La direction nationale du PS semble fort peu bienveillante à l’égard du candidat à sa propre succession. Illustration avec le meeting du 3 juin à Montpellier qui ne devrait pas avoir lieu. Du moins en présence de Martine Aubry, la première secrétaire. Les éclairages de Paul Alliès, secrétaire national adjoint en charge de la rénovation du Parti socialiste.
Depuis plus de 30 ans, il en a vu d’autres. Mais là, ça se complique de plus en plus pour Georges Frêche et sa candidature à la tête de liste pour les régionales de 2010. Témoin l’annonce qui devrait tomber dans les heures ou les jours suivants : Martine Aubry ne viendra pas à Montpellier le 3 juin. On peut prendre ça comme un simple problème d’agenda. Mais c’est bien de communication voire de divergences entre la fédération de l’Hérault – et son premier secrétaire, Robert Navarro, allié de Georges Frêche – et le secrétariat national du PS dont il s’agit. Car, à en croire Paul Alliès, membre de l’instance dirigeante du parti, « c’est encore un coup d’intox de Navarro ! Il n’a jamais été demandé à Martine Aubry de venir en meeting à Montpellier. Navarro l’a annoncé pour laisser penser qu’il était en bon terme, comme autrefois d’ailleurs, avec le tout état socialiste (1). Aubry venir à la Salle des rencontres [de la mairie] faire le dernier meeting de la campagne ? C’est stupéfiant ! Incrédible ! Aubry n’a jamais imaginé venir à Montpellier. En plus, il y a un mois et demi, ça apparaissait comme politiquement périlleux parce que vous imaginez combien Frêche aurait pu descendre du balcon, etc. Donc, politiquement, c’était à déconseiller. Ce que je m’apprêtais à faire mais je n’ai pas eu à agir parce que ce n’était pas du tout prévu dans le planning. C’est un bluff ! »
Concurrent potentiel
Du côté de l’équipe d’Eric Andrieux, troisième sur la liste du PS pour les européennes, on confirme : « Il se pourrait qu’on fasse quelque chose avec elle avant mais ce ne sera pas le 3 juin à Montpellier. » Et d’enfoncer le clou : « Il aurait été bien qu’il [Robert Navarro] nous appelle avant de faire passer un communiqué pareil (2). » Rappelons que le nom d’Éric Andrieu est souvent évoqué comme concurrent potentiel à Georges Frêche dans la course à la candidature pour les régionales. Autre complication pour ce dernier : sa réintégration au sein du PS. Même s’il dit s’en moquer et qu’elle n’est pas indispensable pour sa candidature, elle faciliterait sans doute son investiture, en particulier en cas de candidature alternative issue des rangs du PS. Andrieu toujours. Ou un autre.
Et cette réintégration est loin d’être gagnée. « Je ne connais pas de dirigeant du PS qui dise aujourd’hui : « Il faut réintégrer Georges Frêche. » Parce qu’ils savent très bien que c’est un problème national et que si le PS décide ça, vous avez les Unes des journaux nationaux. Ils ne se rendent pas compte ici que Frêche est devenu sont principal ennemi. Regardez encore l’histoire de Perpignan, l’autre jour. Ce n’est plus la situation de 2004 où il avait acheté une conduite et où, pendant un an, il faisait le zen, ne parlait plus et faisait le gentil. À un point même que plusieurs de vos collègues m’appelaient pour me demander : « Est-ce que tu crois qu’il a vraiment changé ? » Il avait même réussi à enfumer les journalistes ! On a vu ce que ça a donné. Cette fois, ce n’est plus possible. Il a les casseroles que vous savez qui l’ont fait exclure du PS (3), il est incapable de se maîtriser – on l’a vu à Perpignan – et ce n’est pas fini. Donc personne n’imagine pouvoir défendre vraiment Frêche au niveau national sur un plan politique. Donc ça l’affaiblit terriblement. »
« Exigences sur l’expression ou le comportement »
Du coup, toujours selon Paul Alliès, il y a trois catégories parmi les dirigeants nationaux du parti. Ceux qui disent : « Il n’est pas possible qu’on reparte encore une fois avec Frêche qui ne se corrige pas et qui est devenu un obstacle. » Une deuxième, celle des pragmatiques qui disent en substance : « Si on veut garder la région, faisons contre mauvaise fortune bon cœur et gardons Frêche. » Et ce, compte tenu de ses atouts : sa notoriété, le fait qu’il soit le président sortant, les aspects positifs de son bilan. À la condition, bien sûr, que les militants locaux l’investissent. Et puis, il y a une troisième catégorie dont les membres ne font pas partie du secrétariat national, celle de ceux qui « peut-être, prendraient position pour plaider en sa faveur » comme François Rebsamen ou Vincent Peillon. Et encore, à confirmer. On ne sait pas trop dans quelle catégorie ranger François Hollande, ancien premier secrétaire du PS, qui aurait estimé, vendredi à Béziers, à propos de la candidature Frêche « qu’il fallait se rassembler derrière l’équipe sortante. « Ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas poser de conditions, avoir des exigences sur l’expression ou le comportement. »« (France Bleu, 16/05)
