On connaissait déjà le soutien des salariés du privé aux fonctionnaires grévistes. À l’université Montpellier III, il y a le vote pour les piquets de grève sans l’implication des votants.
Hier, plus de 500 personnes ont voté pour la reconduction du blocage de l’université Montpellier III jusqu’à mardi, date de la prochaine AG où ce point sera remis à l’ordre du jour. Un vote plus informel s’est déroulé pendant cette assemblée générale. C’est lorsqu’un intervenant a interrogé les 1200 (environ) participants pour savoir qui était prêt à mettre en œuvre ce blocage. Et là, seule une trentaine de mains se sont levées. Alors blocage effectif ou pas ? L’avenir le dira.
Avantages et inconvénients du blocage ont été pesés. Et aussi l’utilité de manifester dans la rue. Pour quels résultats ? Pour la représentante de l’UNEF, ce n’est que dans la rue qu’il est possible de faire reculer le gouvernement. Et puis le blocage vide la fac. Pour d’autres, la question du suivi des cours et donc des examens était essentielle. »Vous venez ici pour vous instruire ? Vous pouvez le faire vous-même ! » répondra un intervenant. « Prenez vos livres et apprenez ! » lancera un autre. En résumé : on n’est plus des lycéens, on n’a pas besoin des profs et des cours pour apprendre. Une piste intermédiaire a été lancé puisque l’AG a voté le principe d’une prise de contacts avec les professeurs pour obtenir le détail des programmes.
20 % du temps de parole
Restent quelques aspects de forme qui méritent d’être relevés. En premier, la relative patience des participants. Même s’ils n’étaient pas toujours attentifs aux plusieurs dizaines d’interventions, la grande majorité était présente de midi à 16h30, heure du vote. Parmi toutes ces interventions, il faut noter celles de Yacine, une personne qui n’est plus inscrite à la fac et dont le temps de parole total a approché les 60 minutes soit plus de 20 % de la durée de l’AG. En l’absence de minutage du temps de parole, celle qui était chargée de la distribution des interventions ne pouvait que lancer, peu avant 14h : « J’appelle les intervenants à faire plus court. » Sans résultat visible.
Crainte de l’avenir
Quant au contenu des débats, difficile d’en faire un résumé. Une chose est sûr, ils n’ont pas été dans le détail des revendications et des implications des réformes gouvernementales à l’origine du mouvement. Beaucoup d’interventions semblaient témoigner d’une crainte de l’avenir lié à la crise mais aussi d’un rejet global de la politique gouvernementale voire du néolibéralisme et du capitalisme. Côté défenseur de cette politique, une seule personne (Chou) a pris la parole, à plusieurs reprises suscitant plus de sourires que d’écoute attentive. Une de ses demandes a été l’instauration d’un service d’ordre. Rejetée à une quasi unanimité par l’AG. Warren Azéma du collectif « Tu débloques ! » de Montpellier a pris la parole pour demander la levée du blocage. Mais celui qui est aussi responsable départemental des Jeunes radicaux (UMP) martèle dans un commentaire déposé sur Montpellier journal : « Le collectif “Tu débloques !” est totalement indépendant de tout parti parti politique. Je suis avant tout étudiant à Paul Valery agassé pour la 4e année de subir ce 3e blocage … » Il ne s’est donc pas exprimé sur les réformes gouvernementales. Il faut dire que l’AG ne semblait pas lui être vraiment favorable.
► Voir aussi :
- Universités : une odeur de poudre nocturne
- Le détail du vote de l’AG sur le blocage
- Le site national du collectif « Tu débloques !? »
- Le communiqué de presse rédigé par le comité de mobilisation des étudiants de Montpellier III :
« Communiqué de presse
Au sein de l’assemblée générale de l’université Paul Valéry (Montpellier III) du 10 mars, regroupant plus de 1000 personnes, plusieurs points ont été mis à l’ordre du jour.
Premièrement,concernant les médias, l’assemblée générale a voté l’autorisation de leur présence lors des assemblées générales à la seule condition qu’ils respectent un angle mort afin de préserver le droit à l’image de ceux qui le souhaitent.
Le bilan abordé en second point établit que 56 facultés sont mobilisées dont 27 ont instauré des piquets de grève. Sur Montpellier III, l’occupation votée le 5 mars a donné lieu à des projections ainsi qu’à des concerts dans les murs de la faculté mais aussi à des actions telles qu’un blocage volant le lundi 9 mars.
Lors de la coordination nationale de Toulouse le week-end dernier regroupant les universités en grève (notamment Rennes, Nantes, Tours, Paris, Montpellier…), celles-ci ont voté un appel qui sera diffusé au cours de la semaine sur Paul Valéry.
Concernant le veilleur de nuit blessé dans la nuit du 5 au 6 mars, il est clairement établi qu’il s’agissait d’un accident dû à une chute et qu’aucune responsabilité ne saurait être engagée.
Pour finir d’autres actions ont été proposées et débattues. L’assemblée générale a refusé la création d’un service d’ordre étudiant et a entériné une médiation entre les professeurs et le étudiants mobilisés afin d’obtenir et de diffuser un programme d’étude en vue des partiels pour chaque année de chaque filière.
Le blocage sur la base des piquets de grève a été décidé à 504 voix pour, 458 contre, 9 « ne prend pas part au vote » et 121 abstentions.
L’université Paul Valéry est donc mobilisée sur la base de piquets de grève, reconductibles jusqu’au mardi 17 mars. Une assemblée de lutte se tiendra dans l’amphi A le jeudi 12 mars à 12h. »
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