Skip to content


Le Mardi 2 décembre 2008 à 19:25

La mairie coupe la pub à "Montpellier plus"

Sans pour autant démentir, la collectivité et sa majorité municipale reste silencieuse sur une décision que le rédacteur en chef du gratuit nous a confirmé. Toute la majorité ? Non. Catherine Labrousse (Modem) a accepté de nous répondre.
Publicité mairie Montpellier plus« La ville assèche Montpellier plus« . C’est le titre d’une brève dans laquelle L’Agglorieuse écrivait (5/11) : « L’exécutif de la mairie [...] a décidé de couper le robinet des ses publicités » au quotidien gratuit. Montpellier journal décide d’en savoir plus et interroge, le 17 novembre, Hélène Mandroux sur la réalité de cette décision. Le maire botte en touche affirmant, en substance, que la publicité ne l’intéresse pas et qu’elle ne la lit pas.

« Articles pas acceptables pour eux »
Le rédacteur en chef de Montpellier plus, Jean-Michel Servant, nous confirme cependant la décision et précise qu’elle remonte à mi-octobre. Et quelle est la raison invoquée par la mairie ? « Elle considère qu’on a des articles qui ne sont pas acceptables pour eux », affirme le journaliste qui ne souhaite pas nous en dire plus.

« La liberté, vous savez que c’est un fondement de notre république. La liberté de parole, pour nous, est essentielle. » C’est ce que proclamait Hélène Mandroux, le 5 mars 2005, lors d’une manifestation pour réclamer la libération de la journaliste Florence Aubenas alors retenue en otage en Irak. Aujourd’hui, madame le maire reste silencieuse. Mais ce n’est pas la seule.

« Aucune information à ce sujet »
Contacté une première fois le 25 novembre pour recueillir une réaction à cette décision, Michel Passet, président du groupe communiste à la mairie, nous répond aujourd’hui : « Je n’ai aucune information à ce sujet. Si j’ai quelque chose, je vous rappelle. » Contacté également le 25, Frédéric Tsitsonis nous déclare ce matin : « Je n’en sais pas plus. Depuis la semaine dernière, j’ai pas trop vu de gens pour en parler. » Rappelons qu’hier, l’adjoint au maire (Modem) a participé, contrairement à Michel Passet du fait d’un empêchement, au Bureau municipal, instance qui réunit le maire et ses adjoints. Quant à Marc Dufour, président du groupe Modem, il ne nous a pas rappelé.

Seule confirmation en provenance de la majorité municipale, celle de Catherine Labrousse (Modem), et encore : « J’ai eu plus de confirmations par la bande plutôt qu’une information officielle. Je vous renvoie sur les adjoints parce que, malheureusement, en tant que conseillère municipale, je n’ai pas plus d’informations à vous apporter (1). » Mais l’élue a quand même un avis sur la décision visant Montpellier plus : « Je trouve ça assez dommage parce que la première question qu’une municipalité doit se poser c’est : quel est le meilleur support pour pouvoir communiquer ? Et après, un principe relativement égalitaire des différents supports devrait être la règle même s’il peut y avoir des exceptions. Maintenant, le pourquoi du comment, les représailles, pas les représailles, je ne connais pas le fin de mot de l’histoire. »

Il reste que si une collectivité décide de faire de la publicité dans les journaux, c’est parce qu’elle devrait penser que c’est utile. Problème, si elle peut la suspendre, c’est qu’elle n’est pas indispensable. Ce que Catherine Labrousse résume par cette question : « Quel est le réel levier de la communication sur les journaux ? »

« La franchise cynique en moins »
Jean-Louis Roumégas n’était, lui non plus, pas au courant de la décision. « Si la mairie pratique ce genre de chantage à la presse, ça veut dire que finalement elle emploie les mêmes méthodes que Frêche – qui, lui, le revendique haut et fort – la franchise cynique en moins, déplore le conseiller municipal (Verts). Je trouve ça affligeant et même stupide de compter toujours sur le rapport de force y compris avec la presse. Cela montre au fond le refus du débat démocratique qui implique d’accepter les critiques et le débat. J’imagine que s’il y a ce genre de pratique vis à vis d’un journal, c’est parce qu’ils n’ont pas été contents d’un article ou deux. »