Il y a encore deux autres obstacles qui pourraient se dresser sur la route de celui qui est aussi président de l’agglo. Un principe de « non cumul de certains mandats que toutes les fédérations vont devoir appliquer », prévient Paul Alliès. Même si la liste de ces mandats n’est pas encore arrêtée, ce principe pourrait aussi faire obstacle à une candidature d’Éric Andrieu s’il était élu député européen. Il y également l’incertitude sur les accords nationaux avec les autres partis. Une fois défini, « ce sera un deuxième critère qu’il faudra que les fédérations respectent », affirme Paul Alliès qui, même s’il n’y a pas encore eu débat au sein du PS, « doute fort que le périmètre des accords politiques aillent bien au delà de la gauche de gouvernement ». Si c’était le cas, un Georges Frêche investi ne pourrait pas faire alliance avec le Modem. Ajoutons à cela le fait que les Verts ont refusé, depuis plusieurs mois, l’idée d’une alliance avec une liste conduite par Georges Frêche. Du côté du PC, ça paraît mal barré. En effet, nombreux sont ceux qui disent, que le poids moral de François Liberti est tel au sein du PC qu’il est peu probable que les militants communistes ne suivent pas la position anti-Frêche du sétois (4). Et on ne parle pas des oppositions virtuelles d’Hélène Mandroux ou d’André Vezinhet puisque celles du maire de Montpellier et du président du conseil général de l’Hérault restent à confirmer.
Il y a enfin une incertitude qui dépasse le cadre régional : le score du PS aux européennes. S’il était inférieur à 20%, cela pourrait secouer au sein du parti et la direction nationale en sortir affaiblie. Plus difficile, dans ce cas, d’imposer des règles aux fédérations socialistes et en particulier à celles du Languedoc-Roussillon. Quoi qu’il en soit, le mois de juin s’annonce animé. Une bonne partie de la bataille devrait se jouer avant les vacances d’été puisque le vote des militants PS est attendu pour septembre. Il n’est pas exclu qu’on assiste à des tirs à l’arme lourde.
► Et si vous souteniez, même modestement,
Montpellier journal ?
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(1) Ce n’est plus vraiment le cas après, notamment, que la fédération héraultaise a choisi de soutenir Ségolène Royal lors du congrés de Reims, en novembre dernier.
(2) Midi Libre du 5 avril et au cas où ses lecteurs n’auraient pas compris, la même brève est parue le 12 avril.
(3) L’affaire des « Blacks » et celle des « sous-hommes ».
(4) Selon un sondage sur les européennes publié par Midi Libre (17/05), le Front de gauche (PCF + Parti de gauche) serait à 10% en Languedoc-Roussillon, Europe écologie à 11 %, le PS à 20%, le Modem à 7% et le NPA à 7 % face à une UMP à 22% et un FN à 12%.


15 commentaire(s)
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à 9 h 56 min
Arretez de dire n’importe quoi, Freche n’a pas besoin du PS PARISIEN pour l’emporter , bien au contraire avec les plus grosses sections socialistes du LR, avec le Modem et une partie de la droite il gagnera les doigts dans le nez.
Montpellier journal est vraiment le supo de Roumeguas et de Christian Assaf… Vous etes pitoyables !!!
FM
à 10 h 47 min
D’ailleurs on se demande bien pourquoi il y a eu la liste « Union toute » (PS, PC, Verts) en 2004. C’était sans doute juste pour faire joli sur la photo.
Quant à vos deux dernières phrases, j’imagine qu’elles sont là pour vous rassurer. Ceci dit, si vous trouvez un observateur politique un minimum honnête pour vous dire que non, ce n’est pas plus compliqué aujourd’hui qu’en 2004 pour Georges Frêche, ça m’intéresse.
à 12 h 16 min
Merci, M. Martinez !
Votre analyse a égayé ma journée. A propos : on écrit « suppôt », sinon ça n’a pas le même sens… à moins que ce soit un effet de style…. dans ce cas il y a tout de même deux « p ». Je me permet,hein, pour vous éviter de paraitre « pitoyable »
Merci encore !
