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Le Dimanche 22 novembre 2009 à 21:13

Georges Frêche vu de l'intérieur du conseil régional

Maryse Arditi, ancienne adhérente des Verts, a annoncé jeudi son ralliement à la liste Europe écologie pour les régionales de 2010. Au delà du bon coup réalisé par Jean-Louis Roumégas, cette annonce a été aussi l’occasion pour la vice-présidente de livrer quelques éléments illustrant le fonctionnement du président de région en particulier sur ses « dérapages ». Mais aussi de faire entendre sa voix discordante sur Agrexco.

Maryse Arditi le 19 novembre 2009 au Club de la presse de Montpellier (photo : Xavier Malafosse)Certains pointent les contradictions du Parti socialiste dont les militants du Languedoc-Roussillon se sont prononcés le 1er octobre, à une écrasante majorité pour que Georges Frêche soit la tête de liste soutenue par les socialistes aux régionales de 2010 alors que celui-ci est exclu du PS depuis janvier 2007. Mais c’est un peu au même numéro de haute voltige, toute proportion gardée, auquel se sont livrés les Verts, jeudi, avec l’annonce du retour de Maryse Arditi dans l’équipe de campagne d’Europe écologie dont les Verts représentent la colonne vertébrale et qui permet certains compromis.

Retrait des majorités
En effet, la vice-présidente de la région en charge de la formation professionnelle est dans le même groupe que ceux (Pietrasanta et Meunier-Polge) qui ont été exclus des Verts en juin 2008 pour avoir refusé d’appliquer la décision de leur « parlement » (CNIR) qui avait décidé le retrait de leurs élus des majorités présidées par Georges Frêche. Cette décision du « parlement » national des Verts faisait suite aux propos de Georges Frêche concernant le nombre de « Blacks » dans l’équipe de France de football. Maryse Arditi fait, depuis cette date, parti du « Groupe des élus écologistes » au conseil régional et n’est plus adhérente des Verts qu’elle a quitté d’elle-même. Vous suivez toujours ?

Les Verts vont donc soutenir, en mars 2010, une liste (Europe écologie) sur laquelle Maryse Arditi devrait être présente. Certes en position non éligible conformément au souhait exprimé par l’élue qui ne veut pas repartir pour un deuxième mandat. En revanche, elle dit vouloir prendre une part active à l’élaboration du programme de la liste. Et elle explique qu’elle rejoint ainsi sa « famille » à défaut d’union de la gauche, au moins au premier tour. Et qu’elle renonce ainsi à la proposition « tentante » et « sympathique » que lui aurait fait Georges Frêche si elle était partie avec lui : en cas de victoire en mars, affirme-t-elle, il lui aurait confié la délégation à l’environnement, aujourd’hui détenue par Yves Pietrasanta.

Les voix qu’apportera l’Audoise
Il y avait donc de la réconciliation dans l’air jeudi au Club de la presse. Les voix écologistes qu’apportera l’Audoise sont à ce prix. Rappelons quand même, pour finir, que l’attitude de Maryse Arditi a été un peu différente de celle de ses collègues exclus puisque celle-ci avait condamné les propos de Georges Frêche, une dizaine de jours après que celui-ci les eut tenus. Dans une lettre rendue publique en novembre 2006, l’élue écologiste n’avait pas été tendre avec le président de région et l’informait qu’elle lui rendait sa délégation et donc l’indemnité associée. Mais sans sortir de la majorité régionale. Cependant, si Maryse Arditi est restée dans la majorité de Georges Frêche, c’est, rappelait-elle encore jeudi, un peu à « l’insu de son plein gré » car, personne n’ayant été nommé pour la remplacer, il fallait bien faire le boulot. Sans l’indemnité associée, se plaît-elle aussi à souligner.

Au Club de la presse, donc, toutes ces histoires semblaient déjà loin. Maryse Arditi est apparue aux côtés de Jean-Louis Roumégas, la tête de liste Europe écologie. Et c’est tout juste si ces deux-là ne se sont pas claqués la bise devant les journalistes venus nombreux assister à la réconciliation. Au-delà de l’image et du bon coup réalisé par Jean-Louis Roumégas et son équipe, avec le ralliement d’une élue dont le travail est régulièrement salué, notamment par Georges Frêche lui-même, l’intérêt de la conférence de presse de jeudi a résidé dans le fait que, pour la première fois depuis 2004, une élue de la majorité régionale portait un jugement sans concession sur la gouvernance de son président – et sur un point de son bilan, l’agenda 21 ; nous y reviendrons.

