peu d’investigation sur le système interne du PS local et sur ses dérives démocratiques.
Une plaie de notre société est la dépolitisation du citoyen de base. Je pense que la presse régionale de proximité y est pour beaucoup car elle n’offre plus d’espace public pour du vrai débat politique, argumenté, contradictoire et pas réservé uniquement aux élus.
Elle est devenue parti prenante, elle se transforme en relais médiatique du pouvoir qui la nourrit, lui réserve ses « exclusivités », l’invite dans ses voyages et lui fait vendre du papier. On peut comprendre cette situation d’un point de vue économique, même si on serait en droit de connaître la nature et le montant des marchés entre les collectivités territoriales et les médias locaux.
Ce qui est malheureux est qu’elle n’assume pas clairement ses choix (via les éditoriaux ou les tribunes libres qui sont normalement réservés à ça). On se retrouve alors avec ce genre de manipulation médiatique : si l’on regarde depuis quelques semaines, il n’y a pratiquement pas un jour sans un gros titre avec le mot Frêche. Et quand on analyse sur une période assez longue le contenu des titres et le sens qu’ils dégagent, on constate malheureusement que l’ensemble est loin d’être équilibré.
à 10 h 25 min
@Observateur : j’ai vu tout ça. S’il n’y avait pas plein d’autres sujets à traiter, je prendrai le temps de faire un papier fouillé. Mais je crois qu’aujourd’hui beaucoup de lecteurs savent ce dont vous parlez.
Selon moi, il faut donc :
- soutenir les médias indépendants (dont Montpellier journal) ;
- demander aux hommes et femmes politiques de mettre en place des lois pour éviter ce genre de dérive. Problème, ils sont tous convaincus qu’il y a des dérives mais ils ne proposent quasiment rien. Et se gardent bien de les critiquer de peur, sans doute, d’être encore plus mal traités par les médias en question.