Dernière réaction, celle de Francis Viguié, conseiller municipal (LCR-CUAL-MTE) à qui nous avons appris cette décision : « Si cette suspension de la publicité est simplement justifiée par la non soumission de la rédaction de Montpellier plus et donc, si, derrière, il y a une compréhension de la presse qui est qu’elle doit valoriser la politique municipale, c’est inadmissible. »

Et du côté de la presse justement ? Pierre Serre, patron de La Gazette, n’avait pas le temps de nous répondre. Alain Plombat, président du directoire de Midi Libre, propriétaire de Montpellier plus, n’a pas donné suite à notre demande d’entretien. José Navarro, délégué du Syndicat national des journalistes à Midi Libre, n’a pas réussi à avoir confirmation par Montpellier plus de la décision et ne souhaitait donc pas s’exprimer sur le sujet.

Quant à Montpellier journal, il s’associera à toute action de protestation organisée contre ce type de pratiques (2) et espère l’instauration d’un débat, au moins local, sur la publicité des collectivités dans les médias. On peut toujours rêver, non ?

________________
(1) Montpellier journal lui fait par de sa surprise et l’élue nous explique qu’il y a de réels problèmes de communication et de concertation au sein du groupe Modem. Frédéric Tsitsonis les attribue plutôt à la répartition des fonctions : Catherine Labrousse est simple conseillère municipale mais vice-présidente de l’agglo en charge du tourisme.

(2) C’est aussi l’occasion de répondre aux personnes prétendant que l’article titré « Montpellier plus fait la com’ de la mairie » était « ridicule » puisqu’à ce moment-là, les relations étaient déjà tendues entre la mairie et le quotidien gratuit. Nous continuons de penser que relayer un communiqué de presse sans guillemet et sans source revient à faire la communication de l’institution émettrice du communiqué. Même si cela est inconscient ou involontaire. De plus, dans cet article, aucune explication n’était avancée. Seule la question des conditions économiques d’exercice du métier de journaliste était posée (dernière phrase).

Publié dans Médias. Mots clés : , , , , , , , , , , .

10 commentaire(s)

Suivre les commentaires de cet article

  1. Anonymous said
    on 2 décembre 2008

    à 22 h 59 min

     » Aujourd’hui, madame le maire reste silencieuse. « 
    Sans déconner vous avez déjà vu Mandroux s’exprimer sur un sujet sans demander à dix conseillers avant. Cette femme, et non parce que c’est une femme, est une parodie pour la politique et une injure pour le travail des maires. Il y a pourtant tant de gens compétents à gauche mais c’est le choix de Frêche et non sans raison. C’est malheureux pour une ville comme Montpellier. La seule fois où elle a montré un peu d’enthousiasme c’est le soir de sa réèlection quand elle est allée faire la fête sur la place Jean Jaurès avec son équipe. Mais là les Montpelliérains n’étaient pas au courant.

  2. Anonymous said
    on 3 décembre 2008

    à 11 h 12 min

    Ne vous y trompez pas , c’est bien Frêche qui dirige tout à Montpellier.La Fédération de l’Hérault , la mairie ( Mandroux est une potiche )l’Agglo , la Région . Lui c’est, comme Bush – ou vous êtes avec moi , ou contre moi – et alors il punit.C’est lui qui décide à qui vont les subventions .C’est notre argent à tous , et lui il décide .Staline , Chaucescu sont des enfants de coeur à côté.Il a annoncé qu’IL fera tout pour la grande agglo .Il va donc « acheter  » toutes mairies de droite pour y parvenir : Perpignan ,Alès , Nimes , Lunel …….,il pense depuis toujours , que les gens de gauche voteront toujours à gauche , et donc , pour ceux là pas besoin de faire trop d’efforts , au contraire , et tout çà avec nos impôts qu’IL utilise pour sa mégalo .Il serait temps que militants et sympathisants de gauche se mettent au boulot sérieusement pour nous débarrasser de cet énergumène .
    UNE PETITION SERAIT LA BIENVENUE SUR LE NET à ce sujet .
    La majorité d’entre vous ne sait pas le 100 ème de ce qui se passe au PS héraultais ( cf.Midi Libre d’aujourd’hui : ATLAN ) . Menaces , injures, ne sont que de l’écume . Ils se disent démocrates , et n’acceptent pas la critique .

