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Le Jeudi 8 janvier 2009 à 19:17

L'administration maintient la pression sur les désobéissants

Même si l’inspection académique a fait des gestes concernant les sanctions visant Bastien Cazals et deux directrices d’école, Joël Vezinhet du SNUIPP considère qu’il y a « une intransigeance, une grande fermeté et une volonté de répression de la part du ministère ».

La pression est à nouveau montée aujourd’hui dans l’affaire des instituteurs désobéissants. Deux syndicats (SNUIPP, FO) avaient accepté (1) de se rendre à l’inspection académique ce matin pour négocier une éventuelle levée des sanctions prises à l’encontre de Bastien Cazals, Isabelle Huchard et Sylvie Ferrié. L’un ayant refusé de mettre en place l’aide personnalisée en décembre. Et ses deux collègues de saisir les informations concernant leurs élèves dans le logiciel Base élèves. À l’issue de la réunion, Joël Vezinhet (SNUIPP) confie à Montpellier journal qu’il est « difficile d’afficher un optimisme et une satisfaction ». Car même si Paul-Jacques Guiot a fait des gestes, ils ne satisfont pas le syndicaliste.

Résultat sur la sanction disciplinaire

Côté positif, l’inspecteur d’académie a annoncé l’abandon de la procédure disciplinaire sous réserve de confirmation par l’inspectrice de Bastien Cazals que celui-ci s’est bien conformé à ce qu’il lui a été demandé en terme d’obligation de service c’est à dire du contenu des deux heures d’aide personnalisée. Le directeur d’école a, en effet, reçu mardi la visite de son inspectrice et a dû lui renvoyer ce matin ce qu’il dit lui avoir déjà adressé par mail, le 24 octobre, à savoir le contenu des actions qu’il met en place dans le cadre de l’aide personnalisée. Il affirme n’avoir reçu, à l’époque, aucune remarque en retour si ce n’est un accord formel sur une question d’horaires. Le dossier est à l’étude à l’inspection académique et Paul-Jacques Guiot pense que le résultat sera connu la semaine prochaine.

Autre point positif que tient à souligner l’inspecteur d’académie : « On ne lui retirera pas son emploi de directeur. C’est quelque chose qu’on aurait pu faire qu’on ne fera pas. C’est un deuxième geste de bonne volonté dès lors qu’il reprend le travail normalement en janvier. » Concernant les autres désobéissants, le syndicaliste indique : « Je sais qu’hier, il [Paul-Jacques Guiot] a réuni des IEN [inspecteurs] pour commencer à lancer des visites dans les écoles afin de contrôler un certain nombre de collègues. À mon avis, ça va s’accélérer à partir de la semaine prochaine. »

12 jours de retrait sur salaire
Surprise en revanche de Joël Vezinhet sur les sanctions financières qui passent de 8 à 12 jours de retrait sur salaire pour Bastien Cazals. Commentaire du syndicaliste : « On pensait en se rendant à la rencontre de ce matin pouvoir déboucher sur un allègement des sanctions financières parce que, si on a plaidé dans un premier temps pour la levée totale des sanctions, on savait que dans une négociation de ce type-là, on n’allait pas l’emporter sur tout. Là, on n’est même pas dans le maintien de ce qu’on avait en décembre. Visiblement c’est un choix ministériel. » Le point de vue de Paul-Jacques Guiot est différent : « Quand on en avait parlé avec eux, il y avait 8 jours pas faits. Depuis, il y a 4 jours en plus qu’il n’a pas faits. C’est donc 12 qui restent 12. »

Pour les deux directrices, l’inspection propose de lever toutes les sanctions pour les deux si celle qui n’a saisi qu’une partie des élèves dans le logiciel, les saisit dans les dix jours. Commentaire de Joël Vezinhet : « Nous, ça nous met dans la difficulté parce qu’on avait tenu à associer dans la solidarité les deux collègues et maintenant c’est difficile de dissocier en disant : « On acte de lever les sanctions pour l’une, et pour l’autre bon… » C’est assez habile de sa part de jouer là-dessus et de lier le sort de l’une qui devrait être réglé au bon vouloir et à la décision que prendra la deuxième. » Question posée à l’inspecteur : est-ce juridiquement possible de lier les deux cas ? « Bien sûr que je ne peux pas juridiquement les lier. Mais dès lors qu’il y a une négociation, il peut m’appartenir de dire que je suis dans une logique où je lis les deux cas. »

