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Le Lundi 19 octobre 2009 à 15:32

Mairie et région défendent la liberté de la presse… ailleurs

Mais ici, c’est une autre histoire. Pourtant, cela n’a pas empêché les représentants de ces collectivités de clamer, vendredi, leur attachement à des médias libres et indépendants.

Hélène Mandroux, Michael Delafosse, Laurent Blondiau le 16 octobre 2009 à Montpellier (photo : Mj)Quand des élus participent à une manifestation en relation avec les médias, il est toujours intéressant d’être présent car on est à peu près sûr de ramener des perles. Vendredi, c’était l’inauguration de l’exposition de photos et de dessins de presse sur l’esplanade, à l’occasion des 25 ans du Club de la presse. Une nouvelle fois, il y eut de beaux discours.

« Regardez ce qui se passe en Italie »
Hélène Mandroux, maire de Montpellier : « La presse n’est pas toujours libre. C’est une liberté absolument essentielle, dans un pays comme le nôtre, qui s’appelle la démocratie. À partir du moment où on fait une pression sur la presse pour lui interdire de publier tel ou tel article, c’est inadmissible. La presse doit rester libre. Libre et indépendante. Regardez ce qui se passe en Italie. Comment accepter que les médias puissent être complètement bloqués, coincés parce qu’il y a un gouvernement qui intervient dans une presse qui n’est pas indépendante ? »
Écouter le son :

Quand on sait qu’à l’automne 2008, la mairie de Montpellier a coupé, pendant quelques mois les publicités à Montpellier plus, les propos d’Hélène Mandroux prennent une saveur particulière. Même si, depuis, la mairie semble avoir corrigé le tir en revenant sur la décision puis, plus tard, en invitant des médias comme L’Agglorieuse ou Montpellier journal aux conférences de presse. Autre geste symbolique : une interview donnée par Hélène Mandroux à l’hebdomadaire satirique (29/04). Mais de nombreux progrès restent à faire : malgré des demandes répétées, depuis le 16 avril, le maire n’a toujours pas accepté d’être interviewé par Montpellier journal. Peur de questions dérangeantes ? Si oui, Hélène Mandroux a bien raison car c’est bien ce type de questions que nous souhaitons lui poser.

Autre problème, malgré une demande du 26 octobre 2008, Montpellier journal n’apparaît toujours pas dans la liste des « médias régionaux » sur le site de la ville de Montpellier aux côtés d’autres médias comme : Actufoot34, Art Vues, Chicxulub, Conso facile, Dans l’Air du temps, Exit magazine, Focus magazine, Idem, Indispensable plus Montpellier, Look City, Reg’art sur une saison, pour ne citer que « les plus connus ». [Mise à jour le 15/11 à 18h50 : la mairie a corrigé le tir le 28 octobre 2009. Montpellier journal est maintenant référencé et une nouvelle rubrique a été créée : "Sites Internet d'information".]

« M. Poveda mort au Salvador »
L’avantage dont dispose Hélène Mandroux c’est qu’à côté de Georges Frêche, elle passe pour une démocrate puissance 10. Cela n’a pas empêché, Laurent Blondiau (1), le représentant du président de région, de déclarer, vendredi, les yeux humides : « Vous dire aussi que j’ai une pensée, émue, pour M. Poveda qui est mort au Salvador. » Avant de poursuivre : « Je crois que le photojournalisme aujourd’hui est en difficulté. En raison de la crise économique [...] et aussi par rapport à la liberté de la presse qui est toujours un combat. Je crois qu’ici, même si on semble protégé [sic], il faut des sentinelles. On avait il y a quelques semaines les sentinelles de l’environnement, je pense qu’il faut des sentinelles de la liberté de la presse. »
Écouter le son :

Avec Georges Frêche, ce ne sont pas des sentinelles qu’il faudrait, ce serait au moins cinq garnisons. Citons notamment les pressions régulières exercées sur les journaux locaux, l’interdiction faite à Montpellier journal, jusqu’au printemps dernier, d’assister aux conférences de presse et aux conseils d’agglo. Interdiction levée depuis sous la pression de nombreux journalistes. Refus d’envoyer les invitations aux conférences de presse de l’agglo et de la région à L’Agglorieuse et à Montpellier journal malgré les protestations du Club de la presse. Refus de communiquer des documents administratifs à Montpellier journal : la demande a été faite le 27 avril 2009. Sans succès. Il a fallu que Montpellier journal saisisse la Commission d’accès aux documents administratifs pour que l’agglo finisse par accéder à sa demande le 16 septembre dernier soit près de 5 mois plus tard. Contre un chèque de 1,20 € pour les 4 photocopies A4, tout de même (voir copie ci-dessous).

