Skip to content


Le Lundi 16 mars 2009 à 23:54

Régionales : la politique du fait accompli au PS ?

Une volonté de conjurer tout autre scénario c’est ce que pourrait dénoter l’empressement de Robert Navarro, premier secrétaire de la fédération socialiste de l’Hérault, mais aussi des proches de Georges Frêche, à présenter comme quasiment acquise l’investiture du président sortant comme tête de liste socialiste pour les régionales de 2010. Dans un sondage, La Gazette de Montpellier retient d’ailleurs la même hypothèse au mépris de la situation actuelle. Notamment le refus des Verts de toute alliance avec celui qui est toujours exclu du PS. Et l’attitude plus en retrait d’Éric Andrieu, le patron de la fédération audoise.

Robert Navarro, premier secrétaire de la fédération socialiste de l'Hérault lors de sa conférence de presse le 9 mars 2009 (photo : Mj)S’il y en avait encore pour ne pas avoir remarqué qu’au PS, la campagne pour les régionales était lancée, ils ont dû ouvrir leurs yeux avec les évènements de ces derniers jours. À commencer par la conférence de presse de Robert Navarro lundi dernier. Le premier fédéral de l’Hérault a bien sûr longuement évoqué les élections européennes mais ce qui semblait intéresser tous les journalistes présents, Montpellier journal compris, c’était les régionales. Il faut dire que Robert Navarro ne s’est pas trop fait prier pour aborder le sujet.

« Sous mon autorité »
Selon lui, il a été mandaté par le comité régional du PS du Languedoc-Roussillon, réuni le 6 mars à Mende, comme « coordinateur de la mise en place de tous les contacts et de la préparation et de l’élaboration de la liste ». Et l’héraultais de préciser : « Tout cela se fera sous mon autorité accompagné des quatre premiers secrétaires fédéraux comme ça s’était fait en 2004. Tout cela se fera bien sûr en concertation, quand on l’aura désigné, avec la tête de liste. » Interrogé par Montpellier journal, Éric Andrieu, premier secrétaire de la fédération audoise confirme : « Oui, coordination, le mot est juste. » Tout en relativisant le rôle de Robert Navarro : « En gros c’est lui qui dit : « On se voit tous les 5. » D’ailleurs, pour l’instant, j’ai demandé à ce qu’on sursoit au planning de réunions. J’ai dit : « Ne nous trompons pas d’objectif, il y a les européennes d’abord. » Il n’empêche que les premiers contacts vont être pris, avec les communistes, les Verts, le PRG, le MRC dans l’Hérault. Mais aussi dans l’Aude, etc. »

Sur la tête de liste socialiste, Robert Navarro déclare : « En septembre, les départements désigneront le ou la premier-ère de liste pour ce qui concerne leur liste départementale. Les régionales c’est une liste régionale mais basée sur des listes départementales. En même temps et dans la foulée ou concomitamment, on mandatera notre tête de liste régionale à cette époque là. Étant entendu que le souhait qu’ont émis les cinq secrétaires fédéraux et l’unanimité des présents représentants du comité régional, c’est de demander à Georges Frêche, en son temps et son heure, de se présenter et d’être notre leader. Tout cela n’aura lieu d’être que dans le canevas précis quand on l’aura soumis au vote des militants. »

« J’aime bien respecter les étapes »
Éric Andrieu, dans un premier temps, a du mal à confirmer ce souhait : « Aujourd’hui, c’est indéniable que l’on sort d’un mandat où le bilan de la liste Union toute ! – à laquelle j’appartiens par ailleurs – est très bon et je crois qu’il faudra savoir le dire. Après il faut vraiment laisser faire le temps aux militants. Aujourd’hui, la question ce n’est pas que le Parti socialiste ait une tête de liste Divers gauche. La question c’est de trouver le meilleur d’entre nous pour éviter que la région Languedoc-Roussillon retombe dans le giron de la droite. » Mais alors souhaite-t-il demander à Georges Frêche d’être le « leader » de la liste ? « Pour l’instant cette rencontre n’a pas eu lieu. Moi j’aime bien respecter les étapes. Robert Navarro dit ça – et je partage – je crois qu’il faut qu’on demande à Georges Frêche, au regard d’une configuration, d’une analyse politique, d’être notre leader et ensuite il faut vraiment qu’on aille vérifier que ces points d’analyse… Parce que nous, on est à la fois premiers fédéraux et on est membre du conseil régional donc on sait bien la pertinence de la politique mise en œuvre par le conseil régional qui a sa tête, aujourd’hui, Georges Frêche. Et, effectivement, aujourd’hui il est le leader incontesté, de notre point de vue, avec lequel il faut qu’on travaille même s’il n’appartient plus au Parti socialiste. Pour autant, le PS a sa vie propre et je pense qu’il faut la respecter. »

Que la vie du PS soit respectée c’est bien ce que souhaite Paul Alliès. Le nouveau secrétaire national adjoint en charge de la rénovation du PS voit dans la rencontre du 6 mars, « un putsch » comme il l’a déclaré lundi à Montpellier plus. Il s’explique : « Là où il y a putsch dans la réunion de Mende l’autre jour c’est qu’ils se réunissent pour dire : « Circulez il n’y a rien à voir, les listes seront faites par les premiers fédéraux. Tout le monde est d’accord pour Georges Frêche. En avant marche, il ne restera plus qu’à ratifier ça de manière acclamatoire au mois de septembre par les militants. » Non. Il y aura une procédure d’appel à candidature. Georges Frêche pourra être candidat, même s’il n’a pas été réintégré c’est pour ça que la réintégration n’est pas un préalable mais il est possible aussi qu’il y ait d’autres candidats. »

