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Le Jeudi 26 novembre 2009 à 17:00

"Il ne faut quand même pas nous prendre pour des billes !"

Paul Alliès a déclaré que la direction nationale du Parti socialiste ne voulait pas de Georges Frêche comme tête de liste pour les régionales de 2010. Le secrétaire national adjoint à la rénovation du Parti socialiste déclare à Montpellier journal qu’il a été autorisé à s’exprimer par François Lamy, conseiller politique de Martine Aubry, première secrétaire du PS.

À propos de la décision que vous avez annoncée à l’AFP…
Paul Alliès le 26 octobre à Montpellier (photo : Xavier Malafosse)Ce n’est pas une décision. Je suis secrétaire national adjoint à la rénovation. C’est le secrétaire national, en l’occurrence François Lamy, le responsable de cabinet de Martine Aubry, qui m’a autorisé, après plusieurs notes et plusieurs discussions qu’ils ont eues entre eux (au cabinet d’Aubry), à m’exprimer sur le contenu de la dernière note que j’ai remise hier après-midi et qui porte sur ce que vous avez déjà vu : une liste socialiste sans Frêche susceptible de pouvoir rassembler toute la gauche du Languedoc-Roussillon. Il n’y a pas eu de débat dans aucune instance – certains semblent s’en étonner, s’en inquiéter ou s’en scandaliser, ce n’est pas mon sujet. L’instance qui va être saisie, quand on aura avancé, c’est la commission statutaire des élections présidée par Christophe Borgel qui a déjà évoqué ces problèmes du Languedoc-Roussillon sans aller plus loin. Cette commission électorale est composée à la proportionnelle des motions telles qu’elles ont été votées au congrès de Reims. Cette instance votera et probablement que – peut-être que je m’avance un peu – c’est les délégués de la convention nationale du samedi 12 décembre à Paris qui pourront être amenés à voter sur le choix principal que représente cette annonce.

« Georges Frêche dit tous les jours
qu’il n’en a rien à foutre du Parti socialiste »

Pourquoi cette déclaration maintenant ?
Nous – c’est-à-dire pour aller très vite Hélène Mandroux [maire de Montpellier], André Vezinhet [présent du conseil général de l'Hérault] ; moi je me suis peu exprimé, ce n’était pas mon rôle – avons déjà exprimé notre position publiquement lors du vote du 1er octobre à travers Éric Andrieu. Depuis, nous avons respecté scrupuleusement toutes les étapes, procédures, instances du parti. Nous avons découvert, voilà la réponse à votre question, mardi – lundi, enfin bref (1) – la composition, la nature de la liste, celle que Robert Navarro c’est-à-dire la fédération de l’Hérault, la plus importante de la région, une des plus importantes de France, avait proposée aux militants du conseil fédéral. C’est une liste conduite par un Divers gauche, Georges Frêche. La seconde est une Divers droite, la chef d’entreprise de Béziers [Agnès Jullian]. Nous avons considéré la composition de la liste, les socialistes qui sont dessus, leur place, etc. C’est une liste qui ne correspond pas du tout, du tout, à ce que le National souhaitait. Elle a aggravé la situation en gardant sur cette liste des dissidents, des exclus, enfin bref des gens qui sont qualifiés Parti communiste, Verts ou autre alors qu’il n’y sont plus. Et que les communistes, par exemple, qui se sont maintenus, Gayssot et d’autres, disent : « On est Robert Hue. » Or Robert Hue, vous allez en parler à Marie-Goerges Buffet, elle va pousser un cri. Ce ne sont pas des communistes. Arrivés au bout du bout c’est-à-dire au vote des fédérations qui va se prolonger jeudi prochain par le vote des sections, nous constatons qu’en l’état actuel des choses, notamment dans l’Hérault, ça n’est pas possible. Ce n’est pas Robert Navarro qui est tête de liste. On aurait pu l’imaginer. Ça aurait été une équation qu’on aurait prise en compte. C’est Georges Frêche qui n’a pas redemandé sa réintégration, qui dit tous les jours qu’il n’en a rien à foutre du Parti socialiste et qui conduit la liste socialiste ? Il ne faut quand même pas nous prendre pour des billes ! Excusez-moi sur les formules.

