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Le Vendredi 16 janvier 2009 à 15:22

Le mouvement des enseignants se structure

Demain une manifestation nationale est prévue pour « défendre l’éducation ». À Montpellier, mardi, au delà de la « structuration » du mouvement, l’assemblée générale des enseignants des écoles a vu l’effacement de Bastien Cazals et la montée en puissance d’une nouvelle préoccupation : l’évaluation des élèves de CM2. La mise en place de l’aide personnalisée restant aussi un point de blocage fort. Une nouvelle AG est prévue demain après-midi.

Contrairement au 7 janvier, les chaises étaient disposées en cercle (photo : Mj)Alors que la grève de mardi avait pour but de réclamer la levée des sanctions contre Bastien Cazals, celui-ci a pris la parole, mardi, en assemblée générale des professeurs des écoles, pour déclarer : ‘ »Je ne m’attarderai pas sur l’acharnement de l’inspecteur d’académie, les faits parlent d’eux-mêmes. Et si, malgré la mobilisation d’aujourd’hui, malgré tous les efforts des syndicats, il n’y a aucune avancée, je pense qu’il faut laisser le soin au tribunal administratif de traiter cette affaire. L’important c’est amplifier la mobilisation qui, on le voit, a démarré avec l’implication des parents, continuer à garder les enseignants mobilisés. Je pense que toutes les menaces sont encore là, elles sont bien réelles. On est confronté, par contre, à des effets d’annonce. Ils ne font que jouer sur les mots, ils racontent n’importe quoi. Il faut faire un effort pour répondre et montrer en quoi il faut continuer à avancer malgré tout, malgré tout ce qu’ils racontent. Il ne faudrait pas que les parents y croient et nos collègues non plus. » Sans surprise, les 12 jours de retenue sur salaire seront confirmés par l’administration à l’issue de la manifestation devant l’inspection d’académie, l’après-midi.

Le recteur lance les évaluations
Pour la grosse centaine de participants à l’AG réunie aux Salons du belvédère (Corum), le souci c’est maintenant l’évaluation des élèves de CM2, notamment du fait de l’échéance qui approche. D’ailleurs, le recteur est attendu à Castelnau-le-Lez où il « lancera l’évaluation dans l’académie le lundi 19 janvier à 9 heures à l’école Mario Roustand », selon un communiqué diffusé hier par le rectorat (4). « Regardez-les [les instructions sur les évaluations] ! Vous allez comprendre en trois minutes de quoi je parle. Ce qu’il ne faut pas cacher non plus parce qu’ils ne s’en cachent plus, c’est que ça va être pour classer les écoles et qu’au delà de ça, ça va permettre de classer les enseignants », intervient un participant de l’AG. Exemple donné à ses collègues de son école en guise d’avertissement : « Vous êtes trois, l’année prochaine les parents choisiront l’un d’entre vous. » L’assemblée générale s’est donc prononcée à une très large majorité (aucun contre, 5 abstentions) pour sursoir aux évaluations. La décision de les faire passer ou pas est donc remise à plus tard par l’AG.

Par ailleurs l’AG a appelé les écoles « à faire des conseils d’école extraordinaire pour informer et discuter de l’aide personnalisée et des évaluations CM2 et d’avoir la possibilité de prendre des motions, faire des déclarations ». Résultat du vote : 1 contre, 9 abstentions.

Structuration du mouvement
Ont ensuite été abordées les questions de structuration du mouvement. Ce point fait notamment suite au communiqué de la CNT dans lequel celle-ci affirme, notamment, que l’intersyndicale « n’a pas été en capacité d’appliquer les décisions de l’AG à plusieurs reprises malgré nos efforts pour faire respecter les positions de l’AG ». Et le syndicat de citer : la « remise en question de la grève du 13 janvier » (1), le « non respect de la décision de faire un modèle unique de lettre de désobéissance » (2), l’« impossibilité de discuter de la structuration du mouvement en AG malgré des demandes réitérées (3)« .

