Ce matin au Club de la presse, les secrétaires départementaux ont présenté le résultat du vote des militants communistes sur la stratégie de leur partie pour l’échéance de mars 2010 : « Front de gauche élargi » et François Liberti comme « chef de file ». Il a été aussi question des alliances possibles notamment avec le président sortant ou Europe écologie.
Le résultat est sans appel : 87,71 % des militants communistes du Languedoc-Roussillon (votants) ont choisi de suivre « l’offre nationale » de leur parti à savoir : « Aller à la bataille sous l’égide du Front de gauche » avec pour ambition de l’élargir « à d’autres forces politiques et personnalités du monde syndical, associatif et culturel ». Ce choix a été identique dans 16 autres régions sur 22. Les militants ont par ailleurs validé la candidature de François Liberti comme « chef de file des communistes » à plus de 94 %.
Peu de chances d’être exclus
L’option soutenue par les quatre vice-présidents (Boré, Collerais, Garino, Gayssot) qui souhaitaient une alliance dès le premier tour avec « la liste du Parti socialiste [sic (1)] conduite par Georges Frêche », est donc ultra minoritaire parmi les militants régionaux (12,29 %). On ne sait pas encore quelle va être la décision de ces quatre élus communistes mais les quatre secrétaires départementaux (Aude, Gard, Hérault, Pyrénées orientales) ce matin lors de leur conférence de presse, ont indiqué que les minoritaires avaient peu de chance d’être exclus dans le cas où ils iraient malgré tout sur la liste de Georges Frêche. « On n’exclu plus au PC. On n’est pas au PS », a même lancé Amandine Carazzoni (Aude).
Partage-t-ils l’opinion de certains qui avancent que, si ces quatre là ont fait ce choix, ce n’est pas par conviction mais plutôt pour conserver leur place ? Réponse de Jean-Louis Bousquet (Hérault) qui livre son « opinion personnelle » : « Pendant 6 ans, ils ont travaillé d’arrache pied, je pense qu’ils ont l’impression que c’est un désaveu de ce qu’ils ont fait. Que c’est ça qui a motivé la divergence. [...] Ce n’est pas la seule région où il y a ce type de débat. » Martine Gayraud (Gard) ajoute : « Il n’y a pas de contestation sur le travail et l’engagement de nos élus à la région. Et le respect qu’ils ont eu du mandat qu’ils avaient des électeurs. »
Quant aux alliances éventuelles, on n’en sait pas plus. Jean-Louis Bousquet a rappelé que Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts, avait déclaré qu’Europe écologie pourrait faire une exception en Languedoc-Roussillon à sa stratégie d’autonomie au premier tour.
« Le PC n’a jamais fait de cadeau à la droite »
Pour le second tour, les communistes vont-ils aussi loin que Marie Georges Buffet qui a déclaré (AFP, 26/10) : “Nous ne serons pas avec George Frêche ni au premier, ni au second tour” ? Réponse de Jean-Louis Bousquet sur une alliance possible avec le président sortant : « Au premier tour, ça semble impossible et au second tour, ça sera très compliqué. Donc il faut avoir une démarche à vocation majoritaire dès le premier tour pour éviter cela. [...] Le Parti communiste a été créé en 1920 et n’a jamais fait de cadeau à la droite. Il ne commencera pas à en faire en 2010. Nous voulons peser, arriver à avoir une démarche majoritaire à gauche mais dans tous les cas de figure – et il y a toute une palette d’options possibles – on fera tout pour qu’au second tour, la droite ne reprenne pas la région. » Cela signifie-t-il que les communistes considèrent que Georges Frêche est plus à gauche que la droite ? (rire dans l’assistance) Regarder la réponse en vidéo de Jean-Louis Bousquet puis de Nicolas Garcia (P.O.) :
Si on écoute Nicolas Garcia, l’alliance avec Georges Frêche pourrait être difficile même au deuxième tour. Les communistes veulent faire barrage à la droite, « ce qui implique une discussion avec les listes de gauche les mieux placées entre les deux tours. Ce qui implique, si les conditions sont réunies, une participation aux exécutifs mais ce qui implique une exclusion d’alliance avec la droite. Ça veut dire le Modem, les partis qu’on peut rapprocher de la droite. Dans cette région il y a le Modem et les chasseurs qui étaient avec de Villiers. [...] C’est quand même la droite quasi extrême. C’est inscrit dans ce qu’ont validé les Communistes ce week-end. L’offre nationale n’est pas à géométrie variable. D’ailleurs elle était jointe aux bulletins de vote. » Or Georges Frêche envisage sérieusement une alliance avec le Modem au moins au deuxième tour.
Elle pourrait donc l’être aussi avec Europe écologie, rejoint par Cap 21 il y a une dizaine de jours. Car Cap 21 fait toujours partie du Modem. Mais dans ce cas, les communistes ne répondent plus « offre nationale » de leur parti mais compatibilité des programmes politiques qui, a priori, sont suffisamment proches pour permettre un rapprochement avec Europe écologie. À suivre donc.
Georges Frêche et les promoteurs immobiliers
Sur le passé, François Liberti souligne des « choses positives – sur lesquelles les élus communistes ont travaillé » et donne quelques exemples de désaccords : « Quand le président de région va en Lozère pour rencontrer les élus et qu’il leur dit : « Un des pôles d’avenir pour ce département c’est de privatiser une partie de cet espace vert pour en faire une chasse pour les gens qui sont très fortunés et à partir de là ça bénéficiera à la région. » Ce n’est pas forcément la conception de l’aménagement du territoire que nous avons. Quand il vient sur les bords de l’étang de Thau pour dire : « La perspective d’avenir c’est plutôt le grand tourisme lié à la promotion immobilière. » Ce n’est pas notre conception des choses. » Solution pour l’ancien maire de Sète : il faut que l’office foncier régional joue son rôle. Si ce n’est pas le cas, serait-ce en raison d’une trop grande proximité de Georges Frêche avec les promoteurs immobiliers ? Réponse en images :
« L’arrêt du présidentialisme »
Autre élément du passé : la gouvernance du président sortant dont c’est peu de dire qu’elle est loin de faire l’unanimité jusque dans la majorité régionale, chez les écologistes (Arditi), au PS (Andrieu) et donc chez une majorité de communistes à l’image de Jean-Louis Bousquet : « S’il y a une chose – et là je suis en partie responsable comme d’autres puisque je fais partie des forces de gauche à la région – où la liste Union toute est vraiment en contradiction et en échec sur son programme, c’est sur cette question. Car il y avait dedans l’arrêt du présidentialisme. Vous trouvez normal qu’avant chaque session du conseil régional, le président annonce à la presse ce qui va être voté le lendemain en disant : « Voilà ce que j’ai décidé. » Où est le collectif là-dessus ? Où engage-t-on une dynamique de participation de toutes les forces de la région ? » Et celui qui est aussi président du groupe communiste à la région d’appeler de ses voeux, en cas de victoire, un premier vice-président non plus en charges des finances mais « de la démocratie participative et de l’organisation du travail en commun de la majorité ».
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- Les résultats complets du vote des militants communistes du Languedoc-Roussillon (site de la fédération PC de l’Hérault)
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(1) A ce jour la direction nationale du Parti socialiste n’a pas fait connaître sa position sur le soutien ou non du PS à une liste conduite par Georges Frêche.


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