« Le Languedoc-Roussillon doit sacrifier aux 2 critères :
la rénovation et l’ancrage à gauche »

Il y a aussi l’aspect national car, ça n’a peut-être pas beaucoup passionné les foules ou on n’a insisté que sur un aspect à savoir comment Martine Aubry, depuis un an, a passé une partie de son temps à réconcilier les différentes personnalités, sensibilités, etc. Ce à quoi elle est arrivée même s’il y a aujourd’hui les bisbilles Peillon-Royal mais ce n’est pas l’affaire de Martine Aubry, ça se fait en dehors du Parti socialiste. Elle est arrivée à ça au mois de juillet et à partir de La Rochelle, ça aussi il faut le prendre en compte, elle a annoncé un vrai projet de rénovation. Je peux en parler parce qu’avec Montebourg depuis le mois de janvier, j’ai passé du temps à Paris sur ce sujet. La rénovation c’est aussi ce sur ce quoi les militants ont voté le 1er octobre. Dans ce contexte-là, de la même manière qu’il y a eu mardi soir, au bureau national, un débat de trois heures sur l’immigration, sanctionné par un texte de quatre pages sur l’immigration qui est assez étonnant quand on sait les renoncements, les atermoiements du PS depuis au moins 10 ans. Martine Aubry avait annoncé à La Rochelle, qu’elle allait non seulement rénover le Parti socialiste mais aussi l’ancrer à gauche. Et bien, nous y sommes. Dans ce contexte-là, le Languedoc-Roussillon doit sacrifier aux deux critères : la rénovation et l’ancrage à gauche. Et la liste Frêche n’y correspond pas.

Donc c’est la Convention nationale qui a le dernier mot ?
Il y aura forcément un vote de la commission nationale des élections. La semaine prochaine, peut-être qu’il y aura un débat au bureau national. Mais ça, on va voir. Le Parti socialiste fonctionne à la semaine. Il devrait y avoir un vote, comme il y en aura pour toutes les régions, de la convention nationale le 12 décembre. Sauf que ce jour-là, c’est évident que nous – le Parti socialiste – ne serons pas en mesure de donner le dernier état des listes puisqu’on ne va pas faire ces listes en dix jours. Je ne sais pas sur quoi ça portera. Peut-être qu’il y aura un vote. Ce qui sera un passage obligé, ce sera la commission nationale des élections. Elle se réunit autant que nécessaire et sera saisie très rapidement par qui le voudra et il y aura un vote.

Y-aura-t-il un vote national pour ou contre la liste Frêche ?
Je ne sais pas vous répondre. La priorité c’est qu’on veut arriver à une liste de rassemblement et d’union avec toute la gauche le plus rapidement possible avec des socialistes qui ne seront pas des marginaux mais qui seront le Parti socialiste. C’est un travail nouveau. Jusqu’ici on a rabâché sur : est-ce que Frêche sera soutenu ou pas. Eh bien voilà. On passe à un autre stade. Ceux que ça surprend ont fait l’impasse sur le national. Le national reprend la main.

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(1) La liste a été révélée par Midi Libre avant qu’elle soit soumise au vote du Conseil fédéral mardi

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2 commentaire(s)

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  1. Aux nombreux commentateurs : je vous recommande de lire les nouvelles règles de gestion des commentaires si vous voulez que vos commentaires soient validés. La première étant que l’adresse mail doit être validée.

  2. Nico_C said
    on 27 novembre 2009

    à 11 h 30 min

    la bataille au sein du PS est d’abord une batalle médiatique. Ici une personne prétendant s’exprimer au nom du national, là des contradicteurs qui annoncent que le niveau national n’a pas pris de décision puisqu’il ne s’est pas réuni.

    Il en ressort une énorme confusion qu’il serait souhaitable de voir disparaitre au plus vite. Mme Aubry doit prendre position surtout si elle souhaite que la gauche unie l’emporte en mars !