Sans répondre sur ces 3 points, Joël Vezinhet (SNUIPP) a choisi de se focaliser sur « un point de désaccord » exposé dans le communiqué de la CNT à savoir : « qu’en période de lutte il [l'outil syndical] doit se fondre en tant que structure dans un ensemble plus vaste pour permettre l’auto-organisation des luttes et construire au plus près de celles et ceux qui luttent ». Pour Jolël Vezinhet, « on ne peut pas demander à des organisations syndicales, quelles qu’elles soient, dans la lutte, de se dissoudre – « se fondre » ça veut dire se dissoudre. On ne peut pas demander à une organisation syndicale de renoncer à ses prérogatives, à son mode de fonctionnement, à réunir sa structure. Il peut se trouver qu’à un moment donné, entre une décision d’assemblée générale et une décision prise collectivement sur la base du respect des statuts de l’organisation syndicale, il y ait un point de désaccord. Ce point de désaccord doit être entendu et doit pouvoir être pris en compte. » Et le syndicaliste du SNUIPP de se prononcer en faveur de la création d’un « comité de mobilisation » si celui-ci est composé de l’intersyndicale et des délégués des AG de secteurs (parents et enseignants).

Reste le rôle de ce comité décrit par Benoît Guerrée de la CNT :

  • préparation des actions (tract, réservation de salle, etc.) en amont des AG ;
  • gestion de l’ordre du jour, répartition de la parole pendant les AG ;
  • après l’AG, mise en application des décisions de l’AG (exemple : rédaction d’un tract soumis pour approbation à la prochaine AG).

Le vote a été moins massif que pour les deux autres points : 48 pour, 2 contre, 29 abstentions (une bonne trentaine de personnes avaient quitté la salle avant la fin de l’AG). Ce qui a fait dire à Patrick Toledano (SNUIPP) : « Ce vote n’est pas bien. Avoir 29 abstentions plus quelques contre pour quelque chose d’essentiel, notre structuration, ça veut dire qu’il y a un problème quelque part. Ce que je propose, c’est que, ce qu’on a voté, on le mette en place et on tirera le bilan assez vite à chaque fois pour voir si c’est opérationnel, si tout le monde s’y reconnait et s’il y a un problème, eh bien, on fera mieux. On ne fait pas de la théologie. »

Pour finir, l’AG a voté pour la tenue d’une nouvelle AG, après la manifestation de samedi (départ 14h30 du Peyrou) pour « défendre l’éducation ». L’AG est prévue à 17h, salle Rabelais, samedi 17.

Communiqué du SNUIPP sur les évaluations CM2
Celui de la CNT sur les évaluations CE1 et CM2

______________
(1) Le SNUIPP, lors de l’AG du 7 janvier avait suggéré de reporter la grève au 20 décembre janvier pour avoir le temps de la préparer. Il n’avait pas été suivi par l’AG et après ce qui avait été considéré par le syndicat comme un durcissement de la position de l’inspection d’académie, il avait finalement appelé à la grève le 13 janvier.
(2) Sur ce point, il est à noter que l’inspecteur d’académie a souligné, dans l’interview accordée à Montpellier journal, qu’il n’y avait, selon lui, qu’une centaine de lettre de désobéissants sur les 384 déposées.
(3) Ce point était inscrit à l’ordre du jour notamment de l’AG du 7 janvier mais n’avait pas été traité.
(4) Mise à jour du 16 janvier à 15h45 : Quelques minutes après la publication de cet article, un communiqué annonçait l’annulation de la visite « en raison d’une contrainte impérative de dernière minute ». Selon le rectorat, cette annulation est due à un simple problème d’agenda.

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2 commentaire(s)

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  1. Anonyme said
    on 16 janvier 2009

    à 19 h 38 min

    Bonjour, SUD-Education était AUSSI à cette AG et nous avons relayé les décisions de l’AG sur notre site:
    à savoir non passation des évaluations et création d’un comité de mobilisation.
    Didier Jean pour SUD-Education34.

  2. Et le SNUDI-FO, et une représentante des parents d’élèves et beaucoup d’autres personnes qui ont aussi pris la parole au cours d’une AG qui a durée 2h30 environ.