à 13 h 14 min
@Martinez ……Bon vent et bon débarrât, cela ne seras pas une grande perte bien au contraire! Frêche se défraichit il?
L’orgueil précède la chute. proverbe danois
à 17 h 15 min
Martinez: tu es le supo de ki toi alors,? non pas que j apprecie Assaf ou roumegas bien au contraire, mais on vois bien là pour qui tu roule, quand tu parle de grosse sections socialistes LR tu crois koi, c’est une coquille vide , un jouet a Navarro,qui fait la pluie et le beau temps,sous les ordres de « l’orgre » G.freche, les militans ces pauvres dindons, ne s’appercoivent meme pas que tout leurs echappent. je te trouve pas « pitoyable », mais juste un « lèche fion » de plus, un « pure produit du terroire » local, un pauvre « toutou a son pépère »
à 17 h 20 min
j estime que « le Montpellier-journal » , n’est vraiment pas suppôt de qui que se soit au PS ou chez les verts, meme si sa tendance a gauche de la gauche, peut parfois laisser pensser presque le contraire. je pense vraiment qu’ils font un journalisme serieux et pas trop partisan, c’est pas la « gazette » ou » la marseillaise » non plus koi !!!!
à 17 h 24 min
dans tout les cas, ca nous promets des éléctions régionales des plus intenses, j attend ça avec impatiance, Freche ne devra son salut dans certaines villes, qu’a traver ces reseaux d’influence, et communautaire dont lui seul a le secret, aprés avoir contribuer a sa construction depuis de nombreuses années.
à 17 h 26 min
ca sent les triangulaires, avec accord entre UMP et FN ,le PS sans le MODEM est cuit !!!!!
à 21 h 21 min
horoscope
trou du cul, suppo, une rencontre en vue !
à 22 h 08 min
je vois que l’intox fonctionne à fond, ce cher christian a réussit à faire croire qu’il a fait cette interview sans l’aval de son « ami » robert. Les grandes manoeuvre ont commencé et l’enfumage avec.
à 10 h 07 min
moujik34: je suis completement daccord avec toi, sur l’enfumage de christian Assaf, mais je vais bien au dela de ta logique, quand tu dit « sans l’aval de son ami robert », moi je dirais plutot sans « l’avale de son pere Georges », je ne crois pas a cette histoire de traitre ou de rupture entre Assaf et son « papa » politique Georges Freche, a d’autre il ira le faire croire.
à 11 h 36 min
Les manoeuvres « grandes » ou « petites » signifient que la perspective des élections régionales tend les acteurs locaux, rapport complexe dans la majorité régionale, échanges de commentaires (apparement au-dessous de la ceinture) dans la majorité montpelliéraine, échange de bons mots à l’UMP 34, tout cela nous augure de grands moments à partir de septembre …
une remarque pourquoi pas dès maintenant envisager 4 listes présentent au 2ème tour des régionales comme le laisse présger le sondage pré-européen : Frêche (avec sans doute le Modem, le PRG, le MRC, des socialistes et pourquoi quelques UMP), le Front régional de gauche (Verts, PC, PG et des socialistes), l’UMP (avec le NC, le MPF et peut-être les Chasseurs) et le FN (avec le soutien de certains de l’UMP) …
à 18 h 27 min
Quand on se veut journalistes, on fait un travail de journalistes, c’est-à-dire que l’on ne croit pas sur parole ce que peut inventer Mr Paul Alliés. On s’adresse par exemple directement à Martine Aubry, et on recherche les vrais raisons de sa non venue. Certains auront des surprises.
à 21 h 56 min
Juste une précision me semble t’il importanate. Les élections régionales est un scrutin de listes par département. Faire des alliances larges supposent qu’elles soient effectives dans les cinq départements. Et là, c’est loin d’être gagner.
Enfin, je pense pas comparable le scrutin des européennes où l’abstention froleraît les 55-60% et les régionales où on devrait être à 25-30%.
à 18 h 42 min
@Emmanuel : l’information ici est que Martine Aubry ne viendra pas le 3 juin. Et cette information a été recoupée. Effectivement je n’ai pas essayé de contacter Martine Aubry mais je doute qu’elle ait répondu à un petit site de province. Mais peut-être avez-vous des infos ?
Par ailleurs, vous êtes libre de penser que le point de vue de Paul Alliès ne vaut rien, ce n’est pas le mien notamment parce qu’il est membre du secrétariat national du PS. Peut-être préférez-vous la position de La Gazette qui a totalement passé sous silence le fait qu’aucun meeting avec Martine Aubry n’était prévu à Montpellier après l’avoir annoncée (9/04 et 14/05). Idem pour Midi Libre (voir ci-dessus) ?