Alternative crédible à Georges Frêche ?
Paul Alliès y va peut-être un peu fort car Robert Navarro a bien évoqué, lors de sa conférence de presse, cet appel à candidature tout en notant : « Pour l’instant, personne ne s’est manifesté. » Le premier fédéral avait ajouté : « En principe, si les cinq fédérations souhaitent que ce soit Georges Frêche, je ne vois pas comment quelqu’un pourrait faire plus de voix que les cinq fédérations allant dans le même sens. » Et le rôle de la direction nationale du PS ? « Je ne vois pas, moi, un bureau national aller à l’encontre du souhait de la quasi unanimité des parlementaires, des secrétaires fédéraux et des militants d’une région pour une tête de liste. » Là, effectivement, c’est donner à l’avance le résultat du vote des militants. Qui, pour certains, votent encore « au canon ». Mais si, par exemple, l’idée venait à Éric Andrieu de faire une alliance avec les sympathisants du camp d’André Vezinhet et d’appeler à voter pour un autre candidat, l’investiture de Georges Frêche serait-elle aussi certaine ? En même temps, le PS dispose-t-il de cet autre candidat, alternative crédible à Georges Frêche ? Pas si sûr.

Il y a aussi la question des alliances. Les Verts se sont clairement opposés à tout accord avec une liste menée par Georges Frêche. Même si le NPA ne s’est pas prononcé officiellement sur la question, on voit mal ses militants accepter à la fois une alliance avec le PS, refusée nationalement, et avec Georges Frêche, loin d’être acquise localement. Côté PC et Parti de gauche, on risque d’attendre le résultat des européennes où les deux formations se présentent unies. Et s’ils leur venaient l’idée de s’allier plutôt avec le NPA qu’avec le PS ? Reste le Modem. Là, Marc Dufour, président du Modem de l’Hérault, et Georges Frêche semblent d’accord. Sauf que Paul Alliès, au détour d’une phrase, nous déclare : « Martine Aubry cherchera un accord avec la gauche. Le Modem ne sera certainement pas dans le cadre mais enfin il y aura un accord avec la gauche prioritairement recherché. » Sans Verts ni Modem, ça ne serait plus difficile pour Georges Frêche mais carrément impossible.

Tout ça montre bien que le sondage de La Gazette (12/03) présente certes un intérêt pour le premier tour en pointant une poussée de l’extrême gauche et une chute du Front national. En revanche, l’étude commandée à BVA relève de la fiction pour le deuxième tour en présentant un affrontement entre « la liste Couderc soutenue par l’UMP et le nouveau centre » – pourquoi pas – et « la liste Frêche soutenue par la gauche et le Modem ». À ce jour, une triangulaire pour ne pas dire plus – par exemple PS-UMP-Verts-Front de gauche -, paraît, en effet, plus probable. À moins que l’objectif de l’hebdomadaire soit de faire entrer dans les esprits que Georges Frêche est incontournable pour cette élection. Mais prêter de telles intentions à La Gazette relèverait, là aussi, de la fiction.

► Vous pouvez soutenir Montpellier journal.

Publié dans Politique. Mots clés : , , , , , , , , , .

5 commentaire(s)

Suivre les commentaires de cet article

  1. Olivier34 said
    on 17 mars 2009

    à 10 h 10 min

    Sur le sondage de la Gazette, les a priori ne concernent pas que Frêche puisqu’on considère que c’est Couderc qui est candidat de l’UMP et qu’il n’est pas dit que d’autres listes ne vont pas émerger (CPNT, etc…).
    Sur les résultats, une triangulaire ne peut dépendre que de la capacité de la gauche du PS de s’unir… un challenge !
    Sur le vote du PS, les directives nationales ne sont pas encore connues. Par contre, ce qui étonnant est cette volonté de voter pour des listes départementales ! Il n’existe qu’une liste avec des contingents départementaux, ce n’est pas du tout pareil….

  2. gazetta said
    on 17 mars 2009

    à 21 h 17 min

    SONDAGE DIDON DE LA GAZETTE

    Ce sondage st bidon comme bien d’autres articles de la Gazette  » Pravda de l Agglo »

    une gazette plus apte à fabriquer l’opinion qu’a donner les myens à ses lectrices et lecteurs les outils pour se forger leur propre opinion.

    Gazette voix de son maitre, Gazeette,torchon digne d’une serrepililère
    quant au sondage bidon s’il est bidon c’est que georges Freche a peur de se ramasser un bide face à Christian JEANJEAN QUI L’A DEJA BATTU A PLATE COUTURE EN SORTANT DE MONTPELLIER AGGLO TOUT EN REALISANT TOUS SES PROJETS AU NEZ ET A LA BARBE DE L EMPEREUR DE SEPTIMANIE

  3. Mathieu SOLIVERES said
    on 18 mars 2009

    à 16 h 03 min

    Pour info, les régionales seront, sauf modifications en 2011 et l’UMP procède en ce moment même à la désignation de son chef de file.

  4. Jacques-Olivier Teyssier said
    on 24 mars 2009

    à 21 h 15 min

    Je n’avais pas compris votre commentaire parce que vous avez commis la même erreur que moi. Je voulais bien sûr parler des régionales de 2010 et non de 2011. J’ai corrigé.

  5. adhérent PS said
    on 25 mars 2009

    à 11 h 09 min

    Régionales. Pour l’heure, rien de décidé au PS, même si certains dans les états-majors trépignent et font autant de vent que notre Président (de l’Etat). Laissez un peu de temps au temps pour voir éclore de nouvelles fleurs.