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Le Vendredi 9 janvier 2009 à 19:52

Instit' désobéissants : "c'est du marchandage"

C’est le terme employé par Isabelle Huchard en réaction à la décision de l’inspecteur d’académie de ne plus lier son cas à celui de l’autre directrice qui, comme elle, avait été sanctionnée pour avoir refusé de saisir des informations dans le logiciel Base élèves. La première réaffirme même « la dimension d’engagement politique » de sa décision. Côté syndicats, l’appel à la grève de mardi et la manifestation devant l’inspection d’académie, pour obtenir la levée de ces sanctions et de celles visant Bastien Cazals, est maintenu.

Ecole Montpellier FiguerollesPaul-Jacques Guiot a changé d’avis depuis hier. Dans un communiqué qu’il a fait diffuser cet après-midi, il est écrit : « L’inspecteur d’académie a décidé d’abandonner les sanctions administratives et financières qu’il avait prises à l’encontre des deux directrices ayant, en début d’année scolaire, déclaré qu’elles ne rempliraient pas la Base-élèves 1er degré. En effet, l’une d’entre elles a, depuis, totalement renseigné la Base et l’autre pour la moitié des effectifs de son école. Il appelle la seconde directrice à ses responsabilités pour terminer le travail et réaffirme, en gage de bonne volonté, que toute forme de sanction sera levée à son égard dans ce cas. »
Interrogé par Montpellier journal sur les raisons de ce revirement, Paul-Jacques Guiot déclare : « J’ai acquis, ce matin, la certitude que la seconde directrice était sur la bonne voie. Je lui accorde ma confiance pour qu’elle remplisse la totalité de la Base élèves qu’elle avait remplie à moitié. Dans ce cadre-là, moi je fais un geste d’apaisement. Dans des négociations on regarde comment on peut faire pour éviter le conflit. Ça fait partie d’une pierre que j’apporte à l’édifice pour atténuer le conflit. »

« Ecole occupée par les parents »
Cette « certitude » est-elle basée sur un entretien avec la principale intéressée ? Non, répond Paul-Jacques Guiot. Montpellier journal a donc contacté Isabelle Huchard qui nous a déclaré : « Il n’y a pas à revenir sur la dangerosité de Base élèves et de l’inquiétude que ça provoque pour moi. Il y a 55 parents d’élèves qui m’ont demandé, par lettre que j’avais fourni à l’IA, de ne pas rentrer leurs enfants dans Base élèves. Je suis sur la ligne de tenir l’engagement qu’on a ensemble là-dessus. Donc il y a mobilisation à l’école et mardi on sera école occupée par les parents d’élèves sur ce thème-là. Je ne sais pas où il a entendu que je pouvais changer de position puisque je n’ai jamais eu aucun contact avec lui. On n’est pas dans de la négociation, c’est de l’ordre du marchandage. Je suis surprise par la teneur des propositions. J’ai été choquée du marché qu’on a mis entre mes mains de faire sanctionner ma collègue si je n’obtempérais pas et de celui qui consiste à dire : « On fait un geste, faite un effort aussi. » On n’est pas dans cette dimension là. Moi, je suis dans une dimension d’engagement politique. »

Avant que nous ayons recueilli la position d’Isabelle Huchard, Paul-Jacques Guiot nous avait bien confirmé que les deux cas ne seraient plus liés : « Il fallait finalement que le sort des deux soit lié dans le sens le plus favorable : il n’y avait vraiment aucune raison que Mme Ferrié continue à avoir une sanction puisqu’elle avait rempli la Base élèves. Je pouvais puisqu’elle avait refusé à une époque mais comme elle a rempli la Base élèves après, il m’appartenait de faire le geste qu’il fallait. Et comme j’avais dit que je liais les deux cas, je les ai liés vers le haut. »

« Père fouettard acharné »
Du côté du SNUIPP, Patrick Toledano déclare que ça ne change « absolument rien » à la position du syndicat par rapport à l’appel à la grève prévue mardi. Pour lui, la motivation principale de l’inspecteur d’académie c’est : « Isoler Bastien Cazals du reste. Et, en même temps, il espère – à mon avis il aura bien du mal vu ce qu’il est – rétablir en partie son image. Il a une image désastreuse de Père fouettard, acharné, etc. et il ne supporte pas de passer pour cette espèce de sanctionneur perpétuel. Rétablir son image, pas seulement aux yeux de l’opinion publique parce qu’il sent bien qu’il a les parents contre lui mais aussi aux yeux du ministère. Parce que le ministère n’a quand même pas envie d’avoir un responsable des services de l’éducation nationale dans un département qui est un boutefeu dans le contexte actuel alors qu’eux s’efforcent, par des concessions mesurées, limitées, savamment dosées, d’atténuer les mobilisations (lycées, maternelle, Rased). « 

Pour Benoît Guerrée de la CNT, « il n’y a rien à négocier puisque l’assemblée générale nous a donné le mandat de maintenir le préavis de grève tant que toutes les sanctions ne seraient pas levées ».

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