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Frêche ne suit pas Mandroux sur la circulaire du tramway

Ce soir, les délégués des villes de l’agglomération de Montpellier se réunissent pour le dernier conseil communautaire de l’année. Un débat sur la ligne 4 de tramway va-t-il avoir lieu ou la chape de plomb va-t-elle être maintenue sur un des sujets qui opposent le président de l’agglo et le maire de la ville centre ?

Georges Frêche, président de l'agglomération, le 21 décembre 2009 à Montpellier (photo : Mj)Montpellier journal a interrogé Georges Frêche, hier en conférence de presse, sur le tramway. En particulier quelle suite le président de l’agglo comptait donner à la demande d’Hélène Mandroux, maire de Montpellier – et première vice-présidente de l’agglo comme elle se plaît à le rappeler – concernant la réalisation du tronçon Albert 1er-Laissac de la ligne 4 en même temps que les travaux de la ligne 3. Ce projet visant à réaliser une circulaire autour du centre est d’ailleurs notamment soutenu par les Verts et l’UMP. Alors qu’en dit le président de l’agglo ? Il tente d’abord de botter en touche : « On n’a pas la DUP [déclaration d'utilité publique]. » Avant de préciser : « Non mais écoutez : moi je fais des lignes de tramway de façon cohérente, je ne fais pas du rapiéçage. Donc le moment venu, nous lancerons la ligne 4. Comme prévu. Selon le parcours prévu. » Voilà pour les arguments du président de l’agglo.

« Les conseilleurs ne sont pas les payeurs »
« 2014, ce sera le lancement des études ? »
, demande Henri-Marc Rossignol (La Gazette de Montpellier) « Oui. En principe, la quatrième ligne sera inaugurée en 2018, répond Georges Frêche. Donc les travaux commenceront en 2015-2016. Les conseilleurs ne sont pas les payeurs. Ce sont les payeurs qui décident. » Les contribuables montpelliérains apprécieront. Puis, sans qu’aucune question ne lui soit posée sur le sujet, Georges Frêche poursuit de lui-même : « Dans la plupart des villes de France, ce n’est plus le maire de la capitale régionale qui est président de la ville. [...] C’est le cas aujourd’hui dans les 2/3 des grandes villes françaises. » Sans doute une façon de tenter de calmer les vélléités d’Hélène Mandroux de prendre la présidence de l’agglo.
Regarder la vidéo (à la gauche de Georges Frêche, François Delacroix):

Georges Frêche n’a pas détaillé son calcul des 2/3 mais, pour les villes suivantes, le maire de la ville principale est aussi président de la communauté urbaine ou d’agglo : Lyon (Colomb), Toulouse (Cohen), Nice (Estrosi), Nantes (Ayrault), Lille (Aubry), Rennes (Delaveau), Reims (Hazan), Le Havre (Rufenacht), Saint Etienne (Vincent), Toulon (Falco), Angers (Antonini), Dijon (Rebsamen), Brest (Cuillandre), Nîmes (Fournier). Rappelons par ailleurs que la ville de Montpellier dispose de la moitié des sièges au conseil d’agglo. Cela ne semble pas suffisant pour que le maire de Montpellier y ait le pouvoir de décision. Le vote d’un voeu en conseil municipal pour ce tronçon pourrait permettre d’y voir plus clair et de mettre chaque conseiller municipal face à ses responsabilités. Hélène Mandroux aura-t-elle cette audace ? L’opposition va-t-elle le proposer ? Montpellier journal a, par ailleurs, sollicité Alain Manoukian dont le projet commercial sur le Jeu de paume était annoncé pour 2013. Mais celui-ci, n’a, pour l’instant, pas donné suite.

La question de la fermeture du Jeu de paume pendant les travaux de la ligne 3 est aussi revenue sur le tapis hier. Georges Frêche : « Il n’a jamais été question de fermer le Jeu de paume. Je ne sais pas qui a inventé ça. Ils ont joué à se faire peur. » Montpellier journal rappelle au président de l’agglo que Serge Fleurence a dit, vendredi, que c’est l’agglo et Tam qui avaient changé d’avis. Réponse de François Delacroix, directeur général des services : « Il suffit de regarder la DSP [en fait l'enquête publique] qui a été lancée par l’agglomération il y a trois ans pour réaliser la troisième ligne. La ligne de circulation est maintenue dans la DSP. La communauté d’agglo et la Tam n’ont jamais changé là-dessus. » Sollicitée pour qu’elle fournisse des éléments tangibles sur le revirement de l’agglo et de Tam, la mairie n’a, pour l’instant, pas donné suite. Il reste que cet épisode montre les problèmes de communication entre la ville et l’agglo. Mais qui doutait encore qu’il en existât ?
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Publié dans Environnement, Politique. Mots clés : , , , , , , .

3 commentaire(s)

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  1. J said
    on 22 décembre 2009

    à 19 h 29 min

    Il me semble que GF n’a pas dit « Les conseilleurs ne sont pas les payeurs. Ce sont pas les payeurs qui décident.” comme vous l’écrivez… Mais plutôt l’inverse… « Les conseilleurs ne sont pas les payeurs. Ce sont les payeurs qui décident pas les conseilleurs.” (Vidéo à l’appui !).
    Comme quoi on a vite fait de déformer les mots…

  2. C’est corrigé. Merci de votre vigilance !

  3. Observateur said
    on 23 décembre 2009

    à 21 h 18 min

    Frêche dit « moi je fais des lignes de tramway de façon cohérente ». C’est quand même extraordinaire d’entendre ça !!!
    Cf. tronçon raté de la ligne 2 ou multiples projets annoncés dans la presse ou encore décision par GF seul en plein conseil d’agglo de prolonger une ligne au nord alors que cela n’a jamais été étudié et discuté avant.
    Cf. également ce modèle en étoile qui oblige à passer par le centre ville et qui pénalise tous ceux qui font des déplacements périphériques.
    Cf. enfin tentative de prolongement jusqu’à Poussan en dépit des gros doutes techniques et économiques par des experts du domaine et en dépit du SCOT en cours d’élaboration sur le bassin de Thau.

    Bref, le tramway est pour GF surtout une arme politique (grosse carotte ou gros bâton selon les cas), un outil très apprécié des promoteurs immobiliers, mais sûrement pas un projet mené de manière cohérente.