Pas vraiment, disent les élus Verts de la région. Même ceux du groupe Les écologistes, membre de la majorité régionale, contestent la politique des transports. Quant au président Frêche et à sa majorité, ils n’ont pas répondu à ces attaques lancées vendredi, lors du vote du budget à la région..
Pour Marie Meunier-Polge , « la région Languedoc-Roussillon se place n°1 en France concernant l’écologie et les propositions d’énergies renouvelables ». Et la présidente du groupe Les écologistes au conseil régional souligne que 44 M€ (investissement et fonctionnement) du budget 2009 va être consacré à « l’excellence environnementale ». Le même jour, lors du débat sur le budget de la collectivité, Silvain Pastor (Les Verts) fait entendre un autre son de cloche que sa collègue de la majorité : « Le budget environnement de 44 M d’euros, est qualifié d’excellence environnementale de manière propagandiste, et mensongère : la moitié des sommes affectées à ce chapitre vont en fait aux inondations en particulier aux digues du Rhône ou au tuyau du projet Aqua Domitia initié par BRL, dénoncé par les Verts, projet coûteux (300 millions d’euros) pour transporter l’eau polluée du Rhône et éviter de se poser la question des économies de la ressource et de la gestion locale et écologique de l’eau. ».
.5% des investissements pour l’écologie
Si on regarde dans le détail des investissements (total : 34,M€), effectivement on constate que 6,1 M€ sont prévus pour la prévention des inondations, 7 M€ pour la « mobilisation de la ressource en eau », 2,3 M€ pour les digues du Rhône et 0,5 M€ pour les risques naturels. Soit 15,9 M€. On n’est pas loin de la moitié. Il reste donc 18,1 M€ d’investissement pour l’écologie soit à peine 5 % des investissements totaux de la région prévus pour 2009.
Et encore, Silvain Pastor souligne la baisse des crédits affectés au Fond régional énergies renouvelables qui sont passés, selon lui, de 10 à 8,3 M€. Il dénonce « la suppression des aides aux particuliers » et n’accepte pas l’argument selon lequel ces aides seraient injustes socialement car elles consisteraient à subventionner des personnes qui gagneraient déjà de l’argent avec une installation photovoltaïque qui peut se révéler « une bonne opération » quand il s’agit de produire de l’électricité.
« Ce qui fait qu’ils maintiennent les aides pour les gens qui ne touchent même pas le SMIC, c’est à dire qui n’ont pas les moyens d’investir sur ce genre de choses, constate l’élu Verts. Sauf que si on veut que ça se développe vraiment chez des gens qui ne sont pas tous nécessairement des militants écolos, encore faut-il les inciter à le faire vraiment et qu’on mette le paquet dessus. Plutôt que financer, par exemple, des entreprises comme Leclerc pour qu’elles installent des panneaux photovoltaïques sur leur parking de supermarché. » 150 000 € d’aides régionales ont été versées pour cette installation (Vivre en Languedoc-Roussillon n°43, p15).
« Énormes sommes » pour les routes et les aéroports
Côté transports, le groupe des écologistes rejoint les Verts. Ainsi Marie Meunier-Polge déplorait, vendredi : « Si nous approuvons les efforts engagés afin de développer le TER (Kartatoo,…), l’écomobilité, les pistes cyclables, nous regrettons de voir encore d’énormes sommes consacrées au financement des routes, des rocades, et autres contournements d’agglo et aéroports secondaires. Un mode de transport soucieux de son impact environnemental doit être privilégié. Même la politique menée pour l’essor du TER n’est pas suffisante : trop de lignes, hors axe littoral, sont à l’abandon. »
En effet, ce sont 15 M€ qui sont affectés pour les routes – donc plus que pour les énergies renouvelables – qui, rappelle Silvain Pastor, ne sont pas de la compétence de la région. 8,5 M€ pour notamment soutenir l’aéroport de Carcassonne (4 M€) qui est, pour l’instant, mono-opérateur. Low-cost qui plus est (Ryanair). 9,1 M€ sont aussi consacrés à la Grande vitesse. Pour Silvain Pastor, ces sommes « devraient être affectés à la restauration et modernisation du réseau ferroviaire secondaire régional ou inter régional – telles la ligne Béziers-Neussargues et bien d’autres en piteux état (nécessité de 300 millions d’euros minimum) ».
Quelles réponses apportées, vendredi, par la majorité ou le président aux questions ou problèmes posés en séance ? Aucune. Il faut dire qu’alors que le conseil général de l’Hérault consacre 4 jours au débat et au vote de son budget, la région, – comme l’agglo et la mairie, d’ailleurs – expédie ça en une seule séance où, de plus, sont abordés d’autres sujets. Pourtant Georges Frêche a dit et redit que c’est lui qui avait le plus gros. Budget, sans doute. Débat, pas sûr.
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Pour aller plus loin : récapitulatif détaillé par programme du budget primitif 2009 de la région Languedoc-Roussillon


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