  3. Anonymous said
    on 3 décembre 2008

    à 14 h 09 min

    Mais je ne suis pas dupe au sujet de Frêche. C’est juste regrettable pour une ville comme Montpellier de régresser depuis quelques années.
    « La ville qui ne se couche jamais » un slogan complètement bidon. A 1 h tous les bars ferment dans l’Ecusson, le Rockstore est sommé de déguerpir, plus moyen de faire la fête dans les rues… Le Centre ville s’embourgeoise comme jamais. Rien n’est fait pour le stationnement des voitures dans les abords du Centre, à moins de payer une somme folle. Odysseum est une usine à gaz où tout va y être rassemblé.
    Je prédis que Montpellier à ce rythme va devenir comme Nice : une ville de retraité friqué.
    ET C’EST BIEN DOMMAGE…

  4. Anonymous said
    on 9 décembre 2008

    à 2 h 29 min

    Trop fort. Un facebook pour sauver Montpellier Plus (http://www.facebook.com/home.php?#/group.php?gid=42345852302) renvoi à cette page (https://www.blogger.com/comment.g?blogID=5217476970360456041&postID=739570044200323264).

  5. Saint Just said
    on 9 décembre 2008

    à 11 h 43 min

    Il est intéressant de noter qui est l’administrateur-créateur de ce groupe Facebook : http://www.facebook.com/group.php?gid=42345852302#/profile.php?id=1134085796

    Un « fan » de l’UMP, de la tendre Margaret Thatcher, de feu John Mac Cain ou encore du sémillant Laurent Wauquiez (entre autres), cela marque un homme, que son profil public Facebook présente explicitement comme membre actif de l’UMP et référent UMP sur la Fac Mtp1.

    La question intéressante à se poser est donc : pourquoi ce groupe Facebook a-t-il été créé par une figure active de l’UMP locale ? Je n’ai pas de réponse toute faite.

  6. Jacques-Olivier Teyssier said
    on 9 décembre 2008

    à 15 h 59 min

    Ceci est relevé indirectement dans ma brève sur le sujet.

    On peut aussi se poser la question de savoir pourquoi les militants PS sont-ils absents de ce groupe. Ou du moins, pourquoi n’en ont-ils pas créé un ?

  7. PEAB said
    on 9 décembre 2008

    à 22 h 59 min

    Mon cher Saint Just,
    Bien que je sois un membre actif de l’UMP, mais ce n’est vraiment pas dans cette optique que j’ai crée le groupe. Il m’arrive, comme à d’autres je l’espère, d’oublier les batailles politiques pour prendre du recul et réagir en citoyen. Et c’est ce que j’ai fait après avoir vu que la mairie envisager de cesser d’acheter des espaces publicitaires parce qu’elle trouvait le journal pas assez complaisant.

    Donc oui, j’ai une sensibilité de militant de droite, j’aime les grands hommes d’état passés ou en devenir(vous noterez que Barack Obama est également dans mes pages) mais je ne suis pas un soldat ne voyant le monde que par le prisme de mon parti.

  8. PEAB said
    on 9 décembre 2008

    à 23 h 14 min

    Erratum, je voulais bien sur dire envisageait…

  9. Anonymous said
    on 20 décembre 2008

    à 11 h 20 min

    Etait-il logique qu’une collectivité territoriale finance, via la publicité, un « gratuit »? Je pense que non. Le « gratuit » est la négation même de la presse, l’un des instruments de sa dégérescence. Ce qui est scandaleux, ça n’est pas tant de confier des budgets publicitaires à une entreprise qui « tue » la presse que d’avoir accepter d’entrer dans ce jeu mortifère.

  10. Jacques-Olivier Teyssier said
    on 20 décembre 2008

    à 12 h 15 min

    Je ne suis pas loin de penser la même chose que vous

    mais

    faut-il, pour autant, passer sous silence les tentatives d’une mairie à majorité PS-Modem-PC de mettre au pas un journal qui lui déplairait, quand bien même celui-ci aurait des pratiques journalistiques contestables ? Il faut aussi rappeler que ces « sanctions » ont déjà touché Midi Libre.

    Je pense que le sujet de la publicité et des annonces légales des collectivités et de leurs satellites dans les médias devrait être, au minimum, débattu.

    On s’émeut – à juste titre – de la tentative de contrôle de l’audiovisuel public par l’Élysée. Je pense qu’on devrait aussi se pencher sur les pratiques des hommes et femmes politiques vis à vis des médias locaux. Pour mémoire, en 2007, près de 17 millions de français lisaient, chaque jour, un quotidien régional selon une étude du SPQR.