Copie du chèque pour les photocopies de documents administratifs demandés à l'agglo

Que Georges Frêche et ses équipes ne veuillent pas laisser les journalistes exercer librement leur profession et qu’ils préfèrent des médias aux ordres, on peut le comprendre même si on doit le dénoncer. Mais au moins, quand il s’agit de parler de liberté de la presse, qu’ils aient la décence de se taire.

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__________
(1) Laurent Blondiau est directeur de la communication de la région Languedoc-Roussillon. Auparavant il était directeur de la communication de l’agglomération de Montpellier. Et encore avant, il était correspondant du journal L’Humanité dans la région. Il y signait ses articles sous le nom de Laurent Flandre. Il a été aussi… président du Club de la presse ! Lire par exemple : « Laurent Flandre a lu Georges Frêche » (29/04/03)

Publié dans Brèves, Médias, Politique. Mots clés : , , , , , .

13 commentaire(s)

Suivre les commentaires de cet article

  1. moderavy said
    on 19 octobre 2009

    à 17 h 00 min

    Longue vie à Montpellier journal!
    Le midi libre n’est plus crédible.

  2. corrompu said
    on 19 octobre 2009

    à 18 h 22 min

    berlu a la rai gf a le midilibre

  3. JR DE DALLAS said
    on 19 octobre 2009

    à 19 h 16 min

    lLberté de parole et liberté de presse.

    Le plus gros déni de liberté je l’ai vécu lors de la conférence de presse pour demander la libération d’Igrid Betancourt devant le théatre de Montpellier §

    Tous les élus de gauche y compris J Marie GAVALDA ont eu droit à la parole excepté Christian JEANJEAN Député UMP à l’époque.
    Cette mascarade de liberté de la presse était organisée à l’époque par le Club de la Presse.
    A ce moment j’avais vu les organisateurs du club de la Presse et les élus de montpellier et son agglomération et attiré leur attention sur cette inéquité et manque de démocratie, leur réponse fut pour les uns :
    « Ce n’est pas nous! « pour les élus
    « nous ferons mieux la prochaine fois »Club de la Presse
    c’est précisément par ce type d actions partisanes que la presse crée sa mort médiatique.
    Club de la presse ou pas il faut à un moment donné choisir son éthique car concourir à la libération de Madame Bétancourt se situait au dessus de tous clivages politiques, me semble-t-il???
    A Montpellier Journal existe la liberté d’expression, profitons- en et Merci à JO Teyssier

  4. Xavier Malafosse said
    on 19 octobre 2009

    à 21 h 59 min

    Jacques-Olivier, ne t’inquiète pas ! Ils seraient nombreux à avoir cette même larme à l’oeil en évoquant le sympathique « fouille-merde » que tu étais, si quelqu’un t’assassinait toi aussi… Ils auraient même des mots doux à ton égard !

    Tu devrais peut-être songer à te faire assassiner : d’une part pour faire exploser les dons, ensuite pour que nous puissions assister au bal des faux-culs. Et en plus, avec une résurrection, tu gagnerais un nouveau lectorat !
    ;)

  5. Observateur said
    on 20 octobre 2009

    à 7 h 58 min

    En parlant du ML, il y a une très bonne illustration de la connivence de ce journal avec GF dans l’édition du jour.

    En p2 du cahier Région, juste à côté de la rubrique « Elections Régionales », un long article avec comme gros titre « Inondations : Frêche poursuit l’œuvre … de Napoléon III ». Article publié par Gérard Laudinas à la suite du colloque annuel organisé par la Région sur les risques naturels. Par rapport au contenu de la journée, ce journaliste du ML n’a retenu que des éléments tirés de l’allocution de GF et brode ensuite une histoire autour de ça en laissant entendre qu’avant l’arrivée de GF, rien n’avait été fait et que GF a même obligé l’Etat et l’Europe à s’engager. Selon GF, ces actions ne rapportent aucune voix, il le dit bien haut et le journaliste s’empresse de le répéter dans son article.

    Quand on connaît un peu le domaine des risques et l’évolution de leur gestion en France et en Europe depuis 15 ans, lire cet article est assez surréaliste. La Région ne fait pas plus, pas moins que les autres, toutes étant désormais contraintes par la règlementation nationale et européenne. De l’avis des professionnels, elle aurait même tendance à faire beaucoup plus en terme de communication mais plutôt moins bien dans la qualité des réalisations, notamment en comparaison avec PACA pour la gestion des digues du Rhône. Frêche affirme que grâce à son action, des décennies d’incurie seront rattrapées : on en est pour le moment très très loin et les incuries se poursuivent allègrement quand les élus ouvrent à l’urbanisation dans des zones inondables ou en bord de mer ce qui obligent ensuite à dépenser des dizaines voir des centaines de millions d’euros pour les protéger (ex de Lattes et de l’aménagement du Lez).