Contactée par Montpellier journal, Isabelle Huchard, la directrice concernée déclare : « Pour l’instant, je n’ai pas tranché. D’une part parce que ma décision n’était pas prise en l’air et il n’y a pas de raison que j’en change comme ça. D’autre part parce que je suis extrêmement gênée d’être mise au milieu d’une décision qui concerne d’autres personnes puisque dans les lettres de désobéissances on était relativement nombreux à affirmer que même si on avait déjà rempli Base élèves, on ne le ferait plus. Donc ça engage l’avenir aussi. »

« Un exemple sur l’affaire Cazals »
Commentaire de Joël Vezinhet sur ces mesures et propositions : « Ce qui est clair c’est qu’il y a une intransigeance, une grande fermeté et une volonté de répression de la part du ministère. Ça ne nous a pas été dit en ces termes-là mais il était assez aisé de le penser comme ça. Guiot est cadré par le ministère. Il a dit à un moment donné : « Je suis soumis à des contraintes décidées par qui doit les décider », en l’occurrence le ministère. Je pense qu’ils veulent faire un exemple de l’affaire Cazals. Céder sur Cazals – là je suis dans l’interprétation, dans l’analyse – c’est un encouragement à ce que des initiatives de cette nature se multiplient aux quatre coins de France. Et donc là, il veulent mettre un coup d’arrêt en affichant la plus grande fermeté. » Du coup, Joël Vezinhet dit être intervenu auprès du SNUIPP national : « S’il est avéré que c’est le ministère qui imprime cette ligne dure, il faut que nos instances nationales aussi l’interpellent et le rencontrent au plus vite. C’est à ce niveau-là qu’il faut traiter les choses. » Alors Paul-Jacques Guiot cadré par le ministère ? « J’ai un devoir de réserve absolu là-dessus. Je confirme ni n’infirme. De toute façon, la responsabilité c’est moi qui la prends », réponds le fonctionnaire.

Les prochains jours devraient donc être animés à commencer par la grève prévue le 13 janvier pour « exiger le retrait des sanctions » votée en assemblée générale le 17 décembre et confirmée lors de celle d’hier. Pour l’instant seuls la CNT, FO et SUD appellent à la grève, le SNUIPP devant faire connaître sa position à l’issue de son conseil syndical qui se tenait aujourd’hui à partir de 18h30.

Mise à jour à 21:56 : dans un communiqué, le SNUIPP 34 appelle les enseignants à faire grève le 13 janvier et leur donne rendez-vous :
- à 9h30 pour une assemblée générale au salon du Belvédère (Corum de Montpellier) ;
- à une manifestation à 14h devant l’inspection d’académie.

(1) Mise à jour du 12 janvier : Sud était aussi présent mais en tant qu’ « observateur pas de négociateur », selon Didier Jean.

Publié dans Social. Mots clés : , , , , , , , .

4 commentaire(s)

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  1. Anonymous said
    on 8 janvier 2009

    à 23 h 20 min

    Monsieur l’inspecteur a raison, mais nous gagnerons car l’opinion publique est avec nous, de plus en plus.
    1029 désobéisseurs en France,ça continue, Bastien n’est pas seul.
    Abes

  2. Lois said
    on 8 janvier 2009

    à 23 h 27 min

    Attention, la date du prochain préavis de grève déjà signé par certains syndicats comme cnt est le 13 janvier et non, bien évidemment le 13 décembre (cf bas d’article).
    Lois

  3. Anonymous said
    on 8 janvier 2009

    à 23 h 44 min

    Très intéressant! C’est dans les détails et entre les lignes que se dessinent peu à peu les positions et les hésitations des uns et des autres. Merci pour cet éclairage.
    C.

  4. Jacques-Olivier Teyssier said
    on 9 janvier 2009

    à 0 h 25 min

    @Lois : Oups ! Merci, c’est corrigé dans l’article.