« Les dérapages »
Prenez ce qu’il est de coutume d’appeler « les dérapages » de Georges Frêche. Pour Maryse Arditi, certains seraient contrôlés et cela lui aurait d’ailleurs été confirmé par le principal intéressé : « Le discours qui est tenu c’est en gros : « Les rapatriés, quand ils étaient en Algérie, votaient PC ou PS. Il n’y a aucune raison qu’arrivés ici, ils votent Front national. Donc ces gens-là, on doit les récupérer nous. De temps en temps je fais des petites allusions qui leur fait plaisir. »«  Analyse partagée par Jean-Louis Roumégas (1). En revanche, les « sous-hommes » serait un dérapage, toujours selon l’élue qui n’hésite pas à mimer la scène pour étayer sa démonstration. À ne pas louper.
Regarder la vidéo (la question sur les « Blacks » est posée par Gérard Laudinas de Midi Libre) :

Maryse Arditi annonce à Georges Frêche son ralliement à la liste Europe écologieAutre reproche fait au président sortant : ses méthodes de gouvernance. Dans la lettre (voir ci-contre) qu’elle adresse à Georges Frêche pour l’informer de sa décision, Maryse Arditi écrit : « Le mode de gouvernance que vous avez privilégié n’a pas permis à chaque élu de la majorité de s’investir complètement dans son mandat. La plupart des élus ont été au mieux consultés et les décisions relèvent in fine d’un tête à tête singulier entre vous et votre administration, votre « technostructure ». »

Éric Andrieu
Illustration avec le schéma économique – « ce n’est pas tout à fait rien », ironise l’élue – voté sans qu’il soit discuté par la majorité. Pour elle, seuls deux schémas régionaux ont fait l’objet d’une large concertation : celui de la formation professionnelle et le SRADT (aménagement du territoire). Le premier conduit par Maryse Arditi elle-même et le deuxième par un certain Éric Andrieu, le candidat malheureux face au frêchiste Didier Codorniou, lors des élections internes du PS du 1er octobre. Ce qui fait dire à Jean-Louis Roumégas, sourire jusqu’aux oreilles : « Mais Eric Andrieu n’est pas là ce soir. » Avant d’ajouter, stimulé par les journalistes présents : « Mais l’histoire n’est pas finie. » En effet, une des grandes inconnues de ces élections, notamment dans l’attente de la position de la direction nationale du PS, est l’éventualité d’un large rassemblement à gauche (Front de gauche, Europe écologie et une partie du PS), face à la liste menée par Georges Frêche.
Regarder la vidéo (la deuxième voix masculine est celle de Pierre Serre de La Gazette de Montpellier) :

Alors que faire ? Pour Maryse Arditi, on ne change pas quelqu’un à 71 ans et même si Georges Frêche a pu faire illusion lors de la campagne de 2004, « il a ses qualités et ses défauts, on n’y peut rien, il a toujours fait comme ça et il continuera à faire comme ça. [...] Quand on a une méthode et qu’on l’applique depuis 40 ans, on n’en change pas ». Conclusion : « Georges Frêche aurait dû passer la main cette fois-ci. [...] Honnêtement, il rendrait presque plus de services à l’Humanité et à cette région s’il écrivait ses mémoires plutôt que d’attendre, comme il l’a dit, de mourir en scène. »
Regarder la vidéo :

On s’en doute, à l’écoute de ces déclarations, Jean-Louis Roumégas buvait du petit lait. Jusqu’à ce que Montpellier journal demande à Maryse Arditi si elle était opposée, comme les Verts, à l’implantation de l’entreprise israélienne Agrexco sur le port de Sète. « Joker », répond l’élue. Avant de demander : « Je voudrais simplement qu’on m’explique pourquoi quand ils étaient à Marseille ça ne posait aucun problème et s’ils viennent à Sète, ça pose problème. » Silence de Jean-Louis Roumégas. Pourtant celui-ci aurait pu conseiller à sa voisine la lecture d’un article de Montpellier journal où figure la réponse à cette question (3e paragraphe).
Regarder la vidéo :

►Lire aussi : Cap21 avec Europe écologie : “Un moment historique” selon Fandos

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(1) Cette thèse a été aussi soutenue par Éric Andrieu, vice-président de la région mais aussi par le NPA et dans un article de L’Humanité.

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Un commentaire

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  1. phil B said
    on 24 novembre 2009

    à 9 h 05 min

    Compétente, honnête, franche… autant de bonnes raisons pour quitter ce conseil régional !