    Le travail du journaliste du ML se résume ici à un simple exercice de relais de communication du CR LR en période électorale. Aucun travail d’investigation sur ce qui se fait ailleurs dans ce domaine, aucun retour des différentes sessions de ce colloque, aucun souci d’informer objectivement le lecteur sur l’action de ses élus.

    Alors, quand on voit certains de ces élus s’émouvoir de la liberté de la presse en France ou dans le monde, ils feraient effectivement mieux de faire profil bas car c’est loin d’être reluisant en LR.

  6. Nico_C said
    on 20 octobre 2009

    à 12 h 11 min

    JOT à écrit : « Mais de nombreux progrès restent à faire : malgré des demandes répétées, depuis le 16 avril, le maire n’a toujours pas accepté d’être interviewé par Montpellier journal »

    Cet argument est un peu spécieux, ne pas vouloir répondre aux questions de MJ ce n’est tout de même pas pareil que d’oeuvrer localement contre la liberté de la presse.

    Pour le reste tout est malheureusement vrai.

  7. @Nico_C : c’est une forme de discrimination. Mais comme je l’ai écrit, je fais une différence entre les collectivités présidées par Georges Frêche (agglo et région) et la mairie de Montpellier.

  8. néo-montpellierain said
    on 20 octobre 2009

    à 17 h 46 min

    Pouvez-vous dresser une liste de journalistes mutés à la demande de G Freche parce que ce dernier trouvait que certains journalistes comme P OGE muté à Agde ainsi que d’autres qui avaient rédigé des articles peu flatteurs sur lui .
    Merci de votre éclairage…

  9. @néo-montpelliérain : j’aimerais bien mais c’est l’omerta.

  10. Tonton Flingueur said
    on 21 octobre 2009

    à 12 h 53 min

    arrête de faire ta pleureuse. Montpellier journal est un site internet ou un blog, au choix, mais pas un média !!!!!!!!!!!! C’est quand que vous allez le comprendre. Donc quand on est pas média et qu’on est pas journaliste, on peut pas prétendre a étre considéré comme tel.

  11. observateur said
    on 21 octobre 2009

    à 13 h 04 min

    @Tonton Flingueur
    Il y a pas mal de journalistes du coin qui mériteraient de voir leur carte de presse retirée tellement ils se sont éloignés des règles déontologiques de leur profession.

    JOT fait un excellent travail de journalisme d’investigation et c’est une bouffée d’air frais dans cette région.

  12. Bug said
    on 21 octobre 2009

    à 13 h 54 min

    Tonton Flingueur said
    on 21 octobre 2009
    à 12:53
    arrête de faire ta pleureuse. Montpellier journal est un site internet ou un blog, au choix, mais pas un média !!!!!!!!!!!! C’est quand que vous allez le comprendre. Donc quand on est pas média et qu’on est pas journaliste, on peut pas prétendre a étre considéré comme tel.

    On dirait du Ségéla cette vieille e.conne de l’info-com qui phagocyte encore ce le concon flingueur appelle un média qui a déclaré sur Fr2 dans une émission ou on s’auto congratule 1/3 du temps:
    « Internet est le plus grande saloperie inventée par les hommes ».

    Puisque vos références vont à Audiard (les Tontons flingueurs) ce que vous ignorez peut-être puis-je me permettre de le citer ?
    « Les cons ça osent tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît »

    Encore un adepte de la presse tout juste valable pour la cabane au fond du jardin où je vous invite cordialement à faire votre revue de presse.

    Ne me répondez pas :
    « je ne parle pas aux,cons, ça les instruit », M Audiard.

    Bonne lecture.

    Bug, Cafard impertinent.

  13. @Tonton Flingueur : vous détournez la question de fond car, dans l’article ci-dessus, je faisais référence à d’autres médias qui ont subi des pressions ou des traitements particuliers : Montpellier plus, Midi Libre, L’Agglorieuse, La Marseillaise. Plus ceux que je ne peux pas citer pour ne pas les mettre dans une position difficile.

    Je sais que cela doit vous déranger mais je vous rappelle que Montpellier journal a été reconnu comme média par de nombreux journalistes et par le Club de la presse.

    Enfin, pour prolonger ce que dit « observateur » et comme je l’ai déjà écrit, quand je vois les comportements de certains journalistes encartés, je trouve plutôt flatteur d’être traité de blogueur. D’autant que les visites ne cessent d’augmenter sur Montpellier journal (25 000 pendant les 4 dernières semaines). Encore faut-il pouvoir